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La gourmandise commence-t-elle à la septième cuillère ?

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La gourmandise commence-t-elle à la septième cuillère ?

Crédit : Shutterstock

Fêté le 1er août, Alphonse-Marie de Liguori fut un grand moraliste, devenu patron des confesseurs en 1950. Son œuvre colossale traite de nombreux sujets, plus ou moins anecdotiques pour le lecteur contemporain, comme le chocolat. Dont il estime qu’il doit être consommé avec modération.

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Aristocrate promis à un grand avenir, avocat reconnu, Alphonse Marie de Liguori fut avant tout un maître spirituel et un moraliste prolixe, mort, et donc fêté, un 1er août, en 1787. Au point de recevoir le titre de Doctor zelantissimus ("docteur très zélé") en 1871 par Pie XI et d’être proclamé "Patron céleste de tous les confesseurs et moralistes" par le pape Pie XII en 1950. Il est notamment l’auteur d’une importante somme sur les actes moraux, ce qu’il est bon ou non de faire, en reprenant les auteurs qui l’ont précédé. Cette Theologia moralis en neuf volumes traite notamment… du chocolat ! Et, surtout, de sa consommation.

Boisson sacrée des mayas, le chocolat est arrivé en Europe – à vrai dire les fèves de cacao – par les conquistadors. Broyées avec du sucre et mélangées à de l'eau, les fèves font les délices de la cour du roi d’Espagne Charles V dès 1521. Devenu populaire, le chocolat s’invita dans les débats des moralistes. En effet, comme pour d’autres boissons, certains théologiens se demandèrent si boire ce riche liquide rompait le jeûne, plus strict qu’aujourd’hui, en particulier avant la communion.

Quand la gourmandise commence-t-elle ?

Une question, qui paraît un peu dépassée aujourd’hui, à laquelle s’attaqua saint Alphonse-Marie dans la Theologia moralis. Dans un long développement qui reprend les écrits passés sur le sujet, sur la différence entre liquide et solide à considérer pour le jeûne, sur la subtilité des médicaments… le fondateur des Rédemptoristes estime que le chocolat n’est pas problématique et peut donc être consommé, parce qu’il aide à la digestion mais aussi parce que sa consommation est désormais coutumière.

Mais avec quelques subtilités que l’on peut qualifier de tatillonnes : une fois par jour, et six onces de poudre de cacao avec de l’eau. Avec une once d’environ trente grammes, cela représente six cuillères à soupe. De là à dire que la gourmandise commence à la septième cuillère de chocolat, sous toutes ses formes, il n’y a qu’un pas. À franchir en remettant la logique morale à sa place, le tout étant de ne pas tomber sous le coup du jugement paulinien : "Leur Dieu c’est leur ventre." (Ph 3, 19)