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Trois saints qui se sont libérés du piège de la comparaison

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Daniel Esparza - publié le 19/07/25
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Si regarder la vie des autres peut être inspirant, cela peut vite pousser à la comparaison et blesser l’âme. Voici trois saints qui montrent comment ne pas tomber dans ce vice et suivre sa propre voie.

À l'ère du numérique et des réseaux sociaux, il est facile de tomber dans le piège de la comparaison et d'avoir l'impression que tout le monde s'en sort mieux ou vit plus heureux. Ce sentiment n’est pas nouveau. Le désir humain de se mesurer aux autres est né bien avant l’apparition des réseaux sociaux. À travers l'histoire, les saints ont été confrontés à la même tentation. Mais au lieu de rivaliser avec les autres, ils ont ancré leur vie dans l'amour, et non dans la comparaison. En voici trois qui montrent qu'il n'est pas nécessaire d'être le plus célèbre pour être profondément fidèle.

1Sainte Claire d'Assise 

Née dans la noblesse en 1194, Claire a grandi dans un monde qui attendait d'elle qu'elle fasse un beau mariage et préserve le prestige de sa famille. Inspirée par la pauvreté radicale de saint François, elle a renoncé à tout, même à ses cheveux, qu’elle a coupés en signe de sa nouvelle vie. Tandis que François devenait une figure publique, prêchant dans toute l'Italie, Claire restait derrière les murs du couvent. Mais elle n'était pas pour autant une disciple passive. Elle dirigea les Pauvres Dames de Saint-Damien avec une conviction farouche, défendant leur vœu de pauvreté même face aux pressions de l'Église pour l'assouplir. Elle rédigea aussi la première règle monastique connue écrite par une femme. Sainte Claire ne cherchait pas à copier saint François. Elle vivait l'Évangile comme elle seule savait le faire : silencieusement, fermement et avec une joie profonde. Sa vie rappelle qu'honorer sa propre vocation est bien plus puissant qu'imiter celle d'autrui.

2Sainte Joséphine Bakhita 

Sainte Josephine Bakhita
Sainte Josephine Bakhita

Née vers 1869 au Darfour, Joséphine a été enlevée à l'âge de 7 ans, réduite en esclavage et vendue à plusieurs reprises. On lui donna le nom de "Bakhita", qui signifie "chanceuse", une cruelle ironie face à son tragique sort. Emmenée finalement en Italie et placée chez les Sœurs canossiennes, elle a été initiée au catholicisme et baptisée à 21 ans. Lorsque ses anciens "propriétaires" ont tenté de la récupérer, elle a refusé de revenir, et la loi italienne se rallia à sa liberté. Joséphine entra chez les Sœurs et passa plus de 40 ans à un service discret : cuisine, couture et accueil des visiteurs à la porte du couvent. Les gens affluaient vers elle non pas parce qu’elle était impressionnante aux yeux du monde, mais parce qu’elle rayonnait de paix. "On m’a tant donné, je suis aimée et attendue", dit-elle un jour. Sa dignité ne se gagnait pas par comparaison. Elle a été reçue comme un don.

3Saint Jean-Marie Vianney 

Statuette de saint Jean Marie Vianney. Célébration au sanctuaire d'Ars, 18 juillet 2009.

Né en 1786 dans une région rurale de France, Jean-Marie Vianney a connu des difficultés en études, notamment en latin. Il a même failli ne pas terminer le séminaire. Lorsqu'il est enfin devenu prêtre, il a été affecté au petit village d'Ars, un lieu si méconnu où même les catholiques locaux avaient cessé d'assister à la messe. Mais Jean-Marie ne cherchait pas à impressionner. Il a prié, jeûné et passé de longues heures à confesser. La nouvelle s’est répandue et bientôt des milliers de personnes sont venues à Ars chaque année. À sa mort, il était devenu un géant spirituel, non pas parce qu'il se démarquait, mais parce qu'il tenait bon.

Le curé d’Ars a dit un jour : "Nous sommes tous faits pour briller là où Dieu nous place." Par son humble vie, il a prouvé au monde que la sainteté n'a pas besoin de faire la une des journaux. Tous ces saints n'ont pas "gagné" en surpassant les autres. Ils ont trouvé la liberté en embrassant leur propre voie. Dans un monde obsédé par la comparaison, ils montrent, qu’en fin de compte, la sainteté ne consiste pas à être plus, mais à être vrai.

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