Quand la loi se pique de changer le passé, même au nom des bons sentiments, c’est la vérité qui est offensée, s’insurge l’écrivain Xavier Patier, après le vote par l’Assemblée nationale d’une loi qui élève le capitaine Dreyfus au grade de général.
Le 2 juin dernier, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une proposition de loi présentée par Gabriel Attal comportant un article unique ainsi rédigé : "La Nation française élève, à titre posthume, le capitaine Alfred Dreyfus au grade de général." Il faut se méfier de l’unanimité : elle préside souvent à une forme de niaiserie. Elle révèle presque toujours la faillite du débat. S’il y a pensée unique, c’est parce que la pensée est étouffée par les bons sentiments. La peur de n’être pas conforme à la morale éteint les esprits. Nous sommes très exactement dans cette situation.












