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Louis-Xavier Durieux, 11.000 km à vélo sur les routes de la foi

Louis-Xavier Durieux, 11.000 kilomètres à vélo sur les routes de la foi

À seulement 23 ans, Louis-Xavier Durieux a choisi de consacrer une année sabbatique, de octobre 2024 à juin 2025, à un pèlerinage unique, à la rencontre des chrétiens isolés d’Asie centrale.

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Anna Ashkova - publié le 23/07/25
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Jeune catholique engagé de 23 ans, Louis-Xavier a parcouru 11.000 kilomètres à vélo, à la rencontre des chrétiens isolés d’Asie Centrale. Pendant neuf mois, il a traversé vingt pays situés sur les anciennes routes de la soie en faisant des rencontres bouleversantes dont il témoigne aujourd’hui.

À seulement 23 ans, Louis-Xavier Durieux revient d’une aventure hors du commun : 11.000 kilomètres parcourus à vélo à travers vingt pays, de Marseille à la Mongolie, sur les anciennes routes de la soie. Ce jeune catholique engagé, tout juste diplômé d’une école de commerce, a choisi de consacrer une année sabbatique, de octobre 2024 à juin 2025, à un pèlerinage unique, à la rencontre des chrétiens isolés d’Asie centrale. Son objectif ? Témoigner de la vitalité de ces communautés souvent méconnues et marginalisées, et inviter les jeunes à suivre ses pas, sur les routes de la foi.

Un rêve d’enfant devenu mission

L’idée de ce périple est née d’un rêve d’enfant. "Mon père est militaire. Durant sa carrière, il était souvent en mission, notamment en Afghanistan et il me parlait des paysages montagneux qu’il a pu observer là-bas. C’était donc un rêve que j’avais en tête depuis des années, partir à l’aventure sur les traces des écrivains aventuriers français comme Alexandre Poussin", confie Louis-Xavier à Aleteia. Un rêve qui a pris tout son sens après un voyage du jeune homme au Sénégal durant plusieurs mois, où il a vécu dans l'abbaye Keur Moussa. "C’est là que j’ai compris que ce serait beau de prendre du temps auprès de communautés catholiques isolées", explique-t-il. Au fur à mesure, son projet est né et s’est concrétisé grâce au soutien de l’AED (Aide à l’Église en Détresse). C’est le parrain de Louis-Xavier qui lui a fait découvrir cette cette fondation pontificale qui soutient les chrétiens menacés alors qu'il cherchait quelqu’un pour le soutenir et avoir un projet solide qui puisse avoir du sens et porter du fruit.

Louis-Xavier Durieux, 11.000 kilomètres à vélo sur les routes de la foi

Grâce au programme 'Témoins d'Espérance' de l'AED, Louis-Xavier a réussi à bâtir un itinéraire précis. "L’AED m’a soutenu sur trois aspects : en me mettant en contact avec les différentes communautés catholiques, en finançant une petite partie de mon voyage, en me remettant une lettre de mission ecclésiale que je présentais à chaque fois à une communauté pour appuyer mon projet et signifier que je n’étais pas qu’un simple vagabond", détaille Louis-Xavier. Au-delà de la préparation physique, le jeune homme s’est surtout préparé spirituellement à son voyage. Une préparation qu’il juge essentielle car "un chrétien seul est un chrétien en danger". "Je suis proche des dominicains à Marseille. Le voyage, ils connaissent bien. Mon père spirituel m’a conseillé sur ce comment garder la solidité dans la foi car je savais que je n’aurais pas de messe tous les dimanches. Il m’a conseillé de dire le chapelet tous les jours, l'angélus trois fois par jour et de ne pas s'endormir le soir sans avoir écrit une ligne sur mon journal de bord. Ça m’a servi et sauvé beaucoup de fois."

Des paysages grandioses et des rencontres bouleversantes

Son voyage l’a conduit de Marseille à la Cappadoce, la Turquie, en passant par l’Arménie, la Géorgie, le Tadjikistan, le Kazakhstan, la Chine jusqu’à la Mongolie. Un itinéraire qu’il a dû adapter aussi en fonction de l’actualité géopolitique. Chaque étape a été une invitation à la contemplation et à la méditation, au contact d’une nature sauvage et d’une histoire chrétienne parfois oubliée. "Tous les pays m’ont marqué. La Mongolie est grandiose : les steppes sauvages, le silence profond et assourdissant et en même temps qui remplit l’âme du voyageur… Au Tadjikistan, le paysage est rocailleux et mène à la contemplation et à un vrai dialogue avec Dieu. C’est un paysage qui transcende. C’est difficile de traverser à vélo les cols et les montagnes mais cette épreuve intense est récompensée par l’ivresse des descentes. En Turquie, dans la région de Cappadoce, la roche est témoin du passé chrétien qui prend aux tripes avec les fresques murales préservées", énumère l’aventurier.

Louis-Xavier Durieux, 11.000 kilomètres à vélo sur les routes de la foi

Mais plus encore que les paysages, ce sont les rencontres qui ont profondément marqué le jeune homme. "À chaque fois que j'allais dans une communauté, je vivais trois ou quatre jours à ses côtés pour m'imprégner d'une ambiance paroissiale. C’est beau de voir des missionnaires qui viennent du bout du monde pour servir Dieu dans un don complet", raconte-t-il. Ainsi, il a rencontré en Mongolie, des missionnaires venus d’Afrique. "Totalement dépaysés, ils se donnent pourtant cœur et âme à leur mission", souligne Louis-Xavier. À Jalal-Abad, au Kyrgyzstan, il a fait connaissance d’un prêtre Polonais qui était seul dans sa paroisse. Tous les dimanches, il allait chercher avec son van de 15 places des habitants pour qu’ils puissent assister à la messe car tout le monde n’avait pas d’argent pour payer le ticket de bus. Au Tadjikistan, un pays de neuf millions d’habitants où il n’y a que 120 catholiques, il a découvert avec surprise que malgré un si petit nombre de chrétiens, quatre vocations y sont nées. Au Kazakhstan, dans une ville à 30 km de la frontière chinoise, c'est le père Benjamin qui a marqué le cœur du jeune homme. Il venait de Tatarstan, une république de la Russie, et était moine orthodoxe avant de devenir prêtre catholique il y a trois ans. "Il célèbre la messe seul, il n’a pas de paroissiens, seulement deux ou trois personnes pour Noël ou Pâques. Il vit dans la solitude et dans un don complet pour l’Eucharistie. Il était en larmes quand je partais et m’avais dit que j’étais la plus belle chose qui lui soit arrivée dans sa vie", se souvient Louis-Xavier.

Mais c’est dans un petit village très islamiste de Turquie qu’il a fait l’une de ses plus belles rencontres. En cherchant l'hospitalité pour une nuit, il a été accueilli par un jeune homme de 25 ans qui lui a avoué être chrétien. "Ses parents lui avaient transmis la foi en Christ, mais il le cachait de peur de retombées. Il n’est jamais allé à la messe et ne connaissait pas de prières. En partant, je lui ai offert un chapelet, il était en larmes. C’était puissant ! La Providence m’a mis sur mon chemin. C’était une vraie rencontre avec un de ces chrétiens isolés qu'on oublie souvent et qui se cachent", précise Louis-Xavier. Autant d’échanges qui témoignent d’une foi vivante, porteuse d’espérance, malgré la solitude et les persécutions.

Une aventure marquée par des épreuves et une foi intense

Le voyage de Louis-Xavier n’a pas été sans difficultés. Entre une agression en Géorgie en pleine nuit, des pneus de vélo crevés, des conditions climatiques parfois dures et une solitude pesante, Louis-Xavier a dû puiser dans ses ressources mentales et spirituelles. "La solitude a été la plus belle chose qui me soit arrivée mais en même la chose plus difficile. L’une des plus grandes souffrances était celle de ne pas pouvoir partager avec un être cher les joies, les bonheurs mais aussi les peurs de ce voyage". Cette aventure l’a totalement plongée dans l’abandon et la confiance en Providence. "La foi soulève les montagnes", affirme-t-il, soulignant combien il se sentait protégé par le Bon Dieu ainsi que par son ange gardien. "Le fait de se savoir suivi sur les réseaux sociaux était aussi précieux. C’est difficile de pédaler seul et c’était superbe de savoir que des gens étaient touchés par mon projet, ça donnait envie de continuer. Un vieux Monsieur m’avait écrit : “Vous m’avez donné le goût d’une vie dans les pas de Jésus”. C’est ce type de messages qui valide entièrement le projet", raconte-t-il, ajoutant qu’il pouvait également compter sur sa famille et ses amis qui lui envoyaient régulièrement des messages. C’est ainsi qu’il a trouvé dans ce périple un chemin de croissance humain et spirituel.

On doit montrer au monde la beauté de la foi de ces missions pleines de joie et d'espérance car tout passe par elles et c’est ce dont on a besoin aujourd’hui.

Un appel à témoigner de sa foi 

De retour en France depuis quelques semaines, Louis-Xavier sera présent au Jubilé des Jeunes à Rome, aux côtés de l’AED, pour raconter son incroyable aventure. "L’Église a besoin de nos prières et de notre engagement", insiste-t-il. Pour lui, il ne faut pas oublier les frères chrétiens isolés qui, malgré les difficultés, vivent une espérance et une joie profondes, sources d’inspiration pour tous.

Se souvenant des paroles que le pape François a prononcées à Paul Bablot, un jeune qui est parti en vélo de la Thaïlande à la France à la rencontre des communautés chrétiennes, il estime que les jeunes doivent témoigner de leur foi. "Le pape François avait dit à Paul : “C’est très beau ce que tu as fait mais si tu ne témoignes pas tu n'as fait que 50% de ton voyage”. Les jeunes doivent s'engager et vivre leur foi de manière publique. On doit montrer au monde la beauté de la foi de ces missions pleines de joie et d'espérance car tout passe par elles et c’est ce dont on a besoin aujourd’hui", conclut Louis-Xavier, animé désormais par l’envie de partager et transmettre l’espérance chrétienne.

Pratique

Louis-Xavier Durieux sera présent aux côtés de l'AED au Jubilé des Jeunes à Rome pour raconter son incroyable aventure du 28 juillet au 3 août.



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