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Les églises aussi ont leur arc de triomphe

ARC DE TRIOMPHE; PARIS

Arc de Triomphe à Paris.

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Valdemar de Vaux - publié le 26/08/25
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Les arcs de Triomphe bien connus de Paris ou de Rome célèbrent des victoires militaires. Mais sait-on que les églises aussi ont parfois un arc triomphal, structure architecturale qui symbolise alors la victoire du Christ sur la mort. Découverte.

Le rapprochement pourrait paraître impromptu, entre les arcs de triomphe et les églises. Les premiers, en effet, ont pour objet de glorifier le vainqueur d’une campagne militaire ou d’une bataille. Dans les secondes, le combat est rarement mis en avant, sauf lorsqu’il s’agit de celui, spirituel, contre les attaques du démon qui cherche à emmener les créatures dans sa course contre le Créateur.

Pourtant, la structure architecturale – deux pylônes reliés par une voûte en plein cintre – est régulièrement présente dans les édifices religieux pour faire la transition entre la nef et le chœur, entre l’espace des fidèles et l’espace sacré. À Rome, la basilique Sainte-Marie-Majeure en est un très bel exemple, qui montre la transition entre les constructions antiques païennes et les débuts de l’édification de lieux de prières chrétiens. Même si la terminologie, les origines de cet usage et sa définition stricte font débat entre les historiens de l’art, on parle le plus souvent d’arc triomphal quand il s’agit d’une église.

Sainte-Marie-Majeure
Mosaïques de l'arc triomphal de Sainte-Marie Majeure (Rome).

Le triomphe : une cérémonie de la Rome antique

L’usage de ce type d’ouvrage répond évidemment à un besoin concret, celui d’une ossature qui permette le passage d’une nef souvent haute à une abside plus basse et moins large, comme c’était déjà l’usage dans les basiliques civiles romaines. Beaucoup d’édifices ont d’ailleurs une sorte d’arc triomphal, parfois avec une poutre de gloire portant un crucifix. Mais, à vrai dire, la chose est bien plus symbolique qu’il n’y paraît.

Quelle est en effet la signification première d’un arc de triomphe ? Que l’on pense au plus connu, en France, voulu par l’empereur Napoléon Ier pour magnifier ses victoires ou aux antiques exemples romains, nombreux sur le Forum de la Ville éternelle. L’arc est le monument construit pour magnifier les vainqueurs. Il faut dire que les Romains, païens, exaltaient la guerre et voyaient dans les succès d’un général la bénédiction des dieux. Ils organisaient à son retour la fameuse cérémonie du triomphe.

Christ est vainqueur !

Après son entrée (adventus) dans l’Urbs, le glorieux général défilait à la tête de ses armées, des vaincus et du butin selon un protocole très symbolique, de la via Triumphalis à la via Sacra, au cœur du Forum, pour parvenir au Capitole et sacrifier dans le temple tutélaire de Jupiter. Pour parachever ce rite solennel, on érige parfois un arc dont les bas-reliefs rappellent les exploits guerriers. Arc et victoire sont donc inséparables.

Quelle est donc la victoire revendiquée par les arcs triomphaux des églises ? Celle du Christ, bien sûr ! Celle du Fils de Dieu sur la mort par sa résurrection. Saint Paul lui-même, dans sa seconde lettre aux Corinthiens, rapproche le Mystère pascal d’un triomphe : "Rendons grâce à Dieu qui nous entraîne sans cesse en son cortège triomphal dans le Christ, et qui répand par nous en tout lieu le parfum de sa connaissance." (2Co 2, 14) Séparer la nef du chœur avec un arc triomphal est ainsi fort signifiant : de la terre au ciel, les fidèles sont conduits par le Sauveur, et l’eucharistie est justement l’actualisation de cet événement salutaire.

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Arc de triomphe de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs

Ainsi les arcs sont-ils souvent décorés d’un Christ en majesté en leur centre, entouré d’une foule de saints ou de prophètes, avec Jérusalem et Bethléem sur les deux pylônes pour évoquer l’incarnation et la rédemption. Quant aux absides, on y retrouve alors une figuration du Paradis. La chose est très expressive à la basilique Saint-Clément de Rome, dont les mosaïques médiévales sont très connues. À Rome, toujours, Saint-Paul-hors-les-Murs possède sûrement l’un des plus beaux arcs triomphaux, sur lequel prend place un Christ de l’Apocalypse. Désormais, il faudra ouvrir l’œil en entrant dans les églises !

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