L’Académie Saint-Louis de Chalès, un collège-internat pour garçons situé à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher), ouvrira bien ses portes à la rentrée, en dépit d'une opposition acharnée. L'Académie Saint-Louis de Chalès est une école catholique fondée sur une vision intégrale de l’éducation, qui répond à la volonté des fondateurs de réunir le meilleur de l’excellence académique française et de la pédagogie anglo-saxonne. "Le projet est né d’une conviction éducative forte, celle de déployer, en vue de la croissance de l’élève, les talents intellectuels, mais aussi artistiques et sportifs", confiait en février dernier l’un des cofondateurs à Aleteia.
Un projet qui a provoqué de vives réactions, aussi bien dans la sphère éducative que politique. Le 3 mars 2025, un premier communiqué, co-signé par une quinzaine d’organisations syndicales, associatives et politiques, s’inquiétait de "la place prépondérante accordée à la religion" et du risque "d’endoctrinement des élèves" en raison notamment de la participation financière de l’homme d’affaires Pierre-Édouard Stérin dans le projet. Les signataires demandaient au préfet et aux autorités de l’Éducation nationale de s’opposer à l’ouverture de l’établissement.
Une opposition acharnée
La demande d’ouverture de l’établissement a été déposée le 18 avril auprès du rectorat. Ce dernier, conformément à la loi, disposait de trois mois pour s’opposer à l’ouverture de l’établissement. Quelques jours avant la date butoir, 160 personnalités et 30 organisations ont fait part de leur opposition à l’ouverture de l’école dans une lettre ouverte datée du 8 juillet et adressée le 11 au recteur de l’académie d’Orléans-Tours, au préfet du Loir-et-Cher et au procureur de la République de Blois. "Au nom de la protection de la jeunesse et du caractère non-scolaire de cet établissement, au nom du respect des principes fondamentaux de notre République, au nom des intérêts fondamentaux de la Nation, nous vous demandons de vous opposer à l’ouverture de l’Académie Saint-Louis", ont demandé les signataires du texte, parmi lesquels l’ancien ministre de l’Éducation Benoît Hamon, l’ex-candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel ou la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, pointant encore "un risque d’endoctrinement des élèves" et "une académie politique au service d’une idéologie".
Les auteurs accumulent les accusations, notamment de non-respect de la laïcité, dénonçant "un attachement profond à la religion chrétienne", qualifiant les projets d’éducation à la vie affective de l’établissement d’ "affligeants" (parce que respectueux de l'identité sexuelle naturelle) et remettant en cause le système de "capitainerie", y voyant là la cause d’abus et de violences. Ils évoquent également la présence de Pierre-Édouard Stérin dans le projet, dont le but serait de "former les futurs cadres politiques de l’extrême droite".
Défense du projet par des acteurs locaux
En réponse à cette lettre, plusieurs soutiens de l'Académie Saint-Louis de Chalès, dont le député RN du Loir-et-Cher Roger Chudeau, les maires de plusieurs communes, des futurs parents d’élèves, des chefs d’entreprise, ont défendu l’initiative au nom de la liberté d’enseignement à travers une tribune intitulée "L’Académie Saint-Louis de Chalès, une chance pour nos enfants et notre territoire", publiée dans Le FigaroVox le 16 juillet. "L’Académie Saint-Louis de Chalès est avant tout une école", soulignent les auteurs avant de rappeler que "la liberté d’enseignement est un principe fondamental de notre République" et que "chaque parent reste libre de choisir ou non cette alternative éducative".
Une tribune qui dénonce les "amalgames" et les "attaques" qui ont visé l’école avant même son ouverture. "Cette école est attaquée non pas pour ce qu’elle fait, mais pour ce qu’elle représente : une proposition alternative, crédible, ancrée dans des valeurs chrétiennes", s’insurgent les signataires. Ils concluent en soulignant l'objectif "simple" et "noble" du projet : "instruire, transmettre et accompagner nos jeunes vers le meilleur d’eux-mêmes, dans le respect de leurs familles et des lois de la République française".
Feu vert du rectorat
Le rectorat a finalement rendu sa décision fin de semaine dernière. Après l'étude du dossier, "aucun motif mentionné à l'article L. 441-1 du Code de l'éducation, pour lesquels le recteur, le maire, le préfet ou le procureur de la République peuvent s'opposer à l'ouverture d'un établissement privé hors contrat, n'a été relevé", a annoncé le rectorat de l'Académie d'Orléans-Tours.
"Les inquiétudes suscitées par ce projet ont été entendues. Dès les premiers mois de l'année scolaire 2025-2026 l'établissement fera l'objet d'un contrôle, comme le prévoit la loi", a ajouté le rectorat. Conformément aux dispositions légales, l'établissement spécifie d'ailleurs sur son site internet qu'il "collabore étroitement avec les services du rectorat, de la préfecture et du diocèse" pour garantir que le projet éducatif respecte "non seulement les standards académiques, mais aussi les valeurs républicaines fondamentales".
Le feu vert du rectorat est une excellente nouvelle pour l’école et ses futurs élèves : "Nous apprenons cette bonne nouvelle pour les nombreuses familles ayant fait le choix d’inscrire leurs enfants à l’Académie Saint-Louis de Chalès", a réagi l'établissement, assurant se tourner désormais "vers la rentrée, avec le souci constant de servir au mieux les jeunes et la région qui [l’] accueille."









