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Entre des parents qui tentent tant bien que mal de contrôler l’utilisation du téléphone de leur enfant et des adolescents parfois complètement dépendants d’un objet devenu le prolongement d’eux-mêmes, le dialogue est loin d'être évident. C’est pour favoriser les discussions autour de ce sujet sensible que Jean Pouly a imaginé le "Smartphone Show". Des ateliers collectifs qui réunissent pendant trois heures une douzaine de binômes parent-enfant pour explorer, éloignés de tout objet numérique, les usages – les bons comme les moins bons – du smartphone.
"Certes les parents ont des outils à disposition, comme les contrôles parentaux, mais le plus important me semble-t-il, c’est d’instaurer le dialogue entre les parents et leur adolescent, et de découvrir ensemble les pouvoirs du téléphone, mais aussi ses limites et ses dangers", explique Jean Pouly. "Le but n’est pas de diaboliser le smartphone, mais d’offrir ce temps privilégié, en dehors de la maison, pour faire le point sur l’usage que chacun fait du téléphone et prendre conscience de ce qui se joue derrière afin de prendre, à la lumière de cette réflexion commune, des engagements concrets."

L’initiative a été lancée pour la première fois à Lyon en mai 2023. Depuis, le "Smartphone Show" a été mis en place dans des maisons des familles mais aussi dans des collèges et des lycées de la région lyonnaise. Diane a fait l’atelier avec sa fille de 13 ans. "Le plus beau, dans cette matinée, confie la jeune fille, c’est que je me suis sentie considérée, écoutée, sur un pied d’égalité avec les adultes. J’ai envie qu’on trouve des moyens, des applications de gestion du temps, des défis pour que le smartphone trouve sa juste place dans notre famille", continue-t-elle. Pour sa mère, cette matinée a été un véritable cadeau : "Je ne suis plus dans le rôle de la police, ensemble, on veut apprendre et progresser dans notre usage du téléphone, et que ma fille soit moteur sur ce sujet, c’est incroyable !"
"Super pouvoirs" et "poisons", l'ambivalence du numérique
Le temps d’une matinée, d'une après-midi ou d'une soirée, parents et enfants sont d’abord invités à exprimer, à l’aide d’une photo, leurs attentes et leurs besoins, et à réfléchir à leur propre utilisation du téléphone. Ils réfléchissent seul, échangent ensuite en binôme puis partagent en groupe. À l’aide d'une pédagogie bien ficelée, l’animateur les guide pour explorer les "super pouvoirs" du smartphone. Par "super pouvoirs", le créateur du "Smartphone Show" entend par exemple l’accessibilité H24 du téléphone, sa rapidité, le fait qu’il ait réponse à tout, qu’il offre des réponses sur mesure grâce aux algorithmes, etc.
Jean Pouly fait ensuite remarquer que ces "super pouvoirs" ont des côtés bénéfiques (praticité, utilité, sécurité…) mais contiennent aussi des dangers et des limites. "Les participants vont ainsi explorer l’ambivalence des nouvelles technologies", souligne-t-il. Il s’agit ensuite d’identifier les poisons liés à l’usage de leur téléphone. "Quand je scrolle sur les réseaux, je n’arrive plus à m’arrêter et je sens que je perds mon temps" ou encore "je ne peux pas m’empêcher de regarder les likes". Un exercice qui pousse à s’écouter mutuellement et qui fait ressortir des éléments que les participants ne s’étaient généralement jamais confiés.
Des "antidotes" à imaginer
Une fois les "poisons" identifiés, reste à trouver les "antidotes". Si l’animateur peut intervenir pour donner quelques conseils ou solutions, c’est d’abord à chaque participant de trouver des solutions en vue de changer ses habitudes. "Chacun réfléchit à ce qu’il peut faire pour équilibrer son usage du téléphone", souligne Jean Pouly. Cela peut être de ne pas dormir avec son téléphone à côté, de mettre l’écran en noir et blanc, de ne rendre accessible les réseaux sociaux que depuis un ordinateur, de prévenir son entourage de son usage du numérique…

Un temps est ensuite réservé pour exprimer ses accords et ses désaccords, le fait que l’on peut avoir besoin de l’aide de l’autre pour tenir ses décisions et enfin pour définir des engagements. "Chaque participant repart avec au moins un engagement simple et atteignable. Ces décisions ne peuvent naître que parce que le parent et l’adolescent se sont déplacés, qu’ils se sont parlé et qu’ils ont partagé", constate Jean Pouly.
Face à la demande grandissante, Jean Pouly a formé récemment 25 animateurs afin de déployer l’atelier dès la rentrée dans une douzaine de villes. À partir de la rentrée 2025, des ateliers "Smartphone Show" seront proposés à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Caen, Toulon, Chambéry, Orléans, Nancy mais aussi à Bruxelles et à Londres.
Pratique
Plus d'informations sur le site "Smartphone Show".









