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Le supplément d’âme des foodtrucks de l’Ordre de Malte France

4 min de lecture
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Crédit : APL

Les foodtrucks de l’Ordre de Malte France font partie intégrante du paysage associatif francilien.

L’Ordre de Malte France a lancé il y a trois ans son premier foodtruck afin de soutenir et aider au mieux les personnes les plus isolées et les plus précaires. Aujourd’hui, les foodtrucks de l’Ordre de Malte France font partie intégrante du paysage associatif francilien.

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Un jeudi soir d’été, à l’ombre de la Tour Saint-Jacques, dans le bouillonnement du quartier de Châtelet, un petit camion blanc s’installe discrètement. Quelques tables hautes sont dépliées, des chaises posées autour. À peine ouvert, le foodtruck de l’Ordre de Malte France attire les premiers bénéficiaires. Dans la lumière dorée du crépuscule, une voix s’élève : "Ils s’occupent bien de nous, on est soigné aux petits oignons ici !" Depuis trois ans, l’Ordre de Malte France déploie ses foodtrucks solidaires en Île-de-France pour aller à la rencontre des plus précaires : sans-abri, familles en difficulté, mais aussi étudiants. "Le projet des foodtrucks solidaires de l’Ordre de Malte France a été lancé il y a trois ans", explique à Aleteia Chirine Kheloufi, chargée de projet au sein de l’association. Trois véhicules ont été acquis en 2021, avec une première distribution en juin 2022 dans l’Essonne.

À première vue, ces camions ressemblent aux foodtrucks que l'on croise dans les festivals ou les friches trendy. Mais ici, pas de burgers ou de gaufres instagrammables : uniquement des repas à réchauffer. Chaque véhicule est équipé d’un micro-ondes, d’un frigo, d’un percolateur, de caisses de rangement, d’un comptoir et d’un petit auvent. À l’arrière, une banquette permet aux bénévoles d’échanger avec les bénéficiaires, d’offrir un moment d’écoute, parfois un conseil, un suivi de santé, un soutien psychologique. "Le caractère mobile des foodtrucks est un atout : possibilité d’aller directement vers les publics – sans-abri, étudiants, personnes isolées –, d’être visible et d’amener une forme de dignité via un cadre soigné et convivial", souligne Chirine Khéloufi.

D’Orsay au Châtelet

Aujourd’hui, trois foodtrucks sillonnent la région. Le premier intervient chaque semaine sur le campus d’Orsay, à Bures-sur-Yvette, où étudiants précaires et résidents de deux centres d’hébergement (Cité Caritas) se retrouvent autour de 70 collations distribuées. Le second se rend à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, où 15 à 25 repas sont servis chaque samedi, à l’heure du déjeuner, à des familles isolées. Le troisième, au départ du siège de l’Ordre de Malte France dans le XVe arrondissement de Paris, se déploie sur cinq lieux différents dans la capitale et en région parisienne, dont le cœur vibrant de Châtelet, chaque jeudi soir. Le projet a vu le jour grâce à plusieurs partenariats, dont la Fondation Carrefour, et au soutien de la Région Île-de-France.

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Marguerite, 26 ans, est co-responsable depuis septembre 2024 du camion parisien.

Bénévole, Marguerite, 26 ans, est co-responsable depuis septembre 2024 du camion parisien. "C’est une activité qui plaît autant aux bénévoles qu’aux bénéficiaires", dit-elle en souriant. Ce soir-là, la file est plus courte que d’habitude, mais l’ambiance reste chaleureuse, ponctuée de rires et de conversations. Elle se souvient du tout premier bénéficiaire. "Un jour, il nous a apporté du thé à la menthe, c’était son cadeau à lui pour l’équipe", confie-t-elle. Des kits d’hygiène sont aussi proposés, homme ou femme, avec attention et dignité.

Le foodtruck rend la démarche plus simple, plus humaine.

Parmi les bénéficiaires, une population grandissante attire l’attention : les étudiants. Longtemps perçus comme une frange autonome, ils sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à basculer dans la précarité. Inflation, loyers élevés, jobs étudiants rares ou épuisants : pour certains, un repas gratuit est la condition pour tenir jusqu’à la fin du mois. "Aller à leur rencontre sur les campus (Cachan, Sceaux, Orsay), c’est essentiel", rappelle Chirine Kheloufi. "Ils n’osent pas toujours pousser la porte des centres classiques. Le foodtruck rend la démarche plus simple, plus humaine."

En tendant un plat chaud et une oreille attentive, ces camions remplissent bien plus qu’une fonction logistique. Ils incarnent un trait d’union, une présence qui ne juge pas, qui s’installe là où les murs manquent et où les solitudes s’accumulent.

En partenariat avec l’Ordre de Malte France