Ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé s’est fermement opposée le 25 août à la gestation pour autrui (GPA), assurant que sa légalisation est "totalement contraire" à "la dignité des femmes".
La ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé a jugé lundi 25 août que la GPA (gestation pour autrui), dont Gabriel Attal veut débattre de la légalisation, est "totalement contraire" à "la dignité des femmes", sur Europe1/CNews.
"Je ne nie pas le désir puissant d'enfant qui peut exister. (...) Je peux totalement comprendre la douleur de celles et ceux qui n'arrivent pas à être parents", a expliqué la ministre invitée à réagir à la proposition du secrétaire général du parti Renaissance qui souhaite aboutir à une GPA présentée comme "éthique". Mais Aurore Bergé "ne souhaite pas que pour répondre à ce désir d'enfant sincère qui peut exister, on mette en balance la question du corps des femmes et de la dignité humaine".
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Une position qu’elle défend après l’annonce du président des députés macronistes, Gabriel Attal, de mettre la légalisation de la GPA au débat interne du parti Renaissance, dans le cadre d'une convention thématique qui fera l'objet d'un vote des adhérents. Le président Emmanuel Macron avait déclaré en 2024 ne pas être favorable à la GPA, qui n'est selon lui "pas compatible avec la dignité des femmes" et constitue "une forme de marchandisation de leur corps".
De quoi parle-t-on ? La GPA est en effet une pratique qui permet à un couple, dans l’incapacité ou le refus de mener une grossesse, de recourir à une tierce personne pour porter l’enfant à leur place. Concrètement, la grossesse est confiée à une "mère porteuse", après la conception de l’embryon par fécondation in vitro et son implantation dans l’utérus de celle-ci. Dans certains cas, plus rares, l’insémination artificielle ou même la fécondation naturelle peuvent être utilisées. La GPA suppose également la possibilité de recourir à un don de gamètes, notamment en cas d’infertilité ou lorsqu’il s’agit d’un couple homosexuel. Enfin, cette démarche implique que la gestatrice renonce à l’enfant à sa naissance afin de le remettre au couple demandeur. Bien que la GPA soit - pour le moment - interdite en France, le droit reconnaît désormais, depuis novembre 2024, la filiation des enfants nés par ce procédé à l’étranger avec leurs parents, même en l’absence de lien biologique. Cette remise en cause du lien de filiation biologique avait déjà ouvert la voie à la banalisation de la GPA.
Cette idée d'une GPA dite éthique n'est d'autre part pas nouvelle et avait déjà été esquissée par des membres du gouvernement ou des députés Renaissance, ou issus de la gauche. "Certains au gouvernement en appellent à une GPA "éthique", entendez par là une GPA facturée à un tarif raisonnable. À ce train, on va bientôt nous inviter à un débat sur le rétablissement de la peine de mort, pourvu que celle-ci soit éthique", ironisait il y a un an notre chroniqueur Xavier Patier. "Ne soyons pas naïfs : quand un gouvernement prétend délibérer sur une régression sociétale, comme le serait l’autorisation de la gestation pour autrui en France, il a déjà cédé".



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