Né Jean de Médicis le 11 décembre 1475 à Florence et décédé le 1er décembre 1521 à Rome, Léon X est le fils de Laurent de Médicis, dit ‘le Magnifique’ (1449-1492), considéré comme l’un des plus grands hommes d’État de son temps, et artisan de l’apogée florentine. Éduqué dans ce contexte privilégié, Jean de Médicis est destiné dès son enfance à une carrière ecclésiastique, une vocation qu’il partage avec son cousin Jules de Médicis, le futur pape Clément VII (1523-1534), qu’il prendra soin de créer lui-même cardinal peu après son élection au siège de Pierre.
Tonsuré à seulement six ans en 1482, Jean de Médicis reçoit dès sa petite enfance de nombreux titres : il est ainsi nommé protonotaire apostolique dès 1483, et reçoit l’abbaye du Mont-Cassin en commende en 1486. En 1489, à seulement 13 ans, il commence des études de théologie et de philosophie à l’université de Pise, et il est créé cardinal à 16 ans en 1492 par le pape Innocent VIII. Il participe peu après au conclave qui conduit à l’élection de Rodrigo Borgia sous le nom d’Alexandre VI, dont il devient un opposant frontal. Durant la même période, la chute des Médicis à Florence le contraint à l’exil dans des circonstances rocambolesques, puisqu’il doit fuir la ville déguisé en franciscain. Nommé légat à Bologne et en Romagne en 1511, il est fait prisonnier lors de la bataille de Ravenne contre les Français en 1512, puis s’échappe.
Un mécène sur le trône de Pierre
Après la mort du pape Jules II, il devient pape le 11 mars 1513 sous le nom de Léon X. Le pontificat de ce prince de la Renaissance élu à 37 ans, ce qui en fait l’un des plus jeunes papes de l’Histoire, sera marqué par une activité intense dans le domaine du mécénat des arts. Il collectionne ainsi de nombreux manuscrits et fait éditer une version critique de Dante. Le peintre Raphaël est invité à poursuivre les fresques des chambres pontificales et réalise le célèbre portrait de Léon X, au visage plutôt joufflu, portant le camail et la mozette rouges des papes. Pour le chroniqueur suisse François Bonivard (1493-1570), "Léon X était savant en lettres grecques et latines, et davantage bon musicien… Au reste, beau personnage de corps, mais de visage laid et difforme, car il l’avait plutôt gros par enflure".
Sur le plan politique, Léon X signe le 13 octobre 1515 le traité de Viterbe avec François Ier, celui-ci étant alors reconnu comme duc de Milan. Un an plus tard, le concordat de Bologne accorde au roi de France le droit de nommer les abbés et les évêques dans son royaume, en échange d’une reconnaissance formelle de l’autorité du pape. Ce concordat met un terme aux tensions entre la monarchie française et la papauté, initiées en 1438 lorsque le roi Charles VII avait signé la ‘Pragmatique sanction’. Cette ordonnance avait fait du roi le gardien des droits de l’Église de France, ouvrant donc la voie à une forme de gallicanisme.
Le pontificat de Léon X est aussi marqué par les premiers soubresauts du schisme luthérien, lié au trafic des indulgences dont la papauté avait besoin pour financer le chantier de la basilique Saint-Pierre. Après quelques tentatives d’un dialogue motivé par un désir de conciliation politique avec les principautés germaniques plus que par des questions théologiques qui l’intéressaient peu, le pape finit par condamner les thèses de Luther le 15 juin 1520 avec la ville Exsurge Domine. En brûlant cette bulle en public à Noël, Martin Luther marque un point de rupture irréconciliable : Léon X l’excommunie le 3 janvier 1521 avec la bulle Decet Romanum Pontificem. Ce qui pouvait sembler relever d’une simple ‘dispute de moines’ prend la tournure d’un grave conflit qui allait marquer plusieurs siècles de l’Histoire européenne. Le Pape s’éteint peu après la publication de cette bulle, à seulement 45 ans, laissant le souvenir d’un grand mécène mais d’un piètre théologien.

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