separateurCreated with Sketch.

[HOMÉLIE] Le Sacré-Cœur, signe du salut pour chaque brebis perdue

Apparitions du Sacré-Coeur de Jésus à sainte Marguerite-Marie Alacoque

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Charles Mallard - publié le 26/06/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Vicaire général du diocèse de Fréjus-Toulon, le père Charles Mallard commente les lectures de la solennité du Sacré-Cœur. Le Sacré-Cœur est le signe de l’amour de Dieu qui non seulement pardonne, mais qui donne sa vie pour sauver chacun d’entre nous.

Pour fêter le Sacré-Cœur de Jésus, l’Église nous propose l’image du bon berger (Lc 15, 3-7). De celui qui n’hésite pas à tout laisser pour aller s’occuper de sa brebis perdue ou blessée. C’est aussi le thème de la deuxième lecture (Rm 5, 5b-11) : l’amour miséricordieux du Christ. Comme nous le rappelle saint Paul, la brebis perdue, celle qui ne retrouve plus le chemin du bercail, c’est nous. Nous étions pécheurs et le Christ est venu nous rechercher, nous ouvrir les chemins de la vie. Cela a demandé de sa part le sacrifice ultime : le don de sa vie. Et ce ne sont pas des mots. Pour essayer de réaliser ce que cela signifie, rappelons-nous l’histoire du salut. 

Dieu, au-delà du pardon

Nous étions pécheurs, c’est-à-dire que nous avions refusé Dieu, comme le fils cadet, celui qu’on appelle prodigue. Dieu s’est retrouvé comme un père renié par ses enfants, comme un amoureux éconduit. Et voilà que cette rupture ne nous amène rien. Même si nous revendiquions la liberté ou la dignité de notre condition, l’homme sans Dieu est un homme qui court à sa perte. Déjà, que Dieu accepte le retour du prodigue est un beau signe de grandeur d’âme. C’est ce que nous connaissons parfois et que nous appelons pardon : accepter de donner une seconde chance, oublier les humiliations que l’autre nous a infligées pour recommencer une histoire commune. 

Mais voilà que, dans le Christ, Dieu fait plus que pardonner : il vient nous sauver. Car il se trouve que l’homme pécheur n’arrive même plus à revenir à Dieu. Si Dieu reste dans son domaine à nous attendre, s’il se contente d’ouvrir la porte que nous avions fermée, cela ne suffit pas, car nous ne pouvons même plus revenir à la porte. En fait de liberté, nous avons trouvé l’esclavage ; notre péché nous enferme comme des sables mouvants, comme un marais dans lequel nous ne pouvons plus sortir. Alors Dieu franchit cette porte, il prend les moyens de notre réconciliation, il paye lui-même le prix de notre retour. D’une certaine manière, il vient prendre notre place en prison, pour que nous soyons libres. C’est d’ailleurs ce que signifie le mot "rédemption" : rachat, comme le prix qu’on paye pour libérer un prisonnier. 

Le signe de l’amour pour chacun de nous

Et Dieu ne le fait pas à contrecœur, il ne le fait pas par devoir, d’un air triste et résigné ! La phrase qui finit l’évangile est extraordinaire : "Il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de se convertir" (Lc 15, 7). Non seulement il se réjouit, mais il ne compte pas, il ne cherche pas l’efficacité, ou la majorité. Chaque personne est unique et importante aux yeux de Dieu, c’est pour chacun de nous, individuellement, que le Seigneur a donné sa vie, a pris les moyens de la réconciliation. 

Ainsi la fête du Sacré-Cœur est bien plus que la trace d’une dévotion respectable ; elle déborde l’histoire des sensibilités pour nous inviter à contempler l’amour de Dieu. Le Sacré-Cœur, c’est le signe de l’amour qui considère que chacun de nous vaut la peine que Dieu donne sa vie pour que nous puissions la partager. C’est le signe de l’amour miséricordieux, un amour immense, au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. 

Un cœur selon le cœur de Dieu

C’est aussi l’invitation à nous émerveiller de cet amour, à nous laisser émouvoir par Celui qui est venu nous rechercher alors que nous étions perdus, pour nous laisser entraîner dans cet amour. Car "l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné" (Rm 5, 5), c’est-à-dire que nous pouvons nous aussi, avoir un cœur miséricordieux, un cœur selon le cœur de Dieu. 

Devant ce cœur qui nous a tant aimés, ouvrons les portes de nos vies au don de Dieu, laissons-nous façonner par l’Esprit Saint pour que le Sacré-Cœur soit notre cœur, pour que ce soit l’amour de Dieu qui batte en nous et irrigue notre vie.

Lectures de la solennité du Sacré-Cœur :

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !