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Ce récit du "Fils prodigue" évoqué par Jésus met en présence trois personnages dans un contexte familial tendu, à savoir deux fils et leur père. Le plus jeune demande à ce dernier sa part d’héritage pour aller "vivre sa vie". Après avoir dilapidé tous ses biens, il revient vers le domaine familial sans un sou, penaud et ne sollicitant qu’un emploi comme le plus subalterne de ses ouvriers… Cette scène classique aurait pu s’arrêter là, mais le récit évangélique prend toute sa valeur, et saveur, avec la réaction inattendue du père qui, loin de s’emporter, fut saisi de compassion, se jeta à son cou et fêta son retour en tuant le veau gras pour un festin. L’aîné, amer, reproche alors à son père sa réaction : "Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras ! " (Lc 15,29-30). La réaction du père fuse alors sans hésitation : "Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! " (Lc 15,32).
Miséricorde et joie
Rembrandt, le grand peintre hollandais, a parfaitement saisi cet instant décisif du père retrouvant son fils. L’artiste représente en effet la tendresse du père posant ses deux mains sur les épaules voûtées par le désespoir de son fils repenti et agenouillé à ses pieds, alors que le récit biblique semble plus démonstratif en précisant que le père avait couru se jeter à son cou et l’avait couvert de baisers. Rembrandt a plutôt choisi une certaine solennité, celle rappelée par la parabole du pécheur racheté par l’amour qui dépasse toutes contingences, même les plus amères notamment aux yeux du fils aîné… La miséricorde pour le pardon des péchés et la joie qui en résulte forment le cœur même de cette parabole émouvante qui a inspiré bien des artistes. Le ballet "Le fils prodigue" conçu par le célèbre chorégraphe géorgien George Balanchine sur une musique de Sergueï Prokoviev avec des décors et costumes réalisés par Georges Rouault s’inspire également de cet épisode biblique pour en livrer une interprétation expressionniste atteignant son sommet lors de la scène poignante du retour du fils au foyer paternel…

Miséricorde et pardon…
Cet émouvant et puissant épisode livré par Jésus s’adresse bien entendu à toutes celles et tous ceux qui l’écoutaient, mais également, et surtout, aux pharisiens et autres scribes refusant d’entendre que la miséricorde devait primer sur tous les autres sentiments humains, notamment le mérite. La réaction du fils aîné montre combien même le plus louable des hommes ne peut juger son frère si Dieu lui-même lui a accordé son pardon. La grâce divine s’abstrait des contingences et mérites humains, tel est l’un des enseignements essentiels de cette parabole souligné par les meilleurs artistes, tel encore le peintre Murillo en 1670 sur cette toile aussi touchante que bouleversante où s’invitent même quelques références antiques avec un petit chien qui, tel Argos avec Ulysse, reconnaît affectueusement son jeune maître…











