Une délégation des Nations unies a effectué, mardi 1er juillet, une visite surprise à la paroisse catholique de la Sainte-Famille. Menée avec courage par le père Gabriel Romanelli, cette dernière accueille les paroissiens n'ayant pas quitté Gaza ainsi que de nombreux déplacés venus y trouver refuge dès les premiers instants de la riposte israélienne, après les attaques terroristes du 7 octobre.
"La délégation souhaitait s'informer de notre situation, saluer nos déplacés et recueillir leurs témoignages de détresse", a témoigné le père Romanelli auprès de SIR, l'agence de presse de la conférence épiscopale italienne. Les représentants de l’ONU ont notamment visité les installations paroissiales et "ont également consacré du temps aux enfants gravement handicapés – tous issus de familles musulmanes – qui sont soignés avec amour par les Missionnaires de la Charité", détaille encore le prêtre missionnaire du Verbe incarné. "Nous avons également prié pour la paix à l'église. Au moment de nous dire au revoir, ils nous ont remerciés pour le travail de solidarité et d'hospitalité que nous accomplissons envers la communauté chrétienne et les nombreuses familles musulmanes dans le besoin qui vivent dans notre quartier."
Une "forte pression psychologique"
Environ 500 personnes vivent au sein de la paroisse de la Sainte-Famille, dans des conditions très précaires liées à une pénurie constante d'eau, de nourriture et de médicaments. L'imprévisibilité de la guerre rend le quotidien particulièrement difficile, a confié le père Romanelli à la SIR. "Personne ne sait plus à quoi s'attendre. Un jour, on nous annonce une trêve imminente ; le lendemain, des ordres d'évacuation sont émis en prévision d'opérations militaires. Un jour, une aide humanitaire est annoncée ; le lendemain, Israël bloque son entrée. Tout le monde est soumis à une forte pression psychologique."
Les combats se poursuivent dans l'enclave palestinienne alors qu'une proposition de cessez-le-feu est étudiée par le Hamas depuis le 2 juillet. Le président américain Donald Trump a quant à lui assuré qu'Israël l'avait acceptée, bien que de nouveaux bombardements aient tué plus de 30 Palestiniens dans la journée de mercredi, et douze autres le 3 juillet. Le 1er juillet 2025, la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël, a quant à elle annoncé que douze de ses employés locaux ont été tués par des membres du Hamas, tandis que d'autres ont été torturés. Selon l'organisation, le Hamas a mis à prix la tête du personnel de sécurité américain et des travailleurs humanitaires palestiniens, offrant des récompenses en espèces à quiconque les blesserait ou les tuerait.
Au début de la guerre, les chrétiens toutes confessions confondues étaient au nombre de 1.017. Depuis l'intensification du conflit qui oppose Hamas et Israël, et notamment depuis le bombardement de la bande de Gaza, leur communauté déjà moindre ne fait que s'amenuiser. Les catholiques, qui sont une centaine, tentent de maintenir le cap dans la paroisse de la Sainte-Famille. "Nous essayons de maintenir une discipline spirituelle. C'est ce qui nous sauve", confiait à Aleteia le père Gabriel Romanelli, le 8 octobre 2024. Messe quotidienne, adoration du Saint-Sacrement, chapelet, catéchisme et cours pour les enfants… "Ce qui nous donne le plus de force, c'est d'avoir avec nous la présence réelle de Jésus Eucharistie", poursuivait le père Gabriel.










