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Au monastère de Latroun, des vignes replantées en signe d'”espoir”

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AFP - publié le 07/08/25
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Dévasté par les incendies d’avril, le monastère trappiste de Latroun, en Israël, replante ses vignes avec l’aide de bénévoles. Entre foi, résilience et lien à la terre, les moines redonnent vie à ce lieu spirituel emblématique, symbole d’espoir au cœur d’un paysage marqué par les flammes.

Troquant son habit de moine contre une salopette et un chapeau, le père Christian-Marie s'agenouille aux côtés des bénévoles dans la terre fraîchement retournée, plantant de nouvelles vignes pour remplacer celles détruites par les incendies dans le centre d'Israël en avril. La culture des raisins et la production de vin au monastère de Latroun remontent à l'arrivée des moines français il y a 135 ans et constituent depuis un pilier de leur vie spirituelle ainsi qu’un important moyen de subsistance.

Les moines expliquent que les incendies ont détruit près d'un tiers de leurs vignes, soit environ cinq hectares. Face à la destruction, ils ont lancé un appel à l'aide pour replanter les vignes, mobilisant une poignée de bénévoles venus creuser et planter sous un soleil de plomb.

Pour le père Christian-Marie, qui vit depuis près de vingt-huit ans au monastère situé à environ 25 km à l'ouest de Jérusalem, planter de nouvelles vignes est "un symbole d'espoir". "Parce que si nous pensions que demain, la terre serait bombardée et réduite à néant, nous n'entreprendrions rien." "Pour moi, c’est très important de prier pour la paix quand je vis dans ce monastère", confie-t-il. Dans le silence, les bénévoles transportent des plateaux de jeunes plants qu'ils alignent soigneusement en longues rangées sur une parcelle du monastère épargnée par les flammes. Les moines en habit distribuent des piquets et pressent délicatement les plants dans la terre.

En fin de compte, nous sommes entre les mains de Dieu.

Pour Noga Eshed, 74 ans, bénévole venue de Tel-Aviv, à une cinquantaine de km, l'exercice représente une reconnexion avec la nature. "Je vois des gens toucher la terre, le sol. Et ce n'est pas très courant. Nous sommes très déconnectés de cela de nos jours", dit-elle, une truelle à la main. Mme Eshed, qui a déjà été bénévole au monastère à plusieurs reprises, affirme que les "frères" sont de "bons amis".

"Entre les mains de Dieu"

Les moines de Latroun appartiennent à l'ordre des trappistes, une branche du catholicisme romain centrée sur la prière contemplative et une vie de simplicité.

Attisés par la canicule et des vents violents, des incendies de forêt avaient fait rage en avril dans les zones bordant l'autoroute entre Jérusalem et Tel-Aviv. Les flammes ont atteint les abords du monastère de Latroun, entraînant l'évacuation de la vingtaine de ses occupants. "Cela a été très difficile parce que nous n'avons pas l'habitude de quitter notre monastère et certains frères sont très âgés", a dit à l’AFP le frère Athanase.

Au départ, les moines redoutaient que le monastère ait été détruit par les flammes, a-t-il indiqué. L'édifice a toutefois été épargné, bien que de vastes portions des terres agricoles aient été ravagées. Outre les vignobles, le domaine de Latroun comptait environ 5.000 oliviers, dont un millier a entièrement brûlé lors des incendies.

Selon le frère Athanase, 70% des oliviers ont souffert des flammes et il faudra environ quatre ans pour retrouver une production normale. L'année dernière, le monastère a produit trois tonnes d'huile d'olive, mais "il n'y aura pas de production cette année", déplore-t-il. "C'est difficile pour nous car nous vivons de notre production." Debout dans le vignoble nouvellement replanté, le père Aloïs espère que le monastère sera épargné à l'avenir par un incendie aussi destructeur, tout en assurant que les moines sont désormais mieux préparés. "En fin de compte, nous sommes entre les mains de Dieu", lance-t-il.

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