Carême 2026
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Les chants se sont tus, les cris de joie et les interpellations d’un peuple à l’autre au hasard des carrefours demeurent cependant des souvenirs vivants dans le cœur de ceux qui se rencontraient encore ce matin. Seul le soleil ne change pas, lourd et brûlant sur la vieille Rome encore tout étourdie de cette chaleur qui, cette fois, montait de la terre vers le ciel. Le Jubilé des jeunes se poursuit à quelques encablures de la ville par la veillée de prière, par la nuit où le monde se retrouve en village. Et puis la messe du dimanche qui ne vise pas qu’à rassembler des hommes et des femmes de langues et de cultures différentes, mais à présenter au regard de Dieu la terre en son entier et tous ses habitants.
Un chemin de compréhension du monde
Le Jubilé des jeunes restera gravé dans la mémoire de ses participants comme une date qu’on n’oublie pas. Parce qu’on y a découvert quelque chose de l’amour par lequel le Seigneur se révèle à chacun et par chacun à tous. Ces JMJ qui ne disent pas leur nom ne doivent en effet pas faire oublier ce monde dans lequel le baptisé est envoyé pour se donner sans compter, jusqu’au bout. Depuis la Seconde Guerre mondiale notamment, cette tradition des grands rassemblements a beaucoup compté dans la pastorale française, occidentale et, depuis Jean-Paul II, dans la vision pastorale de l’Église dans son ensemble. Des pélés de Chartres au Jubilé de cette année, en passant par les FRAT, les congrès eucharistiques, les méga-meetings de la JOC des grandes années ou les célébrations pontificales place Saint-Pierre, nous ne cessons d’inviter à se retrouver une jeunesse qui goûte avec ferveur les occasions de se rencontrer, de fêter et de prier.
À l’heure de la mondialisation, ils sont nombreux à chercher un chemin de compréhension du monde qu’ils puissent emprunter pour avancer, un peu plus assurés. Par son essence même, l’Église peut être ce véhicule. Instrument de Dieu, elle a vocation à servir et à servir chacun. Après plus de 40 ans de JMJ, n’y a-t-il pas un signe nouveau justement à donner à cette jeunesse du monde ?
Susciter des liens de fraternité
Et si, un jour prochain, ces rencontres de jeunes catholiques devenaient une rencontre des jeunes catholiques avec les jeunes des autres traditions religieuses ? En 1909, eut lieu la première rencontre internationale du scoutisme, deux ans après le fameux camp de Brownsea. Il n’y avait pas à l’époque de dialogue interreligieux comme nous l’entendons de nos jours. Parmi les onze mille scouts réunis, tous n’étaient pas de confession chrétienne. Et les chrétiens eux-mêmes appartenaient à des Églises différentes. Le "devoir envers Dieu" étant le premier principe institué par Baden Powell, la question se posa de la prière : comment la proposer et quelles paroles lui prêter ? Il n’y eut pas de prière commune, mais une invitation faite à chacun de prendre ce temps selon ses rites, en communion avec les autres.
Donner à des jeunes de toutes les religions de se rencontrer et de se découvrir (...) Pourquoi les prochaines JMJ de Séoul, ou les suivantes, ne prendraient-elles pas cette direction ?
Depuis les rencontres d’Assise, à l’initiative de trois papes successifs, les catholiques se découvrent porteurs de cette capacité à susciter des liens de fraternité qui n’exigent plus pour se manifester d’avoir reçu un même baptême, mais qui se fondent sur l’appartenance à une commune humanité en quête. Des initiatives de plus en plus nombreuses apparaissent dans cette dynamique. Pour ne citer que des exemples "bien de chez nous" il y a ce projet MED25 avec le Bel Espoir, bateau pour la paix qui vogue d’une rive à l’autre de la Méditerranée, ou le brevet du dialogue interreligieux proposé par les Scouts et Guides de France et qui pourrait intéresser nombre de mouvements scouts à l’étranger...
Une communauté de bien
Donner à des jeunes de toutes les religions de se rencontrer et de se découvrir : c’est ce que proposent les jamborees mondiaux des scouts justement ou, en Corée du Sud, le pèlerinage pour la paix qui invitait des bouddhistes, protestants et catholiques à marcher ensemble et à partager au fil du chemin les beautés et les grâces de leurs communautés.
Pourquoi les prochaines JMJ de Séoul, ou les suivantes, ne prendraient-elles pas cette direction ? Afin de manifester une joie plus grande encore que de se retrouver entre "semblables", en se reconnaissant simplement frères et sœurs par cette communauté de bien qui nous unit : respirer le même air, goûter aux mêmes émotions, partager les mêmes désirs de bonheur. En un mot : communier au même souffle de vie.








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