L’église catholique de la Sainte-Famille à Gaza a été la cible ce jeudi 17 juillet au matin d’un bombardement israélien. Trois personnes ont été tuées et le curé, le père Gabriel Romanelli, a été blessé. Une attaque que Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de L'Œuvre d'Orient, condamne "avec la plus grande fermeté". "Ce raid n’est pas plus grave parce que ce sont des chrétiens, mais nous avons le droit – et le devoir – de réagir de manière particulière vis-à-vis de ces frappes qui visent nos frères", poursuit-il. Après l’agression du village chrétien palestinien de Taybeh, il s’interroge : "S’agit-il d’une nouvelle attitude du gouvernement israélien envers les communautés chrétiennes ?"
Aleteia : Comment réagissez-vous au raid perpétré par l’armée israélienne contre l’église de la Sainte-Famille de Gaza ?
Ma réaction est claire et limpide : ce bombardement sur cette église est totalement intolérable. C’est un lieu de culte qui doit être respecté. La communauté chrétienne est pacifique, cette paroisse a un rôle pacificateur et est au service et à l’écoute de la détresse de la population palestinienne. Nous la condamnons avec la plus grande fermeté. Les autorités françaises doivent interroger Israël sur les circonstances de ce bombardement et les autorités israéliennes doivent présenter leurs excuses. Nous demandons également, comme toujours, la libération des otages retenus par le Hamas. Mais les exactions des uns ne justifient pas les exactions des autres.
S'agit-il d’une nouvelle attitude du gouvernement israélien envers les communautés chrétiennes ?
Qu’y a-t-il en jeu ?
Le gouvernement israélien doit s’expliquer. S’il s’agit d’une erreur, qu’il présente ses excuses. S’il ne s’excuse pas, cela signifie que c’est délibéré. Ce raid intervient quelques jours après l’agression du dernier village chrétien de Palestine, Taybeh. Nous sommes en droit de nous interroger : s’agit-il d’une nouvelle attitude du gouvernement israélien envers les communautés chrétiennes ? Le bombardement de la paroisse de Gaza n’est pas plus grave qu’un autre bombardement visant une population civile, mais nous, chrétiens, sommes en droit de nous interroger s’il s’agit d’une nouvelle stratégie des autorités israéliennes.
Quel rôle de l’Église, le patriarcat latin de Jérusalem, peut-il jouer ?
Plusieurs autorités chrétiennes se sont rendues à Taybeh pour redire leur soutien dont le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem. Il se sent proche de cette église latine qui dépend de lui et il s’est déjà rendu à Gaza par le passé. Mais en dehors de la prière et de sa bonne foi qui lui permet de parler aux uns et aux autres, il est nécessaire de lancer un appel à la communauté internationale et que cette dernière l’entend ! Encore une fois, ce raid n’est pas plus grave parce que ce sont des chrétiens, mais nous avons le droit – et le devoir – de réagir de manière particulière vis-à-vis de ces frappes qui visent nos frères.
Le seul espoir, c’est qu’il y ait un sursaut de la population israélienne.
Cette nouvelle escalade semble reculer encore un possible dénouement…
On ne voit pas quel est le but d’Israël vis-à-vis des Palestiniens. Israël s’oppose à une solution à deux États — qui n’est pas une bonne solution mais qui est la moins mauvaise et choisir le moins mauvais chemin est le rôle des politiques. Israël a déjà annexé Jérusalem, veut annexer la Cisjordanie, détruit tout dans la bande de Gaza, arme les colons qui sont extrêmement violents… Quel est son but ? Être un État qui se présente comme démocratique et respectueux du droit ou est-ce autre chose ? Israël est outré qu’on l’accuse de génocide, mais ne dit pas ce qui l’outrage. Il est outré qu’on parle de massacres mais ne laisse pas entrer les observateurs internationaux !
Quelle est votre espérance ?
Le seul espoir, c’est qu’il y ait un sursaut de la population israélienne, qui doit demander à son gouvernement de revenir à un État de droit, dont le gouvernement israélien s’éloigne un peu plus chaque jour. Entre les bombardements au Sud Liban, en Syrie… Oui, Israël a droit à la sécurité, mais cela ne l’autorise pas à intervenir partout en bombardant des civils.











