"Moi je la laisse vivre sa vie, je lui fais confiance, je sais qu’elle est avec quelqu’un mais je ne le connais pas, elle nous le présentera quand elle jugera le temps venu !", confie Madeleine, 43 ans, mère de quatre enfants dont une fille aînée de 21 ans. "Je suis là si elle veut m’en parler mais je ne vais pas m’immiscer dans sa vie intime !" Autre famille, autre réaction : chez Paul et Sylvie, quarantenaires Parisiens, c’est le contraire. Leur fils de 19 ans "sort" depuis un an avec une jeune fille qu’ils accueillent très souvent chez eux. "Au début, c’était difficile de trouver un juste positionnement, mais maintenant, tout le monde a pris ses marques, Arthur est heureux de voir que nous apprécions sa petite amie et elle semble contente d’avoir sa place parmi nous", explique Sylvie.
Pour des parents de jeunes amoureux, il n’est pas toujours évident de trouver la bonne distance et d’adopter une attitude ajustée. Comment accueillir les sentiments de son enfant qui devient adulte ? Peut-on l’aider à discerner sans être trop intrusif ? La réponse est oui ! Entre une indifférence surjouée sous prétexte que les deux tourtereaux ne sont pas encore fiancés et une intrusion démesurée dans leur relation qui risque d’entraver leur discernement, il existe plusieurs manières d’accompagner un jeune de 20 ans au seuil d’une relation amoureuse. Adélaïde et Michel Sion, auteurs du récent ouvrage Se donner pour toute la vie ! (Le Laurier) et animateurs des sessions de préparation au mariage "Bâtir sa maison sur le roc", fournissent à Aleteia de précieux conseils tout en soulignant quelques écueils.
"À 20 ans, quelque chose de beau peut être en train de naître, certains couples qui ont de longues années de mariage derrière eux se sont connus jeunes", remarquent Adélaïde et Michel Sion. 20 ans, ce n’est pas bien vieux non plus. La maturité n’est pas toujours là pour cerner la personnalité de l’autre et envisager l’avenir sur le long terme. Il peut arriver, lorsqu’on est aveuglé par le sentiment amoureux et la douce sensation d’être aimé, d’avoir des œillères. Quel rôle alors en tant que parent ? "Accompagner le jeune sur son chemin, lui donner des éléments de discernement, l’aider à y voir plus clair sans pour autant prendre de décision à sa place", invite le couple d’animateurs.
1Témoigner du mariage chrétien
Sans adresser le moindre conseil à son enfant, vivre simplement son mariage de manière chrétienne représente un premier et solide témoignage. "L’éducation au mariage se fait dès la petite enfance", assurent Adélaïde et Michel Sion. À travers le modèle de couple qu’offrent des parents à leur enfant, ils peuvent témoigner de la beauté du mariage, sans omettre les épreuves et les difficultés.
2Donner des éléments de discernement
Plusieurs critères permettent à des jeunes gens de réfléchir s’ils sont prêts à cheminer ensemble vers le mariage. Évoquer ces critères avec son enfant est un bon pas dans l’accompagnement. Un des premiers critères réside dans l’épreuve du temps. Adélaïde et Michel Sion insistent sur la nécessité de laisser du temps au temps et de ne pas précipiter les choses. "Le temps défait ce qu’on fait sans lui", soulignent-ils. "On ne peut pas faire l’économie de se connaître l’un l’autre, or il faut du temps pour connaître quelqu’un. Le connaître sur la durée, le connaître en groupe, connaître les valeurs qui l’animent…" D’autres critères de discernement concernent les qualités morales de l’autre, la prise de conscience des différences, le fait de vouloir le bien de l’autre pour toute la vie…
3Lui faire se poser les bonnes questions
À 20 ans, il est difficile de se projeter et d’imaginer toutes les conséquences d’un acte ou d'une situation. Si une jeune fille tombe amoureuse d’un militaire, est-elle prête à déménager souvent, au gré des affectations ? Si un jeune homme est sous le charme d’une Américaine ou d’une Chinoise dont la famille demeure à des kilomètres, est-il prêt, un jour, à aller peut-être vivre à l’autre bout du monde ? Et s’ils n’ont pas la même religion ? Ont-ils évoqué le respect dû à l’autre ? Le baptême ou non de leurs futurs enfants ? Leur éducation religieuse ? "Notre fille de 19 ans est amoureuse d'un jeune homme dont le frère jumeau est handicapé, je lui ai demandé si elle était consciente que plus tard, ils en auraient sans doute la charge", raconte Gabriella. "J'aborde le sujet non pas pour remettre en cause un éventuel mariage, mais pour qu'elle soit prévenue. Ayant moi-même une sœur handicapée à charge, je sais que ce n'est pas de tout repos." Autant de questions que ne se pose pas nécessairement un jeune qui en est aux prémices d’une relation amoureuse. Il est même fort probable qu’il balaie d’un revers de main ces points de réflexion soumis par ses parents. Néanmoins, lorsqu’il sera prêt à prendre une décision, ces questions lui reviendront à l'esprit.
4L’engager à rester libre en demeurant chaste

Il n’est pas inutile d’engager un jeune homme ou une jeune femme à rester libre en demeurant chaste. "Les émotions et le plaisir physique que procure l’union des corps rendent plus difficile le discernement", soulignent Adélaïde et Michel Sion. Les relations charnelles génèrent de l’ocytocine, l'hormone du bien-être et de l'attachement, et fait naître le désir de renouveler les moments d'intimité. Cela nuit au discernement et à la liberté. Il est bon de rappeler qu’on aime avec toute sa personne, corps, cœur et esprit. "Alors que le désir physique s’éveille très rapidement, l’intelligence qui permet le discernement et l’esprit qui nous fait nous détacher de nous-même pour vouloir le bien de l’autre ont besoin de plus de temps", précisent Adélaïde et Michel Sion. "Il est bon de veiller à ce que le corps, le cœur et l'esprit grandissent en même temps."
5Adopter une certaine réserve
Autre entrave au discernement : une trop grande proximité avec le petit ami ou la petite amie. Les accompagnateurs au mariage engagent à une certaine réserve pour laisser libre son enfant et ne pas influencer sa décision. "À trop sympathiser avec le ou la petit(e) ami(e), on prend le risque d’enfermer son enfant dans une situation, ce n’est plus lui qui prend la décision", insistent Adélaïde et Michel Sion. "On entre dans une famille par le mariage."
6Faire taire ses propres critères
Un autre écueil pour des parents consiste à projeter sur la relation amoureuse de leur enfant leurs propres critères. Milieu social, critères physiques, particule… "Accompagner son enfant ne signifie pas lui imposer ses propres critères, qui ne sont pas toujours bons, mais de l’éclairer pour qu’il prenne une décision en toute connaissance de cause", avertissent Adélaïde et Michel Sion.
7L’inviter à se placer sous le regard de Dieu
En tant que chrétiens, des parents peuvent enfin inviter leur enfant à prier pendant cette période de discernement. "Il est bon de demander conseil à Dieu dans la prière afin de discerner en sa présence si nous sommes faits l’un pour l’autre", exhortent Adélaïde et Michel Sion. L'inviter à prier, mais aussi à agir en se mettant sous le regard de Dieu. En tant qu’Enfant de Dieu, un jeune homme ou une jeune femme est appelé à agir de telle sorte que chaque geste posé n’offense pas Dieu. C’est là un chemin sûr vers le bonheur.
Pratique
Accompagnement au mariage catholique pour couples fiancés, en discernement ou mariés : "Bâtir sa maison sur le roc".

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