Le 2 juin dernier l'Observatoire français du catholicisme publiait sa première étude sur l'état du catholicisme en France. Cet organisme indépendant s’est donné pour mission de "produire des données fiables, régulières et accessibles sur le catholicisme en France", afin d’ "éclairer certaines réalités qui traversent l’Église catholique en France et la société française, ainsi que leurs points d’interactions". Les premiers résultats de sa première enquête d’opinion, commandée à l’Ipsos de Jérôme Fourquet, ont été abondamment relayés par la presse (y compris par Aleteia). Ils sont maintenant aisément accessibles. Ayant eu la chance d’assister à leur présentation, j’y ai trouvé des motifs d’espérance sur lesquels il faut revenir.
Une majorité de Français déclarent prier ou méditer
L’espérance, on le sait, ne consiste pas en un optimisme superficiel, ou en une forme de pensée magique où l’on se complaît à croire que, quoi qu’il advienne, le filet de sécurité de la Providence nous évitera de nous écraser sur le dur sol de la réalité, "de peur que notre pied ne heurte une pierre". L’espérance — les prophètes de l’Ancien Testament n’ont eu de cesse de le manifester — s’appuie d’abord sur la vérité, toute cruelle et angoissante puisse-t-elle être. Par exemple, il faut bien avoir à l’esprit que, en 2025, il y a 54 % des Français qui pensent que "l’espace public doit demeurer neutre de tout témoignage religieux" — l’espace public, et non pas l’État —, et que ceux qui déclarent croire en Dieu, toutes religions confondues, sont désormais nettement minoritaires (41 %).
Mais étonnamment, parmi tous les Français, il y en a 46 % qui déclarent un sentiment d’appartenance au catholicisme, et un peu plus encore qui déclarent prier ou méditer (52 %). Plus encourageant encore : 8 % des personnes non baptisées déclarent avoir déjà envisagé de se faire baptiser. Bonne nouvelle pour les missionnaires : il existe donc bien une part non négligeable de nos concitoyens dont le cœur est déjà attiré par le Christ.
La persistante attraction des églises
Il est toutefois une statistique qui m’a particulièrement frappé : c’est que 96 % des Français sont déjà rentrés dans une église, dont 58 % l’année passée. Les raisons peuvent en être diverses, de l’assistance à une cérémonie religieuse au simple tourisme, mais, parmi ceux qui l’ont fait, 27 % déclarent que c’est pour "contempler la beauté des lieux", et 14 % pour "effectuer un geste personnel (bougie, prière…)". Les églises qui continuent de consteller notre pays constituent donc de véritables points d’attraction parce que la beauté, la paix et le recueillement sont des besoins fondamentaux de l’âme, et parce qu’elles l’offrent à tous de façon absolument gratuite.
Cette statistique de la fréquentation des églises est comme une sortie de la statistique, une trouée vers la transcendance. Les églises ne sont pas seulement des assemblages de pierres, ni même des témoignages de la seule foi chrétienne : elles sont des oasis pour ceux et celles — et ils sont innombrables — qui ressentent le besoin de se mettre en retrait d’un monde bruyant et impitoyable et de prendre soin de leur vie intérieure. Posons, par hypothèse, que toutes les églises soient rasées. Où la présence bienfaisante de Dieu — de Dieu, et non pas de fantasmatiques "esprits de la nature" — se ressentirait-elle ?
Les semences d’un renouveau
On ne peut pas, par conséquent, avoir sur les églises un regard purement utilitariste, et se dire qu’on peut sans scrupule les rayer de la carte dès qu’on juge qu’elles ne sont plus assez remplies (d’ailleurs, à partir de quelle jauge ?). On ne peut pas non plus se contenter d’un haussement d’épaules, ou pire, d’un ricanement, quand des individus, des communautés, des associations tentent de sauver de vieilles églises désaffectées de la ruine. La sauvegarde de ce patrimoine matériel n’est pas que le signe d’un passéisme stérile : il témoigne de l’intuition que ces bâtiments souvent décrépits sont les semences d’un renouveau en attente.
Alors que, il y a cinq ans encore, tout laissait à penser que le catholicisme français continuerait son inexorable érosion, le subit regain d’intérêt qu’il inspire en ce moment aux adolescents et aux jeunes adultes doit être pris comme un signe, le signe que l’Esprit de Dieu "qui fait toutes choses nouvelles" est à l’œuvre.
Un patrimoine qui parle au cœur
C’est à nous, désormais, de saisir cette occasion. Nous pouvons le faire en nous appuyant, ainsi que pour les églises, sur l’extraordinaire patrimoine culturel et spirituel du catholicisme, sans fausse honte, car ce patrimoine, j’en ai la certitude, parle au cœur, à l’âme et à l’intelligence de toute personne de bonne volonté. Et nous pouvons le faire en nous laissant bousculer dans nos habitudes de chrétiens établis par ces jeunes, tatoués ou percés, qui rejoignent l’Église aujourd’hui. Eux ont les codes de ce monde contemporain auxquels nous avions tant de mal à parler. Ils sont pour le catholicisme une bénédiction.
La tâche demeure immense et difficile. Rien ne permet d’être sûrs que nous en verrons les fruits. Mais elle est digne — ô combien ! — que nous nous y livrions de tout cœur.
Pratique

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