L'Eglise catholique srilankaise a réclamé ce lundi 21 juillet un procès criminel pour Nilantha Jayawardena, un haut responsable de la police, limogé pour avoir délibérément ignoré les alertes qui ont précédé les attentats jihadistes meurtriers commis dans l'île en 2019.
Les catholiques du Sri Lanka réclament toujours la vérité sur les massacres de Pâques 2019. À l'époque chef des services de renseignement, Nilantha Jayawardena a été révoqué de ses fonctions de directeur adjoint de la police pour ne pas avoir tenu compte d'informations annonçant les attaques suicides qui ont fait 279 morts. Des enquêtes ont établi que Nilantha Jayawardena avait été alerté d'une opération imminente dix-sept jours avant les attentats ayant ciblé trois églises et trois hôtels le 21 avril 2019, les plus meurtriers depuis la fin en 2009 de la guerre civile.
Lundi, le porte-parole de l'épiscopat catholique, Cyril Gamini Fernando, s'est réjoui de la sanction infligée par la Commission nationale de la police, l'autorité indépendante chargée de son contrôle : "Cette (décision) le sanctionne disciplinairement, nous souhaitons maintenant que les autorités enquêtent sur son rôle exact dans ces attentats", a déclaré Cyril Gamini Fernando devant la presse. "Nous voulons qu'il soit poursuivi par la justice", a-t-il insisté. "Six ans après (...) nous voulons la vérité sur les organisateurs de l'attaque".
Des Témoins de la foi au Sri Lanka
Des enquêtes menées après ces attentats, attribués à un groupe jihadiste local qui a prêté allégeance au groupe État islamique (EI), ont identifié des liens entre leurs auteurs et des unités des services de renseignement militaires du pays. L'Église catholique estime que ces attentats ont favorisé la réélection du président de l'époque, Gotabaya Rajapaksa. La famille de ce dernier a démenti ces accusations. Alors dans l'opposition, l'actuel président, Anura Kumara Dissanayake, avait lancé la même accusation. L'épiscopat accuse depuis les gouvernements qui se sont succédé à la tête du Sri Lanka de protéger ses instigateurs et leurs complices.
Les 167 fidèles catholiques qui avaient été tués lors des attentats de Pâques le 21 avril 2019 au Sri Lanka vont être intégrés au catalogue des "Témoins de la foi" du XXIe siècle a annoncé en mai dernier Mgr Malcolm Ranjith à Colombo, capitale sri lankaise, au cours d'une veillée en mémoire des victimes. Se référant à la communication officielle reçue du Dicastère, l'archevêque a expliqué que ce choix "vise à honorer leur sacrifice motivé par la haine de la foi".












