Pas d’embellie en vue pour la natalité française. Au contraire, Catherine Vautrin, ministre du Travail et de la Santé, évoque une prochaine bascule démographique. L’Insee a publié le 26 juin les chiffres actualisés des naissances mensuelles en France. Au mois de mai, 53.785 enfants ont vu le jour. Cela représente 1.735 naissances en moyenne par jour, soit une baisse de 4,9% par rapport à mai 2024. Mai marque ainsi le 35e mois consécutif de baisse. De janvier à mai, le nombre de naissances quotidien moyen baisse de 3,2% en 2025 par rapport à 2024.
"Nous perdons en moyenne 30.000 naissances chaque année. C'est énorme. Le solde naturel est encore positif, mais on compte seulement 20.000 naissances de plus que de décès", a affirmé la ministre du Travail et de la Santé dans un entretien accordé au magazine Femme actuelle jeudi 12 juin. "Donc la question n'est pas : "est-ce que la bascule démographique va se produire", mais "quand". Et "quand", c'est demain…", a prévenu Catherine Vautrin. Si la "parentalité est un choix profondément intime", "il existe un écart important entre le désir d'enfants et le nombre réel de naissances", constate la ministre. "Notre responsabilité est de faciliter l'accès à la parentalité", a-t-elle déclaré.
Messages de l’Assurance maladie
Et d’avancer une série de mesures parmi lesquelles l’ajout d’un volet "santé reproductive" dans les rendez-vous gratuits "Mon Bilan prévention", pris en charge par l'Assurance maladie pour les 18-25 ans. L'occasion de "repérer un éventuel facteur de risque d’infertilité", comme une endométriose ou un syndrome des ovaires polykystiques.
Autre mesure avancée par Catherine Vautrin, l’envoi d’un message de l’Assurance maladie sur ces sujets à chaque Français dans sa 29e année, ainsi que l’accès pour chaque couple à un bilan fertilité. "Notre idée n’est pas de mener tambour battant une politique nataliste", s'est-elle défendue. "Mais d'éviter le "si j'avais su"". Selon elle, "certains parcours d’aide médicale à la procréation (AMP) pourraient être évités si la réalité de la baisse de la fertilité à partir de 30 ans était mieux connue".
Ouverture de centres d’autoconservation des ovocytes
Enfin, Catherine Vautrin a annoncé qu’une trentaine de nouveaux centres pourront congeler des ovocytes en France d’ici à 2027. "Notre volonté, c’est que chaque personne dispose d’un centre [pratiquant la congélation d’ovocytes] à moins d’une heure de chez elle". Une quarantaine de centres sont actuellement autorisés à réaliser cette procédure. Initialement, cette procédure était réservée aux femmes devant subir des traitements lourds. Depuis la loi bioéthique d’août 2021, l’autoconservation a été ouverte sans raison médicale à toutes les femmes entre leur 29e et leur 37e anniversaire. Ensuite, elles pourront, si elles le souhaitent, demander à utiliser leurs ovocytes congelés jusqu’à leur 45e anniversaire au moyen d’une PMA. Le besoin de faire congeler ses ovocytes "explose", selon la ministre. L’Agence de la biomédecine a en effet recensé près de 20.000 demandes d’autoconservation ovocytaire pour seulement 4.000 prises en charge, selon les données compilées jusqu’en août 2023.
Réagissant à cette annonce, l’association Alliance Vita a dénoncé le fait que "désormais, cette technique est présentée comme une prétendue "possibilité de préserver sa fertilité" contre le vieillissement naturel et comme une possibilité de remettre à plus tard un projet de grossesse". L’association souligne aussi "les nouvelles pressions" que cette procédure fait peser sur les femmes "qui pourraient avoir le sentiment de ne pas "mettre toutes les chances de leur côté" en n’utilisant pas ce qui leur est mis à disposition".









