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De la choré TikTok à l’adoration perpétuelle : les montagnes russes spirituelles des jeunes à Rome

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Camille Dalmas - publié le 31/07/25
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Des centaines de milliers de jeunes pèlerins venus du monde entier déambulent dans les rues de Rome pour le Jubilé de la jeunesse. Aleteia les a suivis dans la capitale italienne, où ils vivent, chacun à leur manière, ce temps de rencontre, de foi et de fête. Reportage.

Sur la place Saint-Pierre, le pape Léon XIV a présidé ce 30 juillet une audience générale historique, la première depuis son retour de Castel Gandolfo, où il était en vacances pendant plus de deux semaines. Comme la veille, le pontife américano-péruvien a communié avec une foule en liesse. Dans ses appels, il n’a pas manqué de saluer les participants au Jubilé des jeunes qui sont présents, les encourageant à vivre intensément leur séjour à Rome.

"Pèlerins d’espérance !"

Un peu plus loin, sur la via della Conciliazione, Itala et Juanjo, deux jeunes chanteurs originaires respectivement du Pérou et du Paraguay, tentent d’enregistrer une vidéo avec des amies, Nathi et Mary. Sous le soleil éclatant, les quatre exécutent une chorégraphie énergique avec la coupole de Saint-Pierre dans leur dos, une danse synchronisée avec les paroles de leur dernier tube.

La composition d’Itala & Juanjo – le nom du groupe – est particulièrement de circonstance. Elle s’intitule en effet Modo Jubileo, soit "En mode Jubilé". Avec un rythme entraînant et des harmonies simples mais efficaces, cette chanson rencontre un franc succès sur TikTok et Instagram en Amérique latine. Composée il y a seulement six mois, elle a déjà fait l’objet de plusieurs versions remixées.

"Pèlerins d’espérance !", entend-on sur le téléphone de Juanjo, alors que le groupe d’amis effectue ses derniers pas de danse, un grand sourire aux lèvres. Deux heures plus tard, la vidéo, rapidement montée et publiée sur les réseaux, reçoit une pluie de messages enthousiastes.

"Un chemin d’amour"

À quelques pas de là, l’école pontificale Pie IX – un établissement pour enfants des employés du Vatican – propose une toute autre expérience aux jeunes pèlerins. Les Missionnaires de la Charité y ont en effet installé une exposition sur leur fondatrice, Mère Teresa. Dans une salle de classe, plusieurs religieuses, portant l’habit blanc liseré de bleu de la sainte de Calcutta, guident les jeunes.

"C’est dur d’être religieuse ?", demande une jeune Américaine, visiblement très impressionnée par le dévouement des sœurs. "Cela peut paraître difficile, mais je ne regrette pas mon choix, c’est un chemin d’amour", lui répond une postulante, ravie de susciter autant d’intérêt.

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Des jeunes priant devant les reliques de Mère Teresa à Rome, juillet 2025.

À l’étage, les Missionnaires de la Charité invitent à un temps de prière. D’abord devant les reliques de Mère Teresa. Puis, dans une grande salle attenante, une quarantaine de jeunes, entourés par les religieuses, sont en adoration devant le Saint-Sacrement, dans un silence impressionnant.

Panini et gelati

Dans le centre historique, de l’autre côté du Tibre, des groupes partent à la recherche d’une bonne adresse pour déjeuner, tandis que d’autres, moins aventureux, se rabattent en masse sur un célèbre fast-food américain. Alors que le soleil est à son zénith, un groupe de pèlerins venus de Norvège patiente avec calme devant un marchand de paninis avant d’aller passer la Porte sainte de Sainte-Marie-Majeure. "On survit à la chaleur, ça change d’Oslo", explique un accompagnateur, ce que confirment les visages empourprés des jeunes nordiques.

Dans certaines rues du centre, chaque supermarché, chaque restaurant est pris d’assaut. Dans la torpeur de la mi-journée, les nombreuses fontaines servent à remplir les gourdes estampillées "Jubilé 2025" fournies aux pèlerins, mais certains préfèrent plonger directement la tête sous l’eau fraîche des nasone. Les vendeurs de gelati, eux, continuent de faire fortune.

Au détour d’une rue, on voit parfois passer des groupes suivant à la file indienne leur drapeau national, tels ces Américains de Brooklyn qui égrènent leur chapelet en fendant la foule des touristes devant le Panthéon. Plus loin, un prêtre allemand fait entrer un petit groupe dans la basilique Sant’Andrea della Valle. Après être passés devant les tombes des papes Pie II et Pie III, les jeunes s’arrêtent devant un panneau tactile qui permet de zoomer sur les fresques baroques renversantes de l’intérieur de la coupole – La Gloire du paradis, de Giovanni Lanfranco (1627). "Wunderbar !", s’exclame le prêtre, très admiratif.

Le soir tombe peu à peu sur la Ville Éternelle, et les groupes ayant vagabondé toute la journée entre les basiliques majeures gagnent plusieurs grandes places où ils vont pouvoir encore partager, chacun dans leur style, entre concerts, témoignages, spectacles… la foi qui les unit.

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