Une vaste enquête de l’Ined, publiée ce 9 juillet, explique les raisons de la baisse de natalité en France. L’enquête révèle que le désir d’enfant a diminué chez les moins de 40 ans et touche désormais particulièrement les jeunes.
Dans un contexte de fécondité en déclin et de vieillissement de population en France, une vaste enquête de l’Ined, publiée mercredi 9 juillet dans la revue Population et sociétés, laisse présager la poursuite de la baisse de natalité dans les années à venir. En cause, la baisse du nombre d’enfants souhaités par les jeunes, pour de multiples raisons. Avec leur équipe, Laurent Toulemon et Milan Bouchet-Valat, chercheurs à l’Ined, ont mené en 2024 une grande enquête dans le cadre de l’Étude des relations familiales et intergénérationnelles (ERFI 2), auprès d’un échantillon représentatif de 12.800 hommes et femmes âgés de 18 ans à 79 ans. Et leur constat est sans appel : les Français veulent moins d’enfants.
Alors que le nombre idéal d’enfants était en moyenne de 2,7 en 1998, il est tombé à 2,3 en 2024. Quant au désir d’enfant, il est passé de 2,5 à 1,9 pour les femmes et de 2,3 à 1,8 pour les hommes. Une baisse des intentions de fécondité qui concerne tous les groupes sociaux, quels que soient le milieu, le revenu, le niveau de diplôme ou le sexe. Des chiffres qui laissent "présager une diminution de la descendance finale pour les générations nées après 1985", préviennent les auteurs.
L’hésitation des hommes et l’inquiétude concernant l’avenir
L’étude révèle que la part des personnes ne désirant pas d’enfant a doublé, passant de 6% en 1998 à 12% en 2024. Ceux qui envisagent d’en avoir un seul sont désormais 18%, contre 12% auparavant. Quant au nombre de personnes aspirant à trois enfants ou plus, il a fortement chuté (38% en 1998 contre 23% en 2024). Cette évolution est particulièrement marquée chez les moins de 30 ans, comme le soulignent les chercheurs. De plus, 17% des moins de 25 ans et 20% des 25-29 ans ne savent pas encore s’ils auront des enfants.
Et les raisons qui motivent l’intention d’avoir ou pas des enfants ainsi que leur nombre sont diverses. À commencer par une conception égalitaire des rôles des femmes et des hommes dans la société. Ces derniers voudraient, selon l'étude, avoir moins d'enfants que ceux qui ont des conceptions plus traditionnelles, alors que cette opinion n’avait aucun effet en 2005. Et ce sont surtout les hommes qui hésitent. En effet, les hommes à qui l'on prête des opinions dites "traditionnelles" veulent plus d’enfants, "anticipant moins un effet sur leur carrière", que les hommes dits "égalitaires" qui réalisent qu’avoir un enfant demande d’investissement parental et donc une implication moindre dans le monde professionnel.
L’inquiétude concernant l’avenir pèse également. "35% des personnes de 25-39 ans très inquiètes des perspectives pour les générations futures comptent "probablement" ou "certainement" avoir un enfant (ou un enfant supplémentaire)", selon l’étude. Le changement climatique est aussi associé à une légère baisse du nombre d’enfants souhaités (0,08 enfant en moins en moyenne). Les chercheurs concluent que cette baisse de la fécondité devrait se poursuivre, même si, selon eux, "l’indice conjoncturel de fécondité en France restera vraisemblablement supérieur à la moyenne européenne actuelle, qui est de 1,4 enfant par femme".












