separateurCreated with Sketch.

Amateurs de “grasses mat”, rassurez-vous, Dieu aime le sommeil

Amateurs de “grasses mat”, rassurez-vous, Dieu aime le sommeil

Si Dieu lui-même se repose, pourquoi donc avoir peur de bien dormir ?

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Valdemar de Vaux - publié le 08/07/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Ne vous est-il jamais arrivé de vous réveiller après une longue nuit avec la culpabilité de celui qui aurait dû se lever plus tôt ? Dieu, pourtant, aime le sommeil et n’hésite pas à agir pendant le repos, celui-là même qui occupe le septième jour de la Création et toute la Bible.

Si Dieu lui-même se repose, pourquoi donc avoir peur de bien dormir ? C’est en quelque sorte ce que l’on pourrait se dire en lisant la fin du récit de la Création dans le livre de la Genèse : "Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite. Et Dieu bénit le septième jour : il le sanctifia puisque, ce jour-là, il se reposa de toute l’œuvre de création qu’il avait faite." (Gn 2, 2-3) Ce serait oublier que Dieu ne se repose pas vraiment, par nature, en tout cas au sens humain de repos. Et qu’il le fait après avoir créé et pour contempler son œuvre.

Ainsi celui qui veut se reposer d’après cet exemple divin doit-il d’abord participer à son œuvre par son travail et doit-il faire usage de cette relâche pour admirer ce que Dieu accomplit et auquel il a la grâce de participer. Au-delà de ce repos assez particulier, la Bible semble indiquer que le Créateur apprécie le sommeil. "Dieu comble son bien-aimé quand il dort" (Ps 126, 2) dit même le psalmiste, comme s’il tirait une conclusion à la lecture des nombreux épisodes, dans l’Écriture, où l’action divine se fait nocturne.

Le signe de la confiance en Dieu

C’est durant la nuit, au commencement, que Dieu crée, à partir de la côte d’Adam, sa compagne Ève, grâce à un "sommeil mystérieux" (Gn 2, 21). C’est encore dans l’obscurité du soir que le même "sommeil mystérieux" que Dieu promet à Abram (qui deviendra plus tard Abraham, "celui qui porte le signe de Dieu") une descendance qui habitera la Terre promise (Gn 15, 12 et sq.). Toujours au cœur des ténèbres, Jacob voit une échelle qui relie ciel et terre et découvre que Dieu demeure sans cesse auprès de lui : "En vérité, le Seigneur est en ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas" (Gn 28, 16).

Dieu, il est donc vrai, comble son bien-aimé quand il dort. Et l’on pourrait citer les songes, probablement nocturnes, du patriarche Joseph, ou l’ange qui, la nuit, annonce à Joseph, le père de Jésus, que Marie va engendrer du Saint-Esprit. Mais pourquoi donc Dieu agit-il pendant que l’homme dort, au risque de donner l’impression de le manipuler ? La réponse est sûrement inverse : le sommeil apparaît dans la Bible comme le moment où l’homme, renonçant à contrôler sa vie, s’en remet au Créateur. Dormir, c’est mourir un peu, accepter que le lendemain soit remis entre les mains du Père, de sorte que chaque matin est une résurrection, Dieu permettant qu’un jour de plus nous travaillions à son œuvre. "Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine" (Mt 6, 34) prévient Jésus dans son Sermon sur la montagne.

Renouveler sa capacité à servir Dieu

De même, les psaumes aiment à identifier nuit et confiance, comme dans celui chanté aux complies du samedi : "Dans la paix moi aussi, je me couche et me dors, car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul dans la confiance" (Ps 4, 9). Et dans un autre, le dimanche : "Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit […]. Oui, le Seigneur est ton refuge ; tu as fait du Très-Haut ta forteresse" (Ps 90, 5-9) Au repos des créatures répond aussi la veille du Créateur, le "gardien d’Israël" qui "ne dort pas, ne sommeille pas" mais "se tient près de [nous], afin que ni le soleil pendant le jour, ni la lune pendant la nuit, ne puissent "frapper" (Ps 120, 4-6).

Le symbole spirituel du sommeil n’est pas univoque. Signe de confiance et d’abandon à Dieu, l’obscurité est aussi associée au péché, et le Christ invite les apôtres à veiller pour ne pas entrer en tentation à Gethsémani. Cela dit, il rejoint, ce symbole spirituel, des données physiologiques et psychologiques. Le corps et l’esprit ont besoin d’un repos qui permet au cerveau de faire mémoire et de renouveler ses capacités. Pour mieux servir Dieu une fois la grasse matinée terminée ?

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)