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Prêtres, osez le coaching !

Prêtre avec un paroissien.

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Ludovic Lécuru - publié le 20/07/25
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La mission spirituelle des prêtres est souvent encombrée par de multiples tâches de gouvernance, sources de difficultés et de préoccupations. Moine bénédictin, ancien curé de paroisse, le père Ludovic Lécuru montre dans son dernier livre, "Une chance pour vos talents" (Salvator), comment l’accompagnement des prêtres dans la conduite de leurs responsabilités pratiques multiples peut les aider à trouver la sérénité dans l’action.

Le prêtre reçoit le sacerdoce par l’imposition des mains et le don du Saint-Esprit. Configuré au Christ pour agir en son nom, il est l’homme du sacré. Le prêtre sait prier et transmettre la parole de Dieu à ceux qui lui sont confiés. Il célèbre les sacrements du salut. Au début du XXe siècle, la France comptait plus de 100.000 prêtres de paroisse, sans compter les milliers de religieux et religieuses impliqués dans la santé, l’éducation, les missions paroissiales. Un siècle plus tard, les prêtres diocésains en activité sont moins de 9.500, avec une moyenne d’âge de 75 ans, l’âge de leur retraite. Leur mission se complexifie du fait d’une diversité d’attentes teintées de consumérisme religieux. 

L’Église est aussi une entreprise

Notons que le mot ministère, terme qui englobe l’ensemble des activités du prêtre, vient du vieux mot mestier. Le mestier de proximité et de service du prêtre fait de lui un professionnel de la relation, de la communication, de l’organisation, de la vision, de la tradition, de l’innovation, de la coordination, de la délégation, de la décision et, par-dessus tout, de la communion. En demande-t-on autant à un cadre supérieur, à un chef d’entreprise ou à un haut fonctionnaire ?

L’Église de France, c’est aussi 12.000 contrats de travail à temps plein ou partiel, autant que les plus grosses entreprises présentes dans l’Hexagone. Ces salariés des diocèses, paroisses, sanctuaires et communautés religieuses, sont secrétaires, économes, comptables, attachés de communication, personnel d’entretien, etc. Il faut leur ajouter les myriades de laïcs consacrés ou bénévoles qui réalisent un travail considérable. Dire que l’Église est une entreprise en choque beaucoup. Tout dépend de ce que l’on met sous le mot entreprise. Une entreprise est une structure qui produit un bien répondant à un besoin. N’est-ce pas ce qui caractérise d’une certaine manière l’Église ? Elle propose un Bien : une Parole qui est une Bonne Nouvelle ; laquelle répond à un besoin : un salut. L’Église doit s’appliquer à mettre ce bien à la disposition de tous avec une compétence non moins nécessaire que les fondamentaux spirituels, philosophiques ou théologiques.

Déployer des solutions efficaces

Ces dernières années, s’est développé dans les entreprises une forme d’accompagnement individuel ou collectif qui permet aux personnes de déployer des solutions efficaces et adaptées à leur contexte. Cela s’appelle le coaching, du mot anglais coach, véhicule qui conduit une personne d’un lieu à un autre. Dans le milieu clérical, ce type d’accompagnement est souvent perçu en contradiction avec la confiance en Dieu. Il est facile de se cacher derrière des habitudes religieuses pour empêcher tout changement ("il faut porter sa croix", "Dieu pourvoira…") et ne pas remettre en cause des fonctionnements qui ont atteint leurs limites.

Dans toute activité professionnelle, y compris ministérielle ou relevant d’une charge communautaire, la gestion des ressources humaines et matérielles, la gestion des conflits, le choix des priorités, la communication, la délégation, le développement des talents personnels, etc., ne s’apprend que lorsque l’on est confronté à des défis de gouvernance. Mal gérés, ces défis peuvent drainer l’essentiel des forces naturelles du prêtre au détriment de tous. Plutôt que maintenir un modèle au détriment de son inspiration et de ses talents, un coaching va permettre au clerc en responsabilité de transformer une plainte en challenge, un obstacle en opportunité, un échec en apprentissage, et l’amener à dire : "J’arrête de faire toujours la même chose puisque ça ne marche plus, je préfère m’y prendre comme ça, cette solution me convient mieux." 

Un chemin de sérénité

On le voit, le service de Dieu n’empêche pas le professionnalisme. L’accompagnement spirituel est nécessaire et durable puisque son enjeu est la sainteté. Un accompagnement professionnel est ponctuel et pratique puisque son enjeu est la sérénité dans l’action. Il est donc bon de faire la part de ce qui est d’ordre pratique de qui est d’ordre spirituel et en rapport avec la vie de la grâce. 

Le coaching professionnel se révèle ainsi un formidable chemin de sérénité au milieu des multiples enjeux humains et pastoraux auxquels le prêtre et toute personne consacrée est confrontée en ces temps de renouveau missionnaire. 

Pratique

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