Que faire, que dire face à ces conflits extérieurs ou intérieurs qui paraissent si lointains et que ne le sont pas nécessairement ? Pour Jean-Étienne Rime, coordinateur de la Fraternité missionnaire des cités, c’est en s’informant et en instaurant la paix dans notre environnement proche que nous éviterons bien des conflits.
Entrons-nous dans une nouvelle guerre mondiale ? La guerre envahit notre monde, nous constatons une grave escalade des tensions et de la violence sur la scène internationale avec ce conflit entre Israël et l’Iran dans un concert de roquettes de drones assassins et autres engins aveugles qui tuent militaires et civils, femmes et enfants, étudiants et travailleurs. Ukraine, République démocratique du Congo, Yémen, Birmanie, Soudan, tant d’autres pays sont en guerre, peuples contre peuples. Que faisons-nous ? Comment réagissons-nous face à ce délire de haine et de bombes ?
Bien sûr, nous sommes touchés, indignés et très protégés dans notre France éloignée de ces théâtres de conflits. Nous avons aussi les nôtres et ils sont glaçants. Ces attaques, ces meurtres opérés de sang-froid par des mineurs, ces incivilités et manifestations attisant la peur et la détestation d’un autre sous le seul prétexte de son nom ou de sa race (oui, ce terme est encore et toujours discriminant). Mais que faire, que dire, est-ce que ces guerres vont changer notre vie confortable ? Il faut bien être honnête : non. Nos activités quotidiennes restent les mêmes, nous ne sommes que des spectateurs, tristes, compatissants ou râleurs mais inertes, notre seul risque réside dans l’élévation du prix du carburant ou un krach boursier mais nos vies ne sont pas en danger. Nous avons cependant une forme de mauvaise conscience et nous ne savons pas comment exprimer notre émotion. Et pourtant, nous pouvons nous engager avec fermeté et dans des directions différentes et très concrètes : c’est essentiel, nous sommes solidaires de tous les frères de notre planète.
Prier et s'informer
Que faire ? Prier, prier sans relâche, prier ensemble comme la Vierge de Fatima nous a exhortés à prier pour la paix. Comme en écho, les évêques, les prêtres nous incitent à la prière à l’instar de l’évêque de Saint-Denis : "J'invite chacun, seul, en famille, en paroisse à vivre dans la prière cette semaine prochaine, si périlleuse. Je donne rendez-vous à ceux qui le souhaitent samedi 21 juin à 9h en notre basilique-cathédrale Saint-Denis pour célébrer ensemble la messe pour la Paix. Nous nous confierons et confierons populations et dirigeants à Marie, Notre-Dame de la Paix." Soyons nombreux à Saint-Denis, ailleurs dans nos villes, dans nos campagnes à rejoindre notre paroisse pour prier ensemble. C’est un exemple pour nos proches, une force, un appel, un cri vers Notre Seigneur.
Pour bien prier, il faut savoir pour qui et pourquoi l’on prie et cela nécessite une bonne information. Pas celle des chaînes d’information qui diffusent à longueur de journée des nouvelles sensationnelles et alarmantes, mais la connaissance des risques et des résistances. Les menaces sont nombreuses et en France, elles sont diverses. Citons le rapport du ministère de l’Intérieur "Frères musulmans et islamisme politique en France", sorti en mai dernier. Il faut lire ces 74 pages qui font la part des choses entre les musulmans et l’influence frériste, qui appelle à un État islamique, à la charia et pratique l’entrisme dans toutes les strates de la société. Constatons aussi ce manque de référence et de culture qui conduit à cette "barbarie" folle qui n’est plus une série de faits divers mais une suite de dérives de la société. S’informer permet de réagir, et si nous ne pouvons faire face à ce délitement culturel et comportemental de façon générale, nous pouvons agir dans notre environnement proche.
Agir dans notre environnement proche
Nous nous devons d’avoir des actions concrètes, si minimes sont-elles. Elles sont efficaces, qu’elles soient religieuses : lancement d’un patronage, implication dans le catéchisme, ou des engagements dans la vie civique, associative ou politique. Chacun peut s’engager plus, selon son âge, ses compétences, son charisme : une solution plus efficace que la critique ou l’attentisme.
Prier, s’informer pour agir et agir dans la vie de tous les jours : "Va d’abord te réconcilier avec ton frère" (Mt, 5-24). Vouloir la paix ailleurs commence par appliquer les principes de paix chez nous, dans nos familles, avec nos amis, nos voisins et dans l’Église elle-même. Nos divergences locales et ponctuelles sont bien ridicules en face de ces conflits mondiaux effroyables, et c’est pourtant en instaurant la paix au quotidien que nous éviterons bien des conflits et nous serons plus ouverts à la prière pour les autres, ceux qui souffrent, ceux qui sont blessés, ceux qui meurent touchés par des armes anonymes. Le désir de concorde commence par nos propres cœurs.











