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Violences à Soueïda : les chrétiens paient le prix du chaos syrien

Desa affrontements sanglants ont eu lieu entre druzes et bédouins, causant la mort de plus de 1.000 personnes au 21 juillet 2025.

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Cécile Séveirac - publié le 22/07/25
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Dans le sud de la Syrie, des affrontements sanglants entre druzes et bédouins ont fait plus de 1.000 morts, provoqué l’intervention de l’armée israélienne et le déplacement de dizaines de milliers de civils. En toile de fond, les chrétiens syriens subissent pillages, assassinats et exodes forcés, victimes collatérales de tensions qui les poussent un peu plus chaque jour vers la disparition.

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Dans une Syrie qui continue de brûler, la minorité chrétienne se retrouve encore une fois prise en étau, victime éternelle de la fragmentation communautaire. Des affrontements d'une grande violence entre druzes et bédouins dans la région de Souweïda, au sud du pays, ont causé la mort de plus de 1.000 personnes, selon le dernier bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Des centaines d'exécutions sommaires de civils druzes ont été recensées. 354 membres des forces gouvernementales et 21 bédouins sunnites ont été tués, parmi lesquels trois civils "exécutés par des combattants druzes".

Mi-juillet, de violents combats ont débuté entre druzes et bédouins sunnites. Les forces armées du gouvernement d’Ahmed al-Charaa, au pouvoir depuis décembre 2024 après avoir renversé Bachar-Al-Assad, sont entrées dans la ville de Soueïda afin d'y rétablir l'ordre, mais se seraient elles-mêmes rendues coupables d'exactions en combattant aux côtés des bédouins. En soutien à la minorité druze, très présente en Israël, l'armée israélienne a donc bombardé plusieurs sites du gouvernement syrien à Damas et ailleurs dans le pays, avant qu'un cessez-le-feu ne soit déclaré. Près de 130.000 personnes ont été déplacées par ces accès de violences, rapporte l'ONU.

Au milieu du chaos, la minorité chrétienne n'a pas été épargnée. Un pasteur évangélique ainsi que toute sa famille ont été brutalement assassinés dans des circonstances encore obscures, bien que les soupçons s'orientent vers les bédouins ou les autorités, rapporte à Aleteia l'Œuvre d'Orient. D'origine druze, il était converti au christianisme et venait du Liban. "La mort de Khaled n’est pas liée à sa foi chrétienne, mais à son identité druze. Ce drame illustre cependant l’insécurité persistante à Soueïda, où les civils, quelle que soit leur foi, sont de plus en plus vulnérables à la violence, à l’exil et à la peur", a indiqué un partenaire de l’ONG Portes Ouvertes pour le Levant à Évangeliques.info.

Des églises incendiées

Selon l'Œuvre d'Orient, des habitations de trois villages mixtes entre chrétiens et druzes ont été pillées puis brûlées. L'église melkite du village de Sara a également été incendiée et plusieurs centaines de personnes ont actuellement trouvé refuge dans la paroisse melkite de Shorba, l'église des pères capucins et l'archevêché grec-orthodoxe de Sweida sans eau, ni nourriture, ni électricité.

L'église melkite du village de Sara a été incendiée.

Sur place, les chrétiens sont sur le qui-vive, bien que les affrontements entre les druzes et le pouvoir central ne datent pas d'hier, rappelle Vincent Gelot, chargé de mission pour l'Œuvre d'Orient en Syrie et au Liban. "Ces conflits existaient déjà à l'époque d'Assad", mais l'intensité des violences et l'implication des autorités dans les massacres contre des civils "principalement druzes" sont "inacceptables", dénonce-t-il. Une aide d'urgence a été déclenchée par l'Œuvre d'Orient pour soutenir les déplacés chrétiens et reconstruire leurs maisons entièrement brûlées.

Une communauté menacée de disparition

Fragilisés par des années de guerre civile et de terrorisme, vivant comme 95% de la population syrienne sous le seuil de pauvreté, les chrétiens de la terre de saint Paul sont plus que jamais confrontés à l'éternel dilemme du "partir ou rester". La communauté chrétienne de Syrie avait déjà été touchée quelques semaines plus tôt par un attentat-suicide dans une église de Damas; puis par l'incendie criminel d'une église grecque melkite catholique à Al-Soura al-Kabira (sud-ouest du pays).

En mars, des massacres ayant majoritairement ciblé les alaouites avaient aussi fait plusieurs morts chez les chrétiens, relançant les inquiétudes quant à l'état sécuritaire du pays. Loin de régler les tensions intercommunautaires, l'arrivée au pouvoir d'Ahmed al-Charaa à la tête du groupe djihadiste HTC, Hayat Tahrir al-Cham ne semble qu'aggraver le chaos et la confusion. Et les chrétiens de Syrie en paient le prix : eux qui vivent sur cette terre depuis plus de 2.000 voient leur nombre systématiquement réduit à mesure que passent les années. Ils étaient environ 2 millions avant les printemps arabes, en 2011, contre 500.000 en 2024.

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