Après un nouveau massacre d'une violence inouïe au Nigeria le 13 juin, la population est sous le choc. Les survivants du village de Yelwata manquent aujourd'hui de ressources essentielles après le pillage de la paroisse. Le président du Nigeria, Bola Tinubu s’est rendu sur place mercredi 18 juin.
Un bain de sang. Alors que plusieurs centaines de personnes ont été massacrées vendredi 13 juin dans la mission catholique de Yelwata, au centre-est du Nigeria, l'incompréhension demeure devant une telle violence. "Les survivants du massacre sont terrifiés ; ils ont subi et vu des violences indescriptibles" a déclaré à l’Agence Fides le père Remigius Ihyula, coordinateur de la Commission Développement, Justice et Paix du diocèse de Makurdi, dans l’État de Benue. Trois groupes de bergers Peuls ont encerclé le village, majoritairement chrétien, et procédé à des exactions d'une violence innommable envers des déplacés accueillis par la paroisse Saint-Joseph.
Après s'en être pris à l'église de la paroisse, les assaillants se sont dirigés vers la place du marché de la ville où ils auraient utilisé du carburant pour incendier les portes des logements des personnes déplacées, avant d'ouvrir le feu dans une zone où plus de 500 personnes dormaient, rapporte l'Aide à l'Église en détresse. "C'était un carnage, il faut le dire (...) Non seulement de nombreuses personnes ont été abattues, mais d'autres ont été égorgées et beaucoup ont été brûlées. C'était vraiment terrible. Cela a duré jusqu'à 2 heures du matin" raconte Maria Lozano, porte-parole de l'Aide à l'Église en Détresse (AED), à Catholic News Agency. "En plus d'avoir commis ce massacre, les assaillants ont saccagé la structure [de la paroisse]. Les survivants manquent désormais de tout, de la nourriture aux vêtements, en passant par les matelas, les couvertures et les médicaments", témoigne encore le père Ihyula. Quelques jours après le drame, le président du Nigeria, Bola Tinubu s’est rendu sur place afin d'apporter son soutien aux populations locales, qualifiant les meurtres commis d'"inhumains". Des manifestations pacifiques avaient eu lieu préalablement en réaction à ce massacre, dispersées par la police.
Bienvenue sur le nouveau site d'Aleteia !
Nous sommes heureux de vous accueillir sur un site entièrement repensé, réalisé grâce au soutien de nos généreux donateurs.
Si vous appréciez cette nouvelle expérience de lecture, vous pouvez, vous aussi, nous aider à faire vivre Aleteia.
Attaques de Peuls
Si cette attaque choque par sa violence et par le nombre de personnes sauvagement tuées, le Nigeria est régulièrement le théâtre de telles exactions. "Ici, nous vivons un véritable calvaire", rappelle ainsi le père Ihyula à l'agence Fides en pointant du doigt les tueries de chrétiens. "Un jour, ils tuent trois personnes, le lendemain dix, et ainsi de suite".
En proie à une forte insécurité et à une explosion de la pauvreté, le pays vacille entre raids djihadistes et peuls, sur fond de tensions communautaires. Sur 222 millions de Nigérians, 103 millions sont chrétiens, parmi lesquels 65% sont protestants et 26% catholiques. Les troubles qui agitent le pays trouvent leur explication dans une double dimension ethnique et religieuse, avec la guerre à laquelle se livrent éleveurs musulmans (bergers Peuls) et agriculteurs chrétiens pour le contrôle de la terre. La résurgence de Boko Haram et de l’ISWAP (Province de l'État islamique en Afrique de l'Ouest) contribue à semer le chaos dans un pays déjà fragilisé par la corruption et de vastes réseaux criminels.












