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"Les chrétiens de Syrie ressentent une grande douleur." Lorsqu’il évoque auprès de l’Aide à l’Église en détresse (AED) l’attentat suicide qui a frappé l’église Saint-Élie de Damas fin juin, le père Fadi Azar, prêtre franciscain en Syrie, ne mâche pas ses mots. Alors que les autorités syriennes ont annoncé avoir arrêté six personnes potentiellement impliquées, il affirme que la situation se compliquait de plus en plus pour certains groupes religieux. Chaque fois que l’Église s’adresse au gouvernement, on lui répond qu’il s’agit d’un cas isolé. Jusqu’à ce que survienne ce grave événement qui a "touché" toute la Syrie.
"Nous avons la foi, nous n’avons pas peur. La persécution des chrétiens au Moyen-Orient, en Terre sainte, a toujours existé. Elle dure depuis 2.000 ans", poursuit-il. "Mais nous vivons dans un monde civilisé, où l’on défend les droits humains. Nous voulons seulement la justice, la justice, rien de plus. Les chrétiens ont le droit de vivre dans un pays où la sécurité est garantie, pour pouvoir aller à l’église et y prier en paix." Le prêtre, qui vit à Lattaquié mais qui a passé de nombreuses années à Damas, a évoqué la période d’incertitude que traverse la Syrie et la souffrance des chrétiens après l’attentat de dimanche dernier.
Il y avait des menaces, beaucoup de menaces. C’était prévisible, mais on ne savait pas quand.
Concernant la situation d’instabilité qui règne dans le pays depuis le changement de régime, le prêtre a rappelé ce qui s’est passé en mars. "En mars, ici, à Lattaquié, de nombreux Alaouites ont été tués", a-t-il raconté, faisant référence aux villages à l’est de Lattaquié, dans la région côtière du pays, théâtre violent de massacres contre la communauté alaouite. "Et maintenant, poursuit-il, pour la première fois dans l’histoire de la Syrie depuis 1860, une attaque comme celle-ci se produit : ils entrent dans l’église et tuent beaucoup de gens au moment de la messe, pendant la prière, le dimanche à six heures du soir."
Le prêtre syrien insiste également sur le fait que, dans ce contexte, les chrétiens ne sont pas les seuls à avoir peur. "Les Alaouites, les Druzes… c’est une persécution." Quant à savoir si cette attaque était inattendue pour la population, le prêtre glisse que, d’une certaine manière, ils s’attendaient depuis des mois à ce que quelque chose comme ça se passe. "Il y avait des menaces, beaucoup de menaces. C’était prévisible, mais on ne savait pas quand (…). La semaine dernière, ils ont déjà attaqué une église à Homs, l’église syriaque orthodoxe, où un jeune homme a tiré sur la porte de l’église."
Protection internationale
Concernant la situation actuelle de la communauté chrétienne locale, le prêtre syrien assure que "tous les chrétiens ressentent une grande douleur. Nous nous sentons seuls à présent. Nous demandons l’intervention du Vatican, de la Communauté européenne…" Et il poursuit : "Les gens, maintenant, nous disent : “Mon père, nous ne voulons pas d’aide, nous ne voulons pas de nourriture, ni de médicaments, rien. Aidez-nous à nous échapper ! Nous ne pouvons pas vivre ici. Nous avons peur pour notre vie, nous avons peur pour l’avenir de nos enfants.”"
Dans ce contexte, le nombre de chrétiens, en Syrie, continue de diminuer : "Nous sommes une minorité maintenant. Il y a quelques années, avant la guerre, les chrétiens représentaient 10% de la population. Aujourd'hui, nous sommes 3%." Et le prêtre de conclure : "Cet été, probablement, beaucoup de chrétiens vont s’en aller."










