À quelques jours de la rentrée, l’Unapei tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme ce 25 août : des milliers d’enfants en situation de handicap restent sans solution éducative adaptée. Entre scolarisation partielle, listes d’attente interminables et invisibilité administrative, la promesse d’une école inclusive demeure largement inachevée.
"Léo a 11 ans. Il entre en 6e avec seulement 9 heures de cours par semaine, en maths et en français. Curieux, vif, il est pourtant privé d’une vraie scolarité." Comme lui, des milliers d’enfants en situation de handicap n’auront pas, cette année encore, une rentrée comme les autres. Pire : certains n’auront aucune rentrée. Pour la 7e année consécutive, l’Unapei – Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis – relance l’alerte avec sa campagne #JaiPasEcole. À travers une enquête menée auprès de 38 associations représentant 3.603 enfants âgés de 3 à 16 ans, l’organisation dresse ce 25 août un constat alarmant : 13% des enfants n’ont aucune heure de scolarisation par semaine, 38% entre 0 et 6 heures, et 30% entre 6 et 12 heures.
Plus inquiétant encore : 65% des enfants suivis n’ont pas de numéro INE, ce qui les rend invisibles pour l’Éducation nationale, dénonce l'Unapei. Pendant ce temps, 4.410 enfants restent en liste d’attente pour intégrer un dispositif adapté, davantage que ceux actuellement accompagnés.
"Après les difficultés de diagnostic, nous avons dû faire face aux difficultés liées à la scolarisation. Cette année, Diego était scolarisé en petite section de maternelle. Il ne peut pas être scolarisé sans AESH [Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap, (N.D.L.R)]… mais elles n’étaient que deux pour accompagner six enfants autistes dans toute l’école", se désole Laura, mère de Diego, 3 ans et porteur d’autisme (Haute-Savoie). Diego n’a pu être scolarisé que cinq heures par semaine, "faute de moyens humains et matériels, et malgré la volonté de la directrice de l’école." Si bien que pour la rentrée 2025, Diego n'a pas encore trouvé de scolarisation adaptée à ses besoins. "Je me demande où ira mon fils à partir de la primaire", s'inquiète la maman du petit garçon.
Des conséquences lourdes pour les enfants
Des situations que vivent de nombreux parents et leurs enfants dans toute la France. Comme Ewan, en Loire Atlantique : âgé de 13 ans, le garçon a attendu presque trois ans une place externalisée dans un Institut Médico-Éducatif, qu'il n'a finalement jamais obtenue. Résultat : "il a décompensé en janvier 2025 et nous nous sommes retrouvés en urgence à l’hôpital en raison d'une inclusion non adaptée (...), pas d’AESH à la récréation, mon fils a fini par se faire harceler au collège", dénonce la mère du garçon sur le site de l'Unapei. C'est donc un établissement privé hors contrat qui a pris le relais pour pallier ces carences. Pour le rejoindre, les parents d'Ewan doivent faire 200 km par jour et avancer eux-mêmes les frais, l'État ne les prenant pas en charge. "C’est scandaleux car il n’y a aucun avenir pour nos enfants. Et que l’État se désengage de toutes ses responsabilités", tance la maman.
"Des promesses, il y en a. Des chiffres positifs aussi – 519.000 en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire à la rentrée 2024. Mais derrière, combien n’ont que des “bouts” de scolarisation ? Combien sont en errance, ou sans solution du tout ?", questionne Luc Gateau, président de l’Unapei, dans un communiqué. "L’école inclusive ne doit pas devenir un dogme. Ce qui compte, c’est que chaque enfant ait le mode de scolarisation adapté à ses besoins réels – qu’elle soit en école ordinaire ou en établissement spécialisé".












