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Le rire du chrétien ? Un rire “béatifiant” !

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Gilles Jeanguenin - publié le 16/06/25
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Pour le père Gilles Jeanguenin, auteur de "Pour le meilleur et pour le rire, petite histoire du rire en chrétienté" (Cerf), le rire du chrétien est "béatifiant" : il naît de la joie profonde que Dieu met en lui.

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Pourquoi rire, sinon pour se faire du bien, à soi et aux autres ? Cependant le rire est multiforme, donc ambivalent et ambiguë : il y a le rire "immotivé" du malade mental, le rire "bête" de l’adolescent, le rire goguenard et moqueur, le rire "jaune" qui dissimule un mécontentement ou une gêne, le rire sarcastique et méchant, le rire qui détend l’atmosphère et crée du lien, le rire franc et spontané qui exprime la joie. J’aime énormément entendre le rire libre et joyeux des bébés, rire qui est une explosion d’émotions et un sourire à la vie !

Rire sur la croix ?

Le rire a aussi et surtout une résonance spirituelle, puisqu’il naît de la joie profonde que Dieu met en nous. Le rire est un gage de liberté, de spontanéité et d’ouverture aux autres. Ce sont là quelques critères sûrs d’une authentique vie chrétienne. Mais rire sur la croix, au moment de mourir, cela ne s’est jamais vu… Et pourtant ! Un chrétien, nommé Carpus, fut exécuté à Pergame, sous le règne de Marc-Aurèle ou de Dèce. Carpus fut cloué sur une croix. Les personnes présentes, voyant qu’il riait, s’étonnèrent : "Pourquoi ris-tu ? Qu’as-tu ?

— J’ai vu la gloire de mon Dieu et j’ai ri… Sois béni Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, de m’avoir jugé digne, moi aussi, moi pécheur, d'avoir ma part de tes souffrances !"

Comment comprendre le rire de cet homme qui est sur le point de mourir les bras en croix ? Ce rire qui jaillit spontanément d’un cœur purifié est béatifiant. Son rire provient de la lumière du Ressuscité, qui le rend resplendissant de joie et d’amour.

Une manière d’être en Dieu

Le rire a été longtemps été considéré comme l’apanage des fous et des ivrognes. Les moines voyaient dans le rire un manque d’intériorité et de retenue. L’Église se méfiait des rieurs jusqu’à ce que saint François d’Assise fasse de la gaieté et de la jovialité un idéal de spiritualité et une manière d’être en Dieu.

Le rire du chrétien est rayonnant : il communique aux autres la joie de son baptême, la joie de l’Évangile et la joie du Christ qui vit en lui. Saint Jean Berchmans (1599-1621) disait : "C’est de la personne-même du Christ que j’ai appris la joie." Et Paul Claudel confiait à ceux qui n’abandonnaient jamais leur mine triste et déconfite : "Ô sots, au lieu de raisonner, profitez de cette heure d’or ! Souriez ! Comprenez têtes de pierre ! Ô faces d'âne, apprenez le grand rire divin !" (Grandes Odes).

Pratique :

Pour le meilleur et pour le rire, petite histoire du rire en chrétienté, Gilles Jeanguenin, Cerf, mai 2025, 191 pages, 20 euros.
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