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“C’était la terreur” : le massacre en RDC raconté par des survivants

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Une femme congolaise brandit une pancarte appelant à la fin des massacres au Congo place Saint-Pierre, mars 2024.

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La rédaction d'Aleteia - avec AFP - publié le 30/07/25
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Des survivants du massacre commis par un groupe djihadiste à Komanda, au nord-est de la RDC, racontent l'horreur de la nuit du 26 au 27 juillet. "Nous les avons vu armés de machettes et des fusils, c'était la terreur".

La nuit de l'horreur. Alors qu'ils étaient simplement venus se mettre en prière dans leur église, des chrétiens ont été massacrés par un groupe affilié à l'État islamique à Komanda, dans le nord-est de la République démocratique du Congo dans la nuit du 26 au 27 juillet. La majorité d'entre eux participaient à une veillée de prière, probablement eucharistique. Au moins 43 personnes ont été tuées, dont des femmes et des enfants, selon un rapport de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO).

Les survivants de l'attaque ont raconté à l'AFP comment des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) ont massacré des fidèles à la paroisse des Bienheureux Anuarite. Après des coups de feu, les assaillants ont pénétré dans la salle paroissiale du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), ont fermé la porte et ont commencé à choisir les personnes à abattre parmi les plus faibles, les ligotant avant de procéder à leur exécution.

Pierre Abendi, 21 ans, membre du mouvement de la Croisade eucharistique, a déclaré être arrivé à la paroisse vers 21H00 (19H00 GMT) samedi soir. Il s'est "endormi quelques minutes plus tard", avant d'être surpris par les "coups de feu", a-t-il raconté à l'AFP. "Au début, nous avons cru que c'étaient des garçons de la cité (...) mais quand j'ai entendu qu'ils parlaient une langue étrangère, j'ai compris qu'il s'agissait des ADF. Et, debout contre un mur, je me suis caché, attendant silencieusement mon tour de mourir", raconte-t-il la voix tremblante. Félicien (prénom changé), tient une boutique non loin de la paroisse, où il se trouvait avec son frère, au moment de l'attaque. Il raconte avoir entendu les "coups de feu et les cris de détresse".

Consternation et affliction

Après des longues minutes, les assaillants ont frappé à leur porte : "Si vous n'ouvrez pas, on va vous incendier". En ouvrant, "nous les avons vus armés de machettes et des fusils, c'était la terreur". Une fois dans la brousse, "nous pensions qu'ils allaient nous égorger". Mais Félicien et son frère se sont échappés lorsque les ADF ont rencontré un autre groupe d'hommes armés. Ces derniers ont tiré des coups de feu en l'air, "nous avons fui", dit-il. Pierre et Félicien ont assisté lundi aux funérailles des victimes organisées à Komanda, à environ 60 km au sud-ouest de Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri.

Après une cérémonie religieuse, des cercueils de victimes ont été déposés dans une grande tombe commune pour l'inhumation, en présence de proches, sous surveillances des forces de sécurité. Mais sur place, des habitants n'ont pas hésité à critiquer les autorités concernant la sécurisation de Komanda.

"Nous sommes vraiment sous le choc, des enfants ont été tués ainsi que des femmes. On se demande : que font les services de sécurité déployés à : manda ? Ils ne font pas leur travail, ils ne font rien du tout", a réagi auprès de l'AFPTV, une habitante rencontrée sur les lieux de l'enterrement.

Le groupe ADF, formé à l'origine d'anciens rebelles ougandais, a tué des milliers de civils et multiplié les pillages et les meurtres dans le nord-est de la RDC malgré le déploiement de l'armée ougandaise (UPDF) aux côtés des forces armées congolaises (FARDC) dans la zone depuis 2021. Le pape Léon XIV a exprimé lundi sa "consternation et sa profonde affliction" face à cette attaque contre des fidèles. La France a condamné cette attaque "avec la plus grande fermeté" et a indiqué se tenir "aux côtés des autorités congolaises pour lutter contre les groupes terroristes et protéger les populations".

Komanda, comme de nombreuses villes de la région, se situe dans une zone riche en minerais, contestée depuis longtemps par des groupes armés. Malgré les efforts constants des forces congolaises et ougandaises pour éradiquer les ADF, les attaques contre les civils se poursuivent sans préavis ni cadence précise.

En février, 70 civils, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, avaient été retrouvés assassinés dans une église protestante près de Lubero, au Nord-Kivu .

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