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Léon XII, le pape sévère qui a quitté le Quirinal pour le Vatican

Pape Léon XII.

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I.Media - publié le 31/07/25
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Avant l'accession de Léon XIV au trône de Pierre, treize papes ont porté ce nom avant lui dans l'histoire. Découvrez cet été notre grande série sur les papes Léon avant Léon XIV. Douzième épisode : Léon XII.

Annibale Sermattei della Genga est né le 2 août 1760 près d’Ancône, au sein d’une famille de la noblesse pontificale. Sixième de dix enfants, il est destiné à une carrière ecclésiastique. Après son ordination en 1783, il est orienté vers l’Académie pontificale des nobles ecclésiastiques – ancêtre de l'École qui forme encore aujourd'hui les nonces, équivalents des ambassadeurs du Vatican. Homme de succès dans les salons mondains, il se voit confier par le pape Pie VI la tâche de prononcer l'oraison funèbre de l'empereur d’Autriche Joseph II en 1790. 

Entouré d’une notoriété grandissante, il entame une carrière diplomatique comme nonce apostolique, durant la période agitée des guerres napoléoniennes. Il est créé cardinal en 1816 par Pie VII et il se voit confier notamment le vicariat de Rome. Ses missions diplomatiques se soldent par un certain échec, sa ligne divergeant de celle du secrétaire d’État de Pie VII, le cardinal Ercole Consalvi (1757-1824), l’homme clé des négociations du Concordat signé avec Napoléon et de la restauration des États pontificaux.

Malgré sa réputation d’intransigeance morale et sa santé fragile, Annibale Sermattei della Genga est élu pape en 1823, prenant le nom de Léon XII. Son pontificat ne dure que six ans mais il est marqué par de grands événements. 

Au plus près des pauvres

Il est notamment le seul pape du XIXe siècle à pouvoir célébrer un Jubilé – grand événement de l’Église catholique fêté tous les 25 ans – puisque ceux de 1800, 1850 et 1875 ont été empêchés par les aléas de l’histoire. Léon VII veut faire de l'année sainte 1825 un temps de réforme spirituelle – et autoritaire – de la ville de Rome, qu’il entend "resacraliser" notamment après l’invasion des troupes françaises et la confiscation du pouvoir temporel du pape sur Rome, au début du siècle. 

Dans cette même ligne, dès le début de son pontificat il quitte les ors palais du Quirinal pour celui du Vatican, domaine laissé à l’abandon depuis deux siècles et considéré plus austère. Pape relativement impopulaire, il se dédie notamment à remettre les plus pauvres au centre de l’Église et à réprimer les mouvements libéraux et révolutionnaires. Parmi les décisions de son magistère, Léon VII déclare l'interdiction "à perpétuité" des loges maçonniques dans la bulle pontificale Quo Graviora, condamnant aussi leurs dérivés comme la "charbonnerie".

L'écrivain français François-René de Chateaubriand, qui fut ambassadeur de France près le Saint-Siège sous le pontificat de Léon XII, en parle ainsi dans ses Mémoires d'Outre-Tombe : "Léon XII, prince d'une grande taille et d'un air à la fois serein et triste, est vêtu d'une simple soutane blanche. Il n’a aucun faste et se tient dans un cabinet pauvre, presque sans meubles".

Le 252e pape de l'Église catholique est enterré dans la basilique Saint-Pierre, selon ses volontés, indique Vatican News : dans un simple tombeau de terre devant l'autel de saint Léon le Grand (Léon Ier), où son épitaphe le décrit comme "un humble dévot, le plus petit des héritiers d'un si grand nom". 

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