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[REPORTAGE] À Notre-Dame, le dernier adieu des Parisiens au cardinal Vingt-Trois

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Cécile Séveirac - publié le 23/07/25
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À Notre-Dame de Paris, l’Église a rendu un dernier hommage au cardinal André Vingt-Trois, décédé le 18 juillet à l’âge de 82 ans. Archevêque de Paris pendant douze ans, pasteur discret et homme de prière, sa mémoire a été saluée au cours d'une cérémonie sobre et pleine d'espérance.

"Je vais vers toi, mon Seigneur, dans la joie (…) J’entends ta voix (…) Je vois tes mains, mon Seigneur, dans les cieux". Sous les voûtes de Notre-Dame s’élève ce chant de réconfort, joie lumineuse du pasteur ayant retrouvé le chemin de la maison de son Père. Ce mercredi 23 juillet, les obsèques de Mgr André Vingt-Trois, ancien archevêque de Paris (entre 2005 et 2017), ont eu lieu dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Décédé le 18 juillet à l'âge de 82 ans, le cardinal luttait depuis de nombreuses années contre la maladie.

Né à Paris en 1942 et ordonné prêtre en 1969, le cardinal Vingt-Trois fut une figure centrale de l’Église catholique en France. Proche collaborateur du cardinal Lustiger, il a occupé des postes clés à Paris avant de devenir archevêque de Tours, puis de revenir à la tête du diocèse de Paris en 2005. Créé cardinal en 2007 par Benoît XVI, il a présidé la Conférence des évêques de France à une période marquée par des enjeux sociétaux majeurs et a joué un rôle de poids dans les débats sur la famille et la bioéthique, jusqu’à son retrait en 2017.

C’est au cœur de cette cathédrale tant aimée, dont il avait attendu la restauration avec impatience, rassemblant ses dernières forces pour assister à sa réouverture le 8 décembre, que s’achève le voyage sur Terre de ce cardinal Parisien "pure souche". Simple coïncidence ou clin d’œil providentiel, André Vingt-Trois s’en est allé le lendemain du jour où les bourdons de la cathédrale, Emmanuel et Marie, ont sonné ensemble pour la première fois depuis l’incendie de 2019.

Dans la cathédrale, les fidèles se sont rassemblés dans la grande nef blanche. Femme de diacre ordonné par Mgr Lustiger, Geneviève est venue accompagnée de son mari qui a lu l'Évangile selon saint Jean. "Nous avons travaillé avec beaucoup de bonheur avec Mgr Vingt-Trois pendant de nombreuses années. C'était un homme très loyal, paisible, dévoué à Dieu. C'était un pasteur très discret, qui ne cherchait pas à se faire valoir", se souvient-elle. Une affection que partagent sœur Jeanne et sœur Claire, de la Sainte-Famille de Nazareth. Polonaises, elles vivent à Paris depuis plus de dix ans et se montrent émues. "C'était un exemple pour nous, être là aujourd'hui est une façon de le remercier", glisse sœur Claire.

Conseil des ministres oblige, les membres du gouvernement sont absents, mais "nous assurent de leur proximité en ce jour", déclare Mgr Ulrich au moment de débuter la messe. Le cercueil de Mgr Vingt-Trois est précédé dans la procession par une longue file de prêtres, diacres, évêques et cardinaux, parmi lesquels Mgr Aveline et Mgr Bustillo qui concélèbrent la messe. Vêtus de violet, ils prennent place dans le chœur avant que ne s’avance le simple cercueil de bois, posé devant l'autel où Mgr Vingt-Trois célébra la messe pendant plus de douze ans. La salutation de l’archevêque s’accompagne de plusieurs rites. Celui de la Lumière d’abord, pour rappeler l’espérance de la Résurrection, avec la lumière du cierge pascal transmise autour du cercueil. Puis, la remise des vêtements liturgiques : l’aube, signe de sa vie reçue dans le Christ, l’étole, rappel de sa vie de prêtre, puis la mitre, reçue au jour de son ordination épiscopale. "Il a pris soin comme un bon pasteur du peuple qui lui a été confié, qu’il puisse recevoir l’impérissable couronne de gloire en paraissant devant le chef des pasteurs", déclare Mgr Ulrich avant de déposer enfin le pallium.

Un homme de prière et de discernement

Pas d'éloge funèbre pour le défunt : ce dernier l'a refusé dans ses dernières volontés, mais Mgr Ulrich salue chaudement la mémoire de son prédécesseur. De lui, les catholiques retiendront "sa grande sagesse", estime l'actuel archevêque de Paris, lors de son allocution précédant les obsèques. "C’était un homme de prière et de discernement, ouvert aux réalités du monde, qui a toujours montré une grande bienveillance, et enfin, un homme de charité", se souvient son successeur. "La vie du cardinal a été traversée par la rencontre du Seigneur Jésus, recherchée dans la Parole de Dieu et dans la célébration de l’eucharistie et des sacrements, recherchée aussi bien sûr dans la rencontre pastorale de tous les jours. C’est bien ce que nous devons dire d’un fidèle du Christ au moment où il remet sa vie à Dieu, parce que cette rencontre l’a transformé : le Seigneur a bien tracé un sillon dans sa vie, nous en avons vu la trace", a encore déclaré Mgr Ulrich au moment de son homélie.

Au son du "Salve Regina", le cercueil du cardinal est déposé dans le caveau des archevêques, creusé en dessous du chœur. C’est ici que sont enterrés ses prédécesseurs, notamment Mgr Jean-Marie Lustiger, dont il avait été le fidèle conseiller pendant de nombreuses années. Les cloches sonnent. Dans l’édifice s'installe un pieux silence. Notre-Dame veille désormais sur Mgr Vingt-Trois, prêtre pour l’éternité.

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