La vie de sainte Mariam Baouardy (1846-1878), marquée d’épreuves et de déplacements, semble avoir l’allure d’un pèlerinage sans fin. Canonisée par le pape François en mai 2015, elle est fêtée par l'Église le 26 août. Mariam naît dans un petit village de Galilée, Abellin, en 1846. Une naissance qui sonne déjà comme une grâce pour ses parents qui après avoir perdu plusieurs enfants en bas âge avaient entrepris un voyage à Bethléem pour demander à la Vierge Marie d’avoir une fille. Exaucés, ils choisissent en remerciement de l’appeler Mariam. Un autre frère, Boulos, naît par la suite, mais Mariam perd ses parents alors qu’elle n’a que 3 ans. Mariam est recueillie par son oncle et son frère par sa tante maternelle. Un éloignement douloureux pour celle qui n’est encore qu’une très jeune enfant.
Alors que l’oncle de Mariam souhaite la marier de force, la jeune Galiléenne refuse et aspire déjà à donner sa vie à Jésus. Maltraitée et violentée, elle s’enfuit et commence une vie d’errance. Mariam aspire en réalité à retrouver son frère dont elle a été séparée très jeune. Un chemin jalonné d’épreuves et de souffrances qui va l’amener à traverser plusieurs pays, de l'Égypte au Liban jusqu’en France. Lors de son périple, elle entreprend de petits travaux dans les foyers de plusieurs familles. Mais chaque fois que l’estime de celles-ci devient trop grande, Mariam s’enfuit pour préserver son humilité et multiplie ainsi les travaux domestiques dans diverses villes d’Alexandrie à Jérusalem, et jusqu’à Beyrouth.
Une destinée providentielle
Tout au long de ses multiples déplacements, elle garde en elle le désir d’être religieuse. Malgré la souffrance et la solitude, Dieu la conduit secrètement sur son chemin, lui faisant bénéficier de grâces mystiques extraordinaires : extases, visions, stigmates, sans qu’elle ne s’en s’enorgueillisse. Mariam finit par traverser la Méditerranée et rejoint Marseille où elle se met à travailler pendant deux ans avant d’être admise et de rentrer en mai 1865 chez les sœurs de Saint Joseph de l’Apparition à l’âge de 19 ans. Sa vocation semble enfin se concrétiser. Pourtant, cette entrée ne signe pas la fin de ses épreuves et Mariam se trouve contrainte de déménager une nouvelle fois, les phénomènes surnaturels la concernant attirant la méfiance de ses supérieurs. C’est alors au Carmel de Pau qu’elle commence sa vie de religieuse converse pendant six ans. C’est aussi là qu’elle va passer ses plus belles années. Un carmel qu’elle nommait affectueusement comme étant sa "maison paternelle".

Mariam repart finalement en Orient et, avec d’autres sœurs, fonde un monastère à Mangalore, dans le sud de l’Inde. Le voyage, particulièrement éprouvant, coûte la vie à trois religieuses. Mais la jeune carmélite doit encore affronter de nouvelles incompréhensions et le rejet de ses supérieurs. Elle regagne alors le carmel de Pau.

À la fin de sa vie, elle repart sur les traces de son enfance, à Bethléem, pour y fonder de nouveau un carmel. Elle y reste jusqu’à sa mort en 1878. Aujourd’hui, les carmélites de la ville galiléenne sont profondément attachées à la figure de leur fondatrice. Une vie de total abandon auprès de la Providence et aux allures d’exil, à l’image du peuple hébreu. Née en Orient, appréciée en Occident, le chemin de vie de sainte Mariam rassemble aujourd’hui les chrétiens d’Orient et d’Occident en "reflétant les différents visages de l'Église", comme aimait le dire saint Jean Paul II.

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