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Clélie a découvert le monde étudiant cette année. Dans cet univers de jeunes plutôt intelligents, plutôt éduqués, et même osons le dire, d’un milieu social privilégié, elle a eu la surprise d’observer des comportements irrespectueux vis-à-vis des filles. "Dans ma classe, les 32 garçons commentaient quotidiennement les tenues et le physique des huit filles présentes. Pas facile de répondre sans passer pour une fille coincée !" Dans un environnement médiatique friand de dénonciations #MeToo, d’égalité et de respect, on peut s’interroger sur les valeurs intégrées (ou pas) par la jeune génération.
Valoriser les différences
Un certain féminisme a revendiqué l’égalité hommes-femmes par l'imitation : imiter les hommes, gommer les différences pour effacer les inégalités, au risque de nier le réel, c’est-à-dire deux sexes biologiques avec leurs différences physiologiques et hormonales qui induisent des différences de perception de l’autre et du monde. Mais une même dignité ! Anne-Charlotte Malaval, éducatrice à la vie affective et animatrice d’ateliers CycloShow, recommande de valoriser le pouvoir créateur des femmes : porter et allaiter l’enfant. Pas de capacité identique chez l’homme. Cette puissance féconde des femmes a longtemps effrayé ou émerveillé les hommes, selon les civilisations, et est un argument essentiel de respect à apprendre aux garçons : "Tu es né de cette puissance et de cette générosité !", et aux filles : "Tu as cette capacité extraordinaire de porter la vie !" Hommes et femmes sont des merveilles de la nature, merveilles de la Création !
Transmettre une certaine vision de l’amour
La parole des éducateurs transmet une certaine vision de l’homme et de la femme qui va colorer les relations futures des jeunes. Jean témoigne ainsi des encouragements de son père à être attentionné à sa mère et à ses sœurs. "Cette vision de l’homme au service m’a préparé à prendre soin de ma femme", confie ce jeune marié. Des phrases comme : "Quand tu seras grand, tu seras un tombeur !" ou "Quand tu seras grand, tu rencontreras une femme belle et intelligente et vous vous engagerez ensemble pour la vie", n’induisent pas la même notion de l’amour et de la relation.
La vision de l’autre et de l’amour n’est pas seulement le fruit de l’éducation au sein de la famille mais aussi d’une culture hypersexualisée portée par les émissions de télévision, les influenceurs, le cinéma, la littérature, les journaux… La promotion d’une sexualité sans conséquences où tout est possible pour peu que chacun soit "consentant", réduit l’autre à un objet dont on profite avant de le jeter. Prendre du recul et porter un regard critique sur le monde qui nous entoure est une manière d'éduquer. "Ma mère était vraiment lourde quand nous étions ados, se moquant des tenues de travail des policières et des scènes torrides en marge d’un crime sordide, s’amuse Clara, mais je réalise aujourd’hui que ses petites perfidies nous ont permis de comprendre que ce qui est montré dans les fictions, c’est… de la fiction !" Pour Françoise Dufresne, conseillère conjugale et familiale à Nantes, cette culture du plaisir sans responsabilité va à l’encontre du désir profond des hommes comme des femmes d’être aimé sans condition, non pour ce qu’ils font ou paraissent mais pour ce qu’ils sont.
Elargir la définition de la beauté de la femme
Sur l’homme et la femme, quelques généralités ne s’appliqueront pas à tous, mais peuvent apporter un éclairage. Les femmes aiment être belles, les marques de cosmétiques le savent bien ! Mais la société de consommation a tendance à les réduire à leur plastique. Or on le sait, le plastique n’est plus à la mode, et c’est tant mieux ! La beauté des femmes est plus vaste : beauté intérieure, intelligence, valeurs morales, sens de l’autre… Et si elles mettaient la même énergie et le même budget à développer cette beauté intemporelle ? Pourquoi ne pas limiter le temps de shopping, le temps d’écran devant des influenceuses et préférer de bonnes lectures, des projets avec d’autres qui sont de vrais chemins de croissance ?
Utiliser la force masculine pour une belle cause
Les garçons sont fiers de leur force, se comparent, aiment être admirés… et en même temps ont souvent une appétence inégalée à la paresse, ce que les écrans encouragent. La force peut être une prise de pouvoir sur l’autre mais elle peut aussi être mise au service d’une cause. Développer la patience, la galanterie et l’esprit de service permettent de canaliser leur belle énergie pour du beau et du grand. Cela peut commencer par faire son lit le matin et apprendre à se donner plutôt que profiter !
Les garçons sont libres de choisir s’ils veulent être des barbares ou des chevaliers, mais les filles ont aussi leur responsabilité en étant exigeantes avec eux.
Reconnaître l’autre comme différent consiste à l’accepter avec ses atouts et ses vulnérabilités, sans l’enfermer dans ses faiblesses. Les garçons sont libres de choisir s’ils veulent être des barbares ou des chevaliers, mais les filles ont aussi leur responsabilité en étant exigeantes avec eux. Dans les contes de fée, le héros combat le dragon avant de délivrer la princesse, il n’est pas question pour la princesse de s’offrir sur un plateau ! Si les garçons ont à poser un regard franc sur les filles dans leur unicité, les filles peuvent aussi être attentives à la pudeur dans leurs tenues.
Tout cela ne dispense pas garçons et filles de s’affirmer face à des blagues sexistes en osant une parole vraie, en quittant le groupe, voire en se rapprochant des administrations des écoles. Il suffit souvent de peu pour changer une ambiance de groupe, et tout le monde y gagne !











