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Léon XIV renoue avec la tradition du rite d’imposition du pallium

5 min de lecture
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Crédit : Antoine Mekary | ALETEIA

Ce 29 juin 2025, lors de la fête des saints Pierre et Paul, Léon XIV a imposé le pallium aux 54 nouveaux archevêques nommés au cours des 12 derniers mois. Il a ainsi renoué avec une tradition qui avait été modifiée par François.

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Léon XIV a exhorté les catholiques à « sortir du risque d'une foi fatiguée et statique » et à chercher « de nouvelles voies » pour évangéliser, en célébrant la messe pour les saints Pierre et Paul, patrons de la ville de Rome, ce 29 juin 2025, en la basilique Saint-Pierre. Durant la célébration, le pape a remis le pallium – écharpe liturgique en laine blanche – à 54 nouveaux archevêques nommés au cours des 12 mois écoulés, relançant une tradition qui avait été modifiée par le pape François.

Dans son homélie ce dimanche, Léon XIV a mis en garde les fidèles contre le danger « de tomber dans l'habitude, dans le ritualisme, dans des schémas pastoraux qui se répètent sans se renouveler et sans relever les défis du présent ». Il a enjoint à « s'ouvrir aux changements, […] se laisser interroger par les événements », en souhaitant « de nouvelles voies et de nouvelles pratiques pour l'annonce de l'Évangile ». Léon XIV a aussi insisté sur la communion et la fraternité dans l’Église catholique, à l’exemple de Pierre et Paul unis dans un « destin unique, celui du martyre ». Une communion qui n’annule pas la liberté personnelle, puisque les deux apôtres « ont suivi des chemins différents, ont eu des idées différentes, […] se sont parfois confrontés et affrontés avec une franchise évangélique », a-t-il souligné.

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Remise du pallium à deux Français

Pendant cette célébration, le successeur de Pierre a imposé le pallium à 54 archevêques du monde entier, nommés durant l’année écoulée. Cette écharpe de laine blanche ornée de six croix noires est portée par le pape et par les primats et archevêques à l’avant et à l’arrière de la chasuble lors des cérémonies les plus importantes. « Ce signe, tout en rappelant la tâche pastorale qui vous est confiée, exprime la communion avec l'évêque de Rome », a expliqué Léon XIV.

Deux Français figuraient dans la liste des archevêques qui se sont agenouillés devant le pape pour recevoir le pallium : Mgr Susitino Sionepoe, archevêque de Nouméa en Nouvelle-Calédonie, et Mgr Jérôme Beau, archevêque de Poitiers. Parmi les archevêques des diocèses les plus importants représentés cette année figuraient ceux de Caracas (Venezuela), Dakar (Sénégal), Varsovie (Pologne), Bangkok (Thaïlande) ou encore Galveston-Houston et Boston (États-Unis).

En réalisant ce rite d’imposition du pallium, Léon XIV renouait avec une tradition qui avait été modifiée par François : de 2015 à 2024, le pape se contentait de bénir le pallium et de le présenter aux nouveaux archevêques, mais c’est dans leurs diocèses respectifs que ceux-ci le recevaient, en général par le nonce apostolique en poste dans le pays.

Aux origines du pallium

Cette bande d'étoffe de laine de 5 cm de large, se divisant en deux bandes d'environ 30 cm de long, est portée par le pape et par les primats et archevêques à l'avant et à l'arrière de la chasuble lors des cérémonies les plus importantes. Elle marque leur lien avec le pape et constitue un signe d'autorité dont certaines sources en font remonter l'origine au christianisme grec de l'Antiquité, alors que d'autres lui identifient une origine proprement romaine et civile. Tertullien associait le pallium, qui était alors un manteau romain simple, au Christ, et en préconisait l'usage chez les chrétiens.

Alors que le port du pallium déclinait dans la société romaine, il fut adopté de plus en plus largement dans l'Église latine à partir du VIe siècle. En Occident, on sait notamment que saint Césaire d'Arles reçut en 513 le pallium des mains du pape Symmaque lorsqu'il en fit son vicaire pour la Gaule. Saint Grégoire le Grand, pape de 590 à 604, accordait le pallium aux évêques qu'il souhaitait honorer d'une manière particulière. Dès le IXe siècle, tous les métropolitains pouvaient le porter dans leur territoire ecclésiastique et devaient en faire la demande au Saint-Siège. Six croix noires ornent le pallium : elles sont placées à l'avant, à l'arrière, sur chaque épaule, ainsi qu'aux extrémités des bandes pendantes devant et derrière. Les croix situées à l'avant, à l'arrière et sur l'épaule gauche comportent également une épingle, appelée spinula (un mot latin signifiant « petite épine »). Ces croix sont parfois ornées de pierres précieuses.

La laine est issue de deux agneaux apportés lors de la fête de sainte Agnès, chaque 21 janvier, depuis Tre Fontane (lieu du martyre de saint Paul) à la basilique Sainte-Agnès sur la Via Nomentana . Après avoir été bénis, les agneaux sont présentés au pape, puis confiés aux sœurs qui résident à labasilique Sainte-Cécile de Trastevere. Peu avant Pâques, les agneaux sont tondus et leur laine est utilisée pour confectionner les pallia des archevêques nouvellement nommés. Autrefois, les religieuses les fabriquaient elles-mêmes, mais désormais, chaque pallium ne contient qu'une portion de la laine des deux agneaux bénis, et leur fabrication est confiée à une entreprise spécialisée.