Gabriel Attal, chef de file des députés et du parti Renaissance, envisage de soumettre à son parti, Renaissance, la question d’une éventuelle légalisation de la gestation pour autrui (GPA), jusqu’ici interdite en France, dans le cadre d’une "convention thématique".
Une GPA "éthique". Deux termes fondamentalement antinomiques, mais pas pour Gabriel Attal qui se lance donc dans la course présidentielle avec un projet encore flou, mais inquiétant. D’ici la fin de l’année, le chef de file des députés et du parti Renaissance attend que sa formation lui soumette des propositions concernant une éventuelle légalisation de la gestation pour autrui (GPA). Son entourage a précisé jeudi 21 août, lors d’un échange avec la presse, que la question de la légalisation d’une "GPA éthique" serait discutée dans le cadre d’une "convention thématique" qui fera l'objet, après un débat, d'un vote des adhérents au parti.
"Éthique", car cette mesure serait "encadrée" pour empêcher notamment qu'elle devienne une pratique lucrative, comme c'est le cas à l'étranger où les femmes qui acceptent de porter un enfant qui n'est pas le leur bénéficient de sommes non négligeables (environ 22.000 euros aux États-Unis). Selon l'ancien Premier ministre, la “GPA éthique” est au cœur d’un enjeu de société très important : la natalité", rapporte ainsi Le Figaro.
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Dans le cas où ces travaux déboucheraient sur des propositions portées par Renaissance à la prochaine élection présidentielle, Gabriel Attal changerait la position officielle de son parti sur le sujet. Jusqu'ici, Emmanuel Macron avait toujours affirmé ne pas vouloir franchir cette "ligne rouge", évoquant le danger de la marchandisation des corps.
Interdite en France
La GPA est en effet une pratique qui permet à un couple, dans l’incapacité ou le refus de mener une grossesse, de recourir à une tierce personne pour porter l’enfant à leur place. Concrètement, la grossesse est confiée à une "mère porteuse", après la conception de l’embryon par fécondation in vitro et son implantation dans l’utérus de celle-ci. Dans certains cas, plus rares, l’insémination artificielle ou même la fécondation naturelle peuvent être utilisées. La GPA suppose également la possibilité de recourir à un don de gamètes, notamment en cas d’infertilité ou lorsqu’il s’agit d’un couple homosexuel. Enfin, cette démarche implique que la gestatrice renonce à l’enfant à sa naissance afin de le remettre au couple demandeur. Bien que la GPA soit - pour le moment - interdite en France, le droit reconnaît désormais, depuis novembre 2024, la filiation des enfants nés par ce procédé à l’étranger avec leurs parents, même en l’absence de lien biologique. Cette remise en cause du lien de filiation biologique avait déjà ouvert la voie à la banalisation de la GPA.
Cette idée d'une GPA dite éthique n'est d'autre part pas nouvelle et avait déjà été esquissée par des membres du gouvernement ou des députés Renaissance, ou issus de la gauche. "Certains au gouvernement en appellent à une GPA "éthique", entendez par là une GPA facturée à un tarif raisonnable. À ce train, on va bientôt nous inviter à un débat sur le rétablissement de la peine de mort, pourvu que celle-ci soit éthique", ironisait il y a un an notre chroniqueur Xavier Patier. "Ne soyons pas naïfs : quand un gouvernement prétend délibérer sur une régression sociétale, comme le serait l’autorisation de la gestation pour autrui en France, il a déjà cédé".












