Une réinstallation qui répare une blessure historique. 80 ans après le bombardement atomique qui l’a entièrement détruite, la cathédrale d’Urakami, à Nagasaki, retrouve ce samedi 9 août sa deuxième cloche. Financé et réalisé par des catholiques américains sur la demande, en mai 2024, de la communauté catholique japonaise, le projet a pris forme grâce à James Nolan Jr, un catholique américain, qui s'en ait fait le porte-voix. Petit-fils d’un membre du projet Manhattan qui a participé à l’élaboration de l’arme atomique, l’Américain a été profondément touché des douloureuses conséquences apportées par l’explosion à la communauté catholique de Nagasaki.
Le bombardement atomique de la ville reste un profond bouleversement pour les Japonais. Ce jour du 9 août 1945, 70.000 victimes, dont 8.500 catholiques ont succombé à la bombe larguée par la force aérienne américaine. La cathédrale de Nagasaki, qui n’a pas échappé à l'explosion, a emporté avec elle 24 fidèles et deux prêtres. La plus petite des deux cloches, détruite elle aussi, n'a jamais été remplacée jusqu’à ce jour.
Une bénédiction du diocèse
Bénie le 15 mai par Mgr Peter Michiaki Nakamura, archevêque de Nagasaki, la nouvelle cloche a été baptisée "cloche de l’espoir de sainte Kateri", en l’honneur de la première sainte autochtone du continent américain, Kateri Tekakwitha. Ayant vécu au XVIIe siècle (1656-1680) et découvert la foi catholique avec l’arrivée des Espagnols, elle refuse de se marier comme le lui demandent ses parents adoptifs, et préfère se consacrer totalement à Jésus. Sa vie a été marquée par une charité exemplaire auprès de son peuple et de son prochain. Une manière de marquer davantage la réconciliation entre les deux continents et un moment d’émotion pour les catholiques japonais et James Nolan Jr lui-même. "Je trouve cette cloche magnifique et elle est même plus belle que je ne l'aurais jamais imaginée", s’est-il réjoui auprès de l’agence de presse américaine, Associated Press lors de la cérémonie de bénédiction.

La cloche prévoit de sonner pour la première fois, depuis 80 ans, à l’heure même où le bombardement a eu lieu. Un signe fort d’appel à la paix, comme l’a souligné Kojiro Moriuchi, qui avait évoqué le projet de restauration à James Nolan Jr. Il espère que la cathédrale d’Urakami "devienne un lieu de rassemblement pour la paix". Mgr Peter Michiaki Nakamura souhaite de son côté qu’en attendant le son de cette cloche, "les gens se souviennent de ces événements" et s’engagent à construire un monde meilleur avec espérance.
Une espérance que la communauté catholique de Nagasaki, profondément meurtrie, n’a pas cessé de garder. En témoigne la beauté d’une telle restauration 80 ans jour pour jour après les faits. Un projet réalisé par deux pays aujourd’hui réconciliés qui résonne comme un appel au monde à faire taire les armes.











