separateurCreated with Sketch.

Le Vatican répond à la nouvelle polémique autour du Motu proprio Traditionis Custodes

Tridentine Mass
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
I.Media - publié le 03/07/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège s'est montré très critique ce 3 juillet 2025 sur les informations d’une journaliste américaine assurant que le pape François aurait limité la messe traditionnelle en latin sans tenir compte des résultats d’une enquête vaticane préalable.

"Une reconstruction très partiale et incomplète des processus décisionnels". C’est en ces termes que le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège a commenté ce 3 juillet 2025 les informations d’une journaliste américaine assurant que le pape François aurait limité la messe traditionnelle en latin sans tenir compte des résultats d’une enquête vaticane préalable. Le pape François avait suscité une forte opposition en restreignant drastiquement la possibilité de célébrer la messe en latin selon le missel de 1962. 

Quatre ans après sa promulgation, le Motu proprio Traditionis Custodes continue de créer des tensions dans l’Église catholique. Le 16 juillet 2021, le pape François avait provoqué une levée de boucliers chez les catholiques conservateurs en abrogeant la décision prise par Benoît XVI d’élargir les possibilités de célébration de la messe selon le missel de 1962, qualifiée de “forme extraordinaire du rite romain”. 

Dans une lettre accompagnant Traditionis Custodes, le pape François avait justifié son choix en évoquant les résultats d’une enquête menée par la congrégation pour la Doctrine de la foi concernant l’application de Summorum Pontificum, le nom du Motu proprio signé par Benoît XVI en 2007. "Les réponses parvenues ont révélé une situation douloureuse qui m’inquiète, me confirmant la nécessité d’intervenir", avait-il expliqué.

Sur son blog, Diane Montagna, journaliste très critique du pontificat de François, a dévoilé mardi des éléments du rapport de la congrégation pour la Doctrine de la foi sur la consultation des évêques menée en 2020. 

Citant l’ "évaluation globale", elle rapporte que "la majorité des évêques qui ont répondu au questionnaire ont déclaré qu'apporter des modifications législatives à Summorum Pontificum causerait plus de mal que de bien". Elle écrit aussi que cette évaluation "contredit directement la justification avancée pour l’imposition de Traditionis Custodes et soulève de sérieuses questions quant à sa crédibilité".

"Une reconstruction très partiale des processus décisionnels"

Ce matin, le Vatican a critiqué les affirmations de Diane Montagna. "Je ne confirme pas l’authenticité des textes qui ont été publiés, qui font vraisemblablement partie de l’un des documents sur lesquels s’est fondée la décision", a déclaré Matteo Bruni, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, lors d’une conférence de presse portant sur une nouvelle messe "pour la sauvegarde de la création". 

Lisant une réponse qui avait donc été préparée, Matteo Bruni a ajouté que les éléments ainsi présentés "alimentent une reconstruction très partiale et incomplète des processus décisionnels". Et d’assurer : "À la consultation citée, entre autres, s’est en effet ajoutée successivement une autre documentation, d’autres rapports confidentiels, eux aussi fruits de consultations ultérieures qui sont parvenus au dicastère pour la Doctrine de la foi". 

Le Vatican n’a jamais rendu publics les éléments qui ont conduit le pape François à prendre sa décision de supprimer Summorum Pontificum. Dans sa lettre censée expliquer son choix, le pape François dénonçait notamment le risque d'une instrumentalisation du missel romain de 1962, caractérisée par "un refus croissant non seulement de la réforme liturgique, mais du Concile Vatican II, avec l’affirmation infondée et insoutenable qu’il aurait trahi la Tradition et la ‘vraie Église’".  

Selon deux sources romaines consultées par I.MEDIA, il est bien possible que la majorité des évêques interrogés sur Summorum Pontificum aient considéré à l’époque qu’il ne fallait pas modifier l’équilibre trouvé par Benoît XVI. "Mais après tout, l'Église n'est pas une démocratie, le collège épiscopal n'est pas un parlement", souffle la première source tandis que la seconde avance que d’autres éléments plus délicats ont dû convaincre le pape François de prendre une telle mesure.  

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)