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Mille signes quotidiens me laissent l’impression — et aussi, je crois, à toute ma génération — de vivre sur une autre planète. Les espérances politiques qui nous enflammaient quand nous avions vingt ans continuent de tourner au-dessus de nos têtes, mais comme des astres morts. Nous avions cru à un progrès politique. La France du temps de nos études, qui n’était pourtant plus celle du gaullisme, était un vieux pays d’avenir.
La croissance ou le partage
Ce vieux pays comblé de projets lançait ses branches d’autant plus hardiment vers le ciel qu’il savait dans quelle terre ses racines plongeaient. Sa force économique faisait référence. Son État était réputé pour sa solidité. Sa vivacité intellectuelle était avidement observée dans le monde entier. Les termes du débat national étaient alors d’une limpidité parfaite : il fallait choisir entre la droite et la gauche, c’est-à-dire entre la croissance et le partage. Beau choix, vrai choix ! Tout le reste était fioriture. Les espérances qui faisant battre nos cœurs d’adolescents, les triomphes culturels, la volonté nationale de parachever au pas de course notre paysage en y semant des lignes de TGV, des centrales nucléaires ou des autoroutes, ce béton et cette ferraille, et plus encore toute cette matière grise coulant à pleins bords dans un pays gouverné en réalité pas les ingénieurs, cela ne faisait guère débat.
La seule alternative au système n’était pas le programme commun de la gauche, ni les colères confidentielles d’un Jean-Marie Le Pen encore marginal, mais le discours prémonitoire et solitaire de René Dumont, candidat écologiste aux élections présidentielles de 1974, brandissant un verre à la télévision en déclarant : "Je bois devant vous un verre d’eau. Si on continue comme nous faisons, bientôt nous n’aurons plus d’eau à boire." À droite comme à gauche, tout le monde riait d’entendre René Dumont, ce buveur d’eau, annoncer le changement climatique dans un pays de vignerons.
Un péché contre la vertu d’espérance
C’était un autre monde. Depuis, la France a rétréci. La politique a changé de langage. Le monde a changé d’âme. Il nous faut accepter tout cela, mais ce qui me gêne, c’est que la nouvelle vague est sans mémoire. Le vieux pays d’avenir est devenu un jeune pays sans avenir. On voudrait nous imposer une nouvelle France. Une génération spontanée a pris le pouvoir et prétend dire le bien. Remarquez au passage qu’on ne parle plus d’avenir : on ne parle plus que de "futur". Au-delà de la concession faite une fois de plus à la langue anglaise, ce "futur" — mon futur, ton futur, notre futur — trahit un péché contre la vertu d’espérance. On construit un avenir, on subit un futur. Nos politiques ne parlent plus que de futur. L’avenir, c’est une idée de vieux.
Être Français et regarder l’histoire en train de se faire depuis le quai de la gare, nous n’avions encore jamais connu ça en quinze siècles.
Le débat jadis inépuisable entre la croissance et le partage, entre la droite et la gauche, a cédé la place à un tourbillon stérile qui agite nos esprits pendant que le monde trace sa route sans nous. Les Français sont descendus du train du monde et se querellent sur le quai pendant que le convoi s’éloigne. Être Français et regarder l’histoire en train de se faire depuis le quai de la gare, nous n’avions encore jamais connu ça en quinze siècles. Le malheur, oui, nous l’avons connu plus souvent qu’à notre tour. La gloire aussi, de temps en temps. Et parfois la misère. Mais l’insignifiance !
Des robots et des grandes gueules
Une telle nouveauté promet de fortes et imprévisibles réactions du vieux peuple. Pour l’heure, le surmoi écologique et libertaire angoisse nos enfants et écrase nos intelligences. Il nous empêche de discerner la profonde révolution qui transforme l’esprit du monde. On s’alarme du bilan carbone, on se querelle sur les prélèvements obligatoires ou sur les collectivités locales, mais on ne prend pas garde au nouveau type d’homme en train de naître, un homme sans référence chrétienne ni occidentale. Cet homme est déjà aux manettes. Bientôt il ne restera sur la terre que les robots et les grandes gueules. Partout des petits Donald Trump se lèvent, et partout au nom du bon sens. En face d’eux, ne répond que le désert wokiste. Donald Trump ou le wokisme : mauvais choix, faux choix ! Il nous faut d’urgence réhabiliter la pensée européenne, cesser de parler du futur et réfléchir à un avenir.



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