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RDC : “On ne construit pas une nation avec une kalachnikov”, martèle Mgr Ayikuli

Ville de Komanda vue du ciel.

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Florian Dunoguiez - publié le 06/08/25
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En République démocratique du Congo (RDC), Mgr Sosthène Ayikuli Udjuwa, évêque du diocèse de Mahagi-Nioka, au nord-est du pays, a appelé les jeunes à refuser toute allégeance à des groupes armés lors d’une vibrante prise de parole le 1er août, à l’occasion des journées diocésaines de la jeunesse à Mahagi.

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) est toujours marquée par le massacre qui a touché une de ses églises où 43 fidèles ont été tués, Mgr Sosthène Ayikuli Udjuwa, évêque du diocèse de Mahagi-Nioka (dans la province de l’Ituri au nord-est du pays, ndlr) a lancé un vibrant appel aux jeunes, le 1er août 2025, à l’occasion des journées diocésaines de la jeunesse à Mahagi. Il les a appelés à ne pas se laisser enrôler dans les groupes armés, qui cherchent à les exploiter, d’après les informations relayées par Fides. 

La nuit du 26 au 27 juillet 2025 reste à jamais marquée dans la mémoire des catholiques congolais. Ce soir-là, l'église paroissiale de la Bienheureuse Anuarite de Komanda est la cible d’un attentat orchestré par le groupe armé rebelle des forces démocratiques alliées (ADF). Pourtant, cela n’a pas empêché les jeunes du diocèse de Mahagi-Nioka de tous se réunir. L’esplanade de la cathédrale de Mahagi s’est transformée en un vrai lieu de prière et de dialogue social. "On ne construit pas une nation avec une kalachnikov", a martelé Mgr Ayikuli devant tous les jeunes diocésains. 

Un appel aux autorités politiques 

L’évêque en a aussi profité pour s'adresser aux autorités politiques et administratives du pays, leur enjoignant de mettre en place tous les moyens pour éviter les enrôlements dans les groupes armés. "L’avenir de l’Ituri ne peut être laissé aux seules paroles creuses. Des actions concrètes en faveur des jeunes sont nécessaires sur l’éducation, l’emploi, et la sécurité", leur a-t-il déclaré

Si les journées diocésaines de la jeunesse sont un moment de fraternité et de prière, elles sont aussi un espace où sont évoqués les enjeux géopolitiques, à travers des temps de réflexion, de partages et d’enseignements. En RDC, l'Église catholique ne cesse, en effet, de jouer un rôle important auprès du gouvernement dans la dissuasion et l’ouverture au dialogue face aux conflits armés qui jalonnent le pays. Mgr Ayikuli l’a lui-même rappelé. Il s’agit de "réveiller une conscience collective", aussi bien chez les jeunes que chez les décideurs. Si la douleur reste présente chez les catholiques de RDC, s’engager pour la réparer est alors une nécessité. 

La RDC est majoritairement chrétienne, mais le pays doit faire face depuis plusieurs années aux nombreux conflits de groupes armés, dont l’ADF qui a prêté allégeance à l’État islamique, groupe implanté dans l’est du pays dont les chrétiens sont régulièrement la cible. Celui-ci avait été l'auteur du massacre du 14 février 2025 où 70 chrétiens ont été décapités dans une église protestante dans le territoire de Lubero, province du Nord-Kivu.

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