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Le 18 juin 2015, il y a donc dix ans, le Saint-Siège rendait officiellement publique l'encyclique du pape François Laudato si’ ("Louez sois-tu"), signée le 24 mai, sur la sauvegarde de la maison commune. Si diverses conférences épiscopales avaient déjà publié des textes sur le sujet, c’était la première fois qu’un pape rédigeait une encyclique sur l’environnement, engageant ainsi l’autorité de l’Église sur cette question sensible et souvent l’objet de multiples controverses.
L’homme au cœur de l’encyclique
Ce texte a été immédiatement salué par la classe politique et les protecteurs de l’environnement. Envoyé spécial du président de la République pour la planète, Nicolas Hulot parlait même du "meilleur écrit publié à ce jour" sur l’écologie. De fait, dans le style simple et direct qui le caractérisait, le pape François n’hésitait pas à emboîter le pas aux discours du moment, utilisant les termes en cours, dénonçant la culture du déchet à laquelle il opposait l’économie circulaire, s’alarmant des pertes de la biodiversité, s’inquiétant du monde qui sera laissé aux générations futures et surtout, reconnaissant la réalité du réchauffement climatique dont, sans problème, il imputait la cause aux activités humaines. On comprend bien, par conséquent, l’enthousiasme des écologistes à quelques mois de la COP 21 qui devait se tenir en fin d'année à Paris.
On peut s’interroger toutefois sur l’enthousiasme des laudateurs de Laudato si’. Ont-ils bien lu le texte dans son entier ? En effet, si le Saint-Père reconnaissait volontiers la responsabilité humaine dans les atteintes faites à l’environnement, c’est parce que l’homme était au cœur de son encyclique, qu’il avait d'ailleurs inscrite dans le magistère social de l’Église. En cela, sa pensée n’était pas en rupture mais au contraire en continuité avec celle de ses prédécesseurs, notamment les deux derniers, qu’il citait abondamment dans le document. Ainsi, François énonçait qu'il n’y a pas d’écologie sans anthropologie adéquate, indiquant à plusieurs reprises que "tout est lié" ; cela le conduisait à dénoncer l’avortement et les manipulations génétiques, s’étonnant que ceux qui s’opposent aux organismes génétiquement modifiés (OGM) puissent se satisfaire des expérimentations sur les embryons humains vivants.
Écologie intégrale
Mais François ne se contentait pas de s’alarmer ou de critiquer et, sans vouloir se substituer aux responsables politiques et économiques, il proposait à la fois un "développement global" et une "écologie intégrale". Dans sa pensée, l’écologie intégrale englobait l’écologie humaine, le Pape rejoignant la préoccupation de son prédécesseur Benoît XVI, pour qui l’homme possède aussi une nature qu’il doit respecter, et qu’il reliait également au bien commun, fondement de toute justice.
C’est donc à une conversion écologique globale à laquelle le Saint-Père appelait l’humanité, en s’adressant aussi bien aux chrétiens, les invitant à renouveler leur spiritualité à l’aune de cette exigence, qu'à tous les hommes de bonne volonté, à qui il proposait l’humilité, convaincu que "moins est plus", afin de vivre une sobriété heureuse.
En dix ans, l'encyclique Laudato si', complétée en 2023 par l'exhortation apostolique sur la crise climatique Laudato Deum ("Louez Dieu"), reste une référence pour les catholiques, avec notamment la création du label "Église verte", et une source d'inspiration pour les personnes soucieuses de la conduite des affaires de la cité.
Une réponse à la crise écologique
On retrouve cet appel à la conversion du pape François au cœur du livre posthume de Gilles Hériard-Dubreuil, Après les temps modernes, publié récemment aux Éditions du Bien commun. L'auteur y voit la condition préalable d’une réponse à la crise écologique actuelle qui signe la fin des temps modernes, selon la formule du théologien et philosophe allemand Romano Guardini (1885-1968) abondamment cité dans Laudato si’. Après cinq siècles de domination de la technique, de l’économie et de la puissance étatique, la Modernité n'a plus de solution à proposer, coincée entre l'utilitarisme qui ne voit dans la nature qu'une ressource et l'écologisme qui ne pense la nature qu'en opposition à l'humanité.
Le moment est donc venu pour l'homme de reprendre sa mission originelle d'ordonnancement du monde. Pour sa part, Gilles Hériard-Dubreuil met en avant les "communs", comme mode de gestion partagée des différentes formes de vie en société, mettant en évidence le caractère naturel de la dimension sociale de l'existence humaine. Une perspective que le pape François n'aurait pas reniée et que le pape Léon XIV pourrait sans doute faire sienne.
Pratique :



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