À Gaza, la situation humanitaire est devenue "moralement inacceptable", a déclaré ce mardi 22 juillet le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa. Le cardinal s'est rendu vendredi 18 juillet dans l'enclave palestinienne, ravagée après 21 mois de guerre. "Nous avons vu des hommes attendre pendant des heures sous le soleil dans l'espoir d'un simple repas", a déclaré Mgr Pizzaballa, qualifiant cette situation d'injustifiable. Face à la presse, à Jérusalem, le patriarche a décrit la bande de Gaza comme un "lieu de dévastation" : immeubles effondrés, tentes éparpillées partout sur le territoire où s'entassent des familles "ayant tout perdu".
Le Christ n'est pas absent de Gaza. Il est là, crucifié parmi les blessés, enseveli sous les décombres, et pourtant présent dans chaque acte de miséricorde.
"L'aide humanitaire n'est pas seulement nécessaire, c'est une question de vie ou de mort. La refuser n'est pas un retard, mais une condamnation. Chaque heure passée sans nourriture, eau, médicaments et abri cause de profonds dommages", a encore déclaré avec force Mgr Pizzaballa, tout en relevant l'espérance rencontrée au milieu des décombres. "Au milieu de tout cela, nous avons rencontré quelque chose de plus profond que la destruction : la dignité de l'esprit humain qui refuse de s'éteindre. Le Christ n'est pas absent de Gaza. Il est là, crucifié parmi les blessés, enseveli sous les décombres, et pourtant présent dans chaque acte de miséricorde, chaque bougie dans l'obscurité, chaque main tendue vers ceux qui souffrent", a ainsi déclaré le patriarche latin en appelant à la fin des combats et la mise en place effective d'une véritable aide humanitaire pour la population gazaouie. "Ne faisons pas de la paix un slogan, alors que la guerre reste le pain quotidien des pauvres", a-t-il conclu.
Quelques jours plus tôt, le 17 juillet, la présence chrétienne de la bande de Gaza, discrète mais tenace, a pris un nouveau coup de massue après la mort de trois catholiques de la paroisse de la Sainte Famille. Une frappe israélienne a touché le toit de la petite église qui accueille encore aujourd'hui des centaines de chrétiens ainsi que d'autres réfugiés de diverses confessions. Une enquête est en cours pour déterminer s'il s'agissait d'une frappe volontaire ou d'une "erreur" comme l'a affirmé l'ambassadeur d'Israël en France, une hypothèse remise en cause par le cardinal Pietro Parolin lui-même. Dans un entretien aux médias du Vatican, le cardinal secrétaire d’État a expliqué pouvoir "légitimement douter" de cette explication et attendre que l’enquête soit menée avec "tout le sérieux nécessaire".
Le Vatican change de ton
"La situation à Gaza est véritablement intenable", a aussi déclaré le cardinal Parolin à la la chaîne de télévision italienne RA. "Comment une population comme celle de Gaza peut-elle être détruite et affamée de cette façon ? De nombreuses limites ont déjà été franchies", a notamment questionné le cardinal. Le pape Léon XIV a déploré la violence de la frappe sur la paroisse catholique, demandant une nouvelle fois que "cesse immédiatement la barbarie de la guerre" et "qu’une résolution pacifique du conflit soit atteinte".
L'armée israélienne a cependant annoncé lundi étendre son offensive dans un nouveau secteur de la bande de Gaza, à Deir al-Balah, dans le centre du territoire. Une opération que le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a condamné dans la foulée "avec la plus grande fermeté". "Il n’y a plus aucune justification aux opérations militaires de l’armée israélienne à Gaza, a-t-il dénoncé. C’est une offensive qui va aggraver une situation déjà catastrophique, qui va provoquer de nouveaux déplacements forcés de populations", a-t-il fustigé. Outre les bombardements, les habitants sont confrontés au risque accru de famine. Selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), un enfant sur dix examinés dans ses centres médicaux souffre de malnutrition. L’Unicef estime que plus de 5.800 enfants ont été diagnostiqués en juin comme souffrant de malnutrition à Gaza, dont plus de 1.000 cas sévères.








