Un incendie d’une ampleur exceptionnelle ravage le massif des Corbières dans l’Aude depuis le 5 août. Avec plus de 16.000 hectares brûlés, un mort, un disparu et des centaines d’habitants évacués, la France fait face à son feu de forêt le plus dévastateur de l’été. Mgr Valentin, évêque de Narbonne, invite à prier pour les personnes touchées et celles qui luttent encore contre le feu.
Le plus important incendie de l’été en France continue de ravager le massif des Corbières, dans l’Aude, où les flammes ont déjà consumé plus de 16.000 hectares de garrigue et de résineux, l'équivalent de la surface de Paris. Le bilan humain est lourd : une femme âgée a été retrouvée morte dans sa maison à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, la commune la plus touchée, une personne est toujours portée disparue. Neuf personnes ont été blessées, dont un civil grièvement brûlé, transféré en urgence absolue à Montpellier. Sept pompiers ont également été intoxiqués par les fumées.
Depuis son départ mardi 5 août après-midi près de Ribaute, l’incendie a traversé quinze communes, détruisant au passage 25 habitations et 35 véhicules, selon un bilan provisoire. "Le feu progresse toujours. Il est demandé aux populations de rester confinées à l’intérieur de leurs habitations sauf ordre d’évacuation donné par les sapeurs-pompiers", a appelé le préfet de l’Aude mercredi 6 août en milieu d'après-midi.
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L'abbaye de Lagrasse pour le moment épargnée
Face à l’ampleur du sinistre, un dispositif exceptionnel a été déployé : 1.820 pompiers, épaulés par 500 engins au sol, et une flotte aérienne renforcée composée de neuf Canadair, cinq Dash et plusieurs hélicoptères bombardiers d’eau. Malgré ces moyens, la lutte est rendue difficile par des conditions météo défavorables : températures élevées, végétation extrêmement sèche et vent fort. Un vent qui a pour le moment épargné l'abbaye Sainte-Marie de Lagrasse située à proximité immédiate de l'incendie. "Hier soir un énorme nuage de fumée planait au-dessus de l'abbaye", décrit à Aleteia le père Jean-Baptiste, chanoine à l'abbaye actuellement en pèlerinage plus loin en France. "D'après ce que je sais le vent souffle très fort mais pas vers nous, le village a donc été épargné et l'abbaye n'est pas touchée".
"En ce jour ou l'Église fête la Transfiguration de Jésus, les images de la défiguration de notre département, dévoré par le feu, font le tour du monde", écrit Mgr Valentin, évêque de Narbonne et Carcassonne. "Que cette fête soutienne notre Espérance en ces heures si sombres ! Elle nous invite à pleurer aujourd'hui avec ceux qui pleurent, à lutter dans la prière avec ceux qui luttent, à demeurer durablement dans une solidarité active avec ceux qui ont tant perdu, sûrs que demain, notre belle terre d'Aude refleurira. Ainsi, nous serons les jardiniers de cette renaissance", conclut l'évêque.
Une enquête ouverte
D'autres villages n'ont pas eu cette chance. À Fabrezan, Aude Damesin, une habitante, déplore : "C’est dramatique de voir autant de terres détruites. Terrible pour la faune, la flore, et pour les gens qui perdent tout." La solidarité s’organise dans les villages touchés. À Lagrasse, Tournissan ou Coustouge, des salles communales ont accueilli les personnes évacuées. Plus de 2.500 foyers restent privés d’électricité ce mercredi, et de nombreuses routes, dont l’A9 entre Narbonne et Perpignan, ont été fermées. Les autorités appellent à ne pas gêner les secours et à rester confinés sauf ordre d’évacuation. Le département de l’Aude reste placé en vigilance rouge pour risque incendie. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes du feu, encore inconnues.












