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À l’école, le défi de la culture religieuse

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Xavier Dufour - publié le 26/08/25
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À la veille d’une nouvelle rentrée scolaire, les professeurs de l’enseignement catholique se retrouvent confrontés à l’inculture religieuse de leurs élèves. Professeur agrégé de mathématiques, Xavier Dufour défend la réconciliation, dans le champ de l’instruction, des savoirs profanes et de la Révélation.

Les professeurs chrétiens déplorent volontiers l’inculture religieuse de leurs élèves ou de leurs collègues. On ne les voit guère, cependant, prendre des initiatives pour réintégrer la question spirituelle au cœur de l’instruction. Il s’agit là, pourtant, de leur double mission d’enseignant et de croyant. Pourquoi une telle contradiction ? Les enseignants chrétiens souffrent des effets combinés du laïcisme et du fidéisme. Le laïcisme leur a appris à penser que la question religieuse n’appartient pas au champ objectif du savoir, qu’elle relève de l’option privée ou de la sphère sentimentale, et qu’elle n’a rien à apporter à la vie sociale. Le fidéisme de son côté, maladie dénoncée sans relâche par Jean Paul II et Benoît XVI, leur fait croire que la foi peut se passer du travail de la raison et des médiations de la culture.

L’interrogation sur le sens

"Il faut comprendre pour croire et croire pour comprendre" répétait saint Augustin, soulignant que la foi élève l’intelligence et féconde la culture d’autant plus qu’elle s’ouvre elle-même aux stimulations de la raison, raison par laquelle Dieu nous rend capable d’intérioriser ce que nous croyons. Jean Paul II, avant d’être prêtre, fut cet étudiant passionné de théâtre qui pensait que la Pologne résisterait aux idéologies par l’approfondissement de sa culture, profane ou sacrée. Et comme pape, il mettait en garde : "Une foi qui ne devient pas culture est une foi qui n'est pas pleinement accueillie, entièrement pensée et fidèlement vécue."

Comment les enseignants chrétiens, et spécialement ceux qui exercent dans les écoles catholiques, peuvent-ils se désintéresser du beau défi de la culture religieuse ? La question spirituelle ne travaille-t-elle pas les plus hautes œuvres du génie ? Peut-on entendre Bach ou Mozart, lire Pascal ou Baudelaire, visiter une nécropole égyptienne ou une chapelle romane, dans l’ignorance absolue des traditions religieuses ? Doit-on refermer pour toujours nos Bibles parce que nous n’en connaissons pas les codes et les genres littéraires ? Surtout, doit-on priver les disciplines scolaires de l’interrogation sur le sens, sans laquelle il n’y a plus ni culture, ni humanité ?

Réconcilier savoirs profanes et Révélation

L’école catholique ne redeviendra pas chrétienne en multipliant les activités périphériques, aussi spirituelles soient-elles. Car il lui restera à réaliser le plus important : la réconciliation dans le champ de l’instruction des savoirs profanes et de la Révélation. Et cette réconciliation doit commencer dans l’esprit des enseignants, et d’abord des enseignants chrétiens. Ainsi seulement, l’école confessionnelle pourra-t-elle promouvoir une authentique culture religieuse, pleinement catholique, car capable de récapituler l’ensemble de l’interrogation humaine, sans aucune exclusive, dans la lumière de la Révélation.

Nous autres enseignants, qui avons à éclairer les intelligences, n’est-il pas temps de prendre les moyens de nous former nous-mêmes ?

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