separateurCreated with Sketch.

L’extraordinaire ordination de Karl Leisner à Dachau

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Marthe Callet - publié le 27/06/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Le bienheureux Karl Leisner a été ordonné prêtre en décembre 1944 dans le camp de Dachau par l’évêque de Clermont-Ferrand, lui aussi déporté. Son ordination restera à jamais comme un formidable témoignage d’espérance au milieu du désespoir et de toute la souffrance vécue dans ces lieux.

Campagne de Carême 2026

Ce contenu est gratuit, comme le sont tous nos articles. En ce temps de Carême, soutenez-nous par un don déductible de l'impôt sur le revenu.

Je fais un don

Décembre 1944, les déportés du camp de Dachau sont sur le point de vivre une journée qui n’est pas sans risques. Parmi eux, un diacre d’une trentaine d’années souhaite ardemment être ordonné prêtre. La foi de Karl Leisner est inébranlable. Dans son journal, il écrit : "Christ, tu es ma passion." Sauf que pour ordonner un prêtre, il faut le rituel, les ornements, le saint-chrême et la présence d’un évêque car lui seul peut ordonner.

L’évêque de Clermont-Ferrand, Mgr Piguet, est lui aussi déporté, depuis septembre 1944 à Dachau. Il est mis au courant qu’un jeune diacre souhaite devenir prêtre. L’évêque est d’accord mais deux autorisations épiscopales sont nécessaires : celle de l’évêque du lieu ainsi que celle de l’évêque dont dépend Karl Leisner. Aidés par d’autres compagnons du camp, ils obtiennent les autorisations. Une jeune fille, Imma, souhaitant devenir religieuse, leur a fait passer discrètement mais au péril de sa vie tout ce qui est nécessaire pour l’ordination. Elle a en effet accès à un lieu dans lequel travaillaient des amis de Karl. Une partie de la crosse de Mgr Piguet est faite avec des barbelés.

Une seule messe

Plus tard, à la libération du camp, l’évêque a raconté que cette ordination unique et providentielle a respecté tous les rites prévus par l’Église. Et elle aura bien lieu le 17 décembre 1944, dans le baraquement 26, réservé aux prêtres. Karl Leisner, atteint de la tuberculose depuis plusieurs années, célèbre avec une grande ferveur sa première messe le 26 décembre 1944. Cette eucharistie célébrée le jour du martyre de saint Étienne est une source d’espérance et de consolation au milieu des ténèbres du camp de concentration. Le Christ est présent par l’intermédiaire de ce jeune prêtre. Conscient de la grandeur du mystère de l’Eucharistie, Karl Leisner a célébré sa messe comme si c’était la dernière. Malheureusement Karl ne célébra aucune autre messe avant son décès le 12 août 1945, quelque temps après la libération du camp.

L’actualité du témoignage de Karl Leisner 

Le témoignage émouvant de la vie de ce jeune prêtre béatifié est un exemple encore aujourd’hui comme le rappelle le pape Jean Paul II, dans son homélie, le jour de sa béatification, le 23 juin 1996, à Berlin : "Le courage de sa foi et son enthousiasme pour le Christ doivent être un stimulant et un modèle, surtout pour les jeunes."

Cette ordination providentielle est aussi un témoignage d’espérance et de grandeur du sacerdoce car la présence du prêtre apporte le Christ. De plus, les amis du jeune diacre ont tenu bon et ont espéré le voir ordonné. Cela fait écho à la phrase de saint Paul aux Romains souvent citée en cette année jubilaire : "L’espérance ne déçoit pas" (Rm 5,5).

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)