La baisse de la natalité se confirme en France pour l’année 2024, avec un recul de 2,8% des naissances par rapport à 2023. Selon l’Insee, cette diminution ne s’explique pas par une baisse du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants, mais par une fécondité en déclin. Toutes les tranches d’âge sont concernées, et le phénomène touche particulièrement les départements d’outre-mer.
En 2024, 660.800 bébés sont nés sur le territoire français, soit une diminution de 2,8% par rapport à l’année précédente, selon un rapport publié ce mardi 29 juillet par l'Insee. Les naissances sont inférieures de 22% par rapport à 2010. Cette baisse s’inscrit dans une tendance déjà amorcée depuis plusieurs années, marquée notamment par un recul de 6,6% en 2023.
Le recul des naissances concerne toutes les catégories d’âge. Il est particulièrement marqué chez les femmes de moins de 25 ans (–4,2%) et celles âgées de 25 à 29 ans (–3,6%). Même chez les femmes de 30 à 34 ans, tranche d’âge la plus féconde, les naissances diminuent (–3,3%). Pour les femmes de 40 ans et plus, qui avaient connu une progression constante ces dernières années, la tendance s’inverse également. La situation est particulièrement marquée dans les départements et régions d’outre-mer. À Mayotte, les naissances ont chuté de 13,6%, en Guadeloupe de 8,5%. Globalement, les naissances dans les DOM ont reculé de 11,7% en 2024, contre 2,7% en métropole.
1,66 enfant par femme
En 2023, l’indicateur conjoncturel de fécondité s’établit à 1,66 enfant par femme. Ce niveau reste l’un des plus élevés de l’Union européenne, où la moyenne est de 1,38 enfant par femme. L'UE voit elle aussi son nombre de naissances chuter drastiquement, avec une baisse de la natalité de 15% en dix ans. La France qui occupait pourtant la première place dans le classement, passe désormais en deuxième position, derrière la Bulgarie (1,81).
L’Insee observe que le nombre de femmes françaises en âge d’avoir des enfants reste stable, contrairement à l'UE qui, de manière générale, fait face aussi bien à une baisse de la fécondité qu'à une diminution du nombre de femmes en âge de devenir mères. Le recul des naissances ne s’explique donc pas par une baisse de la population féminine, mais bien par une diminution du nombre moyen d’enfants par femme.
Une "bascule démographique" est donc bien en cours, comme l'avait annoncé Catherine Vautrin, ministre de la Santé, il y a quelques semaines. Cette bascule s'est opérée en mai 2025, lorsque le nombre de décès enregistrés en France a excédé celui des naissances sur la même période. Une première depuis la Seconde Guerre mondiale. Bien qu'attendue, cette bascule n'était prévue qu'en 2027 par l'Institut national d'études démographiques (Ined), voire en 2035 pour l'Insee.












