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RDC : au moins 43 morts dans l’attaque d’une église catholique

chrétiens en afrique, nigeria, persécutions, guerre

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La rédaction d'Aleteia - avec AFP - publié le 28/07/25
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Une attaque d'un groupe de rebelles a fait au moins 43 morts dans une église catholique au nord-est de la République démocratique du Congo, le 26 juillet.

L'attaque d'une église catholique dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) par les rebelles ADF, un groupe armé affilié au groupe Etat islamique, a fait au moins 43 morts, selon un nouveau bilan de l'ONU publié dans la nuit de dimanche à lundi.

Les ADF (Forces démocratiques alliées), groupe armé formé à l'origine d'anciens rebelles ougandais, ont tué des milliers de civils et multiplié les pillages et les meurtres dans le nord-est de la RDC malgré le déploiement de l'armée ougandaise (UPDF) aux côtés des forces armées congolaises (FARDC) dans la zone. Ils ont prêté allégeance en 2019 aux jihadistes de l'Etat islamique, qui les présente comme sa "province d'Afrique centrale" (Iscap) et revendique certaines de leurs attaques.

Après plusieurs mois d'accalmie, les ADF ont attaqué la paroisse Bienheureuse Anuarite de Komanda, dans la province de l'Ituri, dans la nuit de samedi à dimanche. "Cette attaque des éléments du groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF) a causé la mort d’au moins 43 civils (19 femmes, 15 hommes et neuf enfants)", écrit la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), citant des "informations officielles".

"Ces attaques ciblées contre des civils sans défense, notamment dans des lieux de culte, sont non seulement révoltantes mais aussi contraires à toutes les normes en matière de droit de l'homme et de droit international humanitaire", a déclaré Vivian van de Perre, Représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l'ONU, chargée de la protection et des opérations et cheffe par intérim de la Monusco, cité dans le communiqué.

Les Forces armées congolaises ont de leur côté dénoncé "un massacre de grande ampleur" perpétrée par des ADF dans une église où "une quarantaine de civils ont été surpris et tués à la machette et plusieurs autres grièvement blessés". Face à la traque permanente exercé contre eux, les ADF "ont choisi de se venger sur des paisibles populations sans défense en vue de rependre la terreur", ajoute le communiqué des FARDC. Le gouvernement congolais, via son porte-parole Patrick Muyaya sur X, a condamné une "effroyable attaque sur des populations innocentes".

"Coups de feu"

Fin 2021, Kampala et Kinshasa ont lancé une opération militaire conjointe contre les ADF, baptisée "Shujaa", sans parvenir jusqu'à présent à mettre fin à leurs exactions. Cette tuerie intervient néanmoins après des mois d'accalmie dans cette région de l'Ituri qui jouxte la frontière ougandaise. La dernière attaque d'ampleur menée par des ADF remonte au mois février, et avait fait 23 morts dans le territoire de Mambasa. Celle de ce week-end a eu lieu dans la localité de Komanda dans le territoire d'Irumu,  un carrefour qui ouvre vers trois autres provinces (Tshopo, Nord-Kivu et Maniema) dans la partie orientale de la RDC. Les premiers décomptes communiqué à l'AFP par des responsables locaux et un religieux faisaient étant de plus de 30 morts.

Ici, "sous les yeux, nous avons au moins 31 morts parmi les membres du mouvement Croisade eucharistique, avec six blessés graves (...), certains jeunes ont été enlevés, nous n’avons aucune nouvelle d’eux", avait déclaré dans la journée à l’AFP l'abbé Aimé Lokana Dhego, curé de la paroisse Bienheureuse Anuarite. Le prêtre avait ajouté que sept autres corps avaient été découverts dans la localité de Komanda, située à environ 60 km au sud-ouest de Bunia, chef-lieu de la province.

Dieudonné Katanabo, chef de quartier Umoja où se situe la paroisse, avait indiqué à l'AFP avoir entendu "des coups de feu vers la paroisse" vers 21 heures (19H00 GMT), disant avoir vu 35 corps. Cette attaque a été "fermement condamnée" par le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani. "Les lieux de culte doivent être toujours préservés et la liberté religieuse protégée", a-t-il ajouté.

Réaction de la CEF

Sur X, la Conférence des évêques de France a tenu à exprimer "son émotion et sa profonde tristesse" après cette sanglante attaque, assurant la Conférence épiscopale nationale du Congo de "sa fraternelle proximité" et de ses prières.

Ce massacre intervient quelques mois après une autre effusion de sang, alors que 70 personnes avaient été retrouvées décapitées dans une église protestante. La violence persistante qui ravage l’Est de la République Démocratique du Congo trouve ses racines dans une combinaison complexe de facteurs : la lutte pour le contrôle des ressources naturelles, l’ingérence de groupes armés étrangers, l’instabilité régionale et la faiblesse chronique d'un État corrompu. Cette situation, alimentée par l’impunité et des rivalités géopolitiques, plonge des millions de civils dans une détresse profonde. Face à cette tragédie silencieuse, l’Église catholique en RDC ne cesse de se faire le porte parole de la paix. Par sa proximité avec les victimes et son engagement pour la vérité, l’Église reste l’un des rares remparts moraux dans un contexte marqué par l’abandon et la violence structurelle.

Le pape Léon XIV, informé de l'ampleur du drame, a fait délivrer un message dans lequel il "implore Dieu afin que le sang de ces martyrs soit une semence de paix, de réconciliation, de fraternité et d’amour pour tout le peuple congolais", indique un télégramme signé par le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin le 28 juillet 2025. "Le pape s’associe au deuil des familles et de la communauté chrétienne gravement touchées, leur manifestant sa proximité et les assurant de sa prière", assure-t-il. Il précise que cette tragédie doit pousser "à œuvrer pour le développement humain intégral de la population meurtrie de cette région". Léon XIV "envoie la bénédiction apostolique à la paroisse Bienheureuse-Anuarite de Komanda, particulièrement aux familles éplorées, ainsi qu’aux filles et fils de la République Démocratique du Congo et à la nation entière", est-il écrit.

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