En la solennité de la nativité de Jean-Baptiste, l’Église fait entendre un Évangile sans Jésus, même s’il annonce le Sauveur. Avant que Jean naquît, Élisabeth et Zacharie vivaient cachés dans la montagne de Judée, âgés et sans enfant, ce qui était vécu comme une malédiction, jusqu’à ce que Gabriel vînt visiter Zacharie et lui annoncer la venue d’un fils. La nouvelle a paru si incroyable que Zacharie en a douté, ce qui l’a rendu muet. Ensuite, quand il confirmera sur une tablette le nom de l’enfant, et qu’il accordera sa confiance à la parole de l’ange, il retrouvera la parole. Parole dont il se servira pour bénir Dieu.
Ce nom divin jamais attribué
Dès lors, les choses changeront : autrefois, Élisabeth et Zacharie vivaient la malédiction de la stérilité. À présent, famille et voisins se réjouissent de la venue d’un fils. Jusque-là personne ne s’appelait Jean dans la famille ; c’est le nom que portera l’enfant. Ce qui signifie : Dieu fait grâce. Nouveauté dans l’ordre naturel grâce à une naissance inespérée, et dans l’ordre social grâce à ce nom divin jamais attribué. Nom reçu de l’ange, qui relie avec les hommes et avec Dieu. Un enfant, consolation de ses parents. Un nom, signant la compassion de Dieu.
Les voisins, d’abord dans la joie, en viennent à éprouver une divine crainte. Élisabeth et Zacharie menaient une vie discrète, et voilà tout le voisinage et la Judée remplis de crainte. "La main du Seigneur était avec lui", est-il écrit de Jean (Lc 1, 56). Quand il aura grandi, Jean quittera la montagne de Judée pour le désert, lieu d’épreuve. Jean fera entendre sa voix et appellera à préparer la route à Jésus, Parole de Dieu en ce monde.
Laisser Dieu faire grâce
Contemplons cette famille, méditons son destin. Élisabeth et Zacharie, avant la venue de Gabriel et la naissance de Jean, pouvaient penser qu’ils n’avaient rien à attendre, sinon dans le silence, la fin de leurs jours. Voilà. Quand bien même nous estimerions que le plus important de notre vie est derrière nous, le Seigneur n’en finit pas de nous montrer sa miséricorde. Miséricorde qui ne dit rien, sinon l’invitation discrète et pressante à laisser nos déserts pour qu’Il habite notre cœur.
Jean s’est fait connaître à Israël pour faire place à Celui dont il estime ne pas être digne de délier la courroie des sandales, Celui qui croîtrait quand Jean diminuerait. Notre destinée de disciple s’accomplit elle aussi, quels que soient notre âge et nos stérilités, lorsque nous laissons Dieu faire grâce et le Seigneur nous habiter. Ne cherchons rien, sinon cette présence.
Lectures de la solennité de la Nativité de saint Jean-Baptiste :









