L’Institut pour les œuvres de religion (IOR) se classe désormais "parmi les institutions financières les plus solides au monde en termes de capitalisation et de liquidité", peut-on lire dans le rapport annuel pour l’année 2024, présenté ce 11 juin 2025 par l'institution financière du Vatican. CAMPAGNE DE NOËL 2025
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L’Institut pour les œuvres de religion (IOR) se classe désormais "parmi les institutions financières les plus solides au monde en termes de capitalisation et de liquidité", peut-on lire dans le rapport annuel pour l’année 2024, présenté ce 11 juin 2025 par l'institution financière du Vatican. Ce rapport couvrant la dernière année du pontificat de François met en avant les réformes opérées depuis 2013 et présente des résultats en nette progression.
L'IOR est la seule entité autorisée à exercer professionnellement des activités de nature financière dans l'État de la Cité du Vatican. Il gère les comptes de certains employés du Vatican, ainsi que ceux d'institutions liées au Saint-Siège, de diocèses et de congrégations religieuses. L'IOR exerce aussi une activité de gestion de patrimoine qui s'est développée ces dernières années, avec pour objectif de financer la mission du pape. L'IOR n'est en revanche pas une "banque" en bonne et due forme et ne propose plus de crédit à ses usagers.
Les comptes de l’IOR, audités par le cabinet Forvis Mazars et approuvés par le conseil de surveillance de l’Institut, font état d’un résultat net de 32,8 millions d’euros pour l’année 2024, en hausse de 7% par rapport à 2023. Le patrimoine net de l’Institut a, quant à lui, progressé de 9,6%, atteignant 731,9 millions d’euros (+64,3 millions). Les dépenses de fonctionnement ont légèrement augmenté, s’élevant à près de 24 millions d’euros en 2024.
La commission cardinalice, présidée par le cardinal Christoph Schönborn, a validé le versement de 13,8 millions d’euros de dividendes au pape pour ses œuvres de charité, un montant en très légère hausse par rapport à l’année précédente (13,6 millions), mais nettement supérieur à celui de 2022 (5,2 millions). Par ailleurs, l’IOR a alloué un million d’euros à des œuvres de bienfaisance en 2024.
Le rapport souligne également que 79% des actifs patrimoniaux gérés par l’IOR ont enregistré des performances supérieures aux indices de référence mondiaux. "L’IOR a entamé l’année 2025 avec des bases encore plus solides et, malgré un environnement de marché difficile depuis l’investiture du président Trump, les portefeuilles sont globalement bien positionnés", se félicite Jean-Baptiste de Franssu, président du conseil de surveillance de l’Institut.
Une amélioration des services aux clients est également mise en avant, notamment grâce au lancement d’un nouveau site internet proposant "un service de home banking amélioré".
Une institution profondément réformée sous François
Dans le rapport, les dirigeants de l’IOR rendent un hommage appuyé au pape François pour son soutien "paternel" dans "l’intense travail de réforme" mené depuis 2014. "La réorganisation et l’évolution de l’Institut de 2014 à aujourd’hui, dont j’ai été le témoin direct, en font désormais un point de référence sûr pour l’ensemble de l’Église, que nous servons dans le monde, en particulier en ces temps difficiles", écrit le cardinal Christoph Schönborn dans son mot introductif.
Parmi les évolutions majeures figure la centralisation des finances vaticanes, comme le prévoit la constitution apostolique Praedicate Evangelium publiée en 2022. Jean-Baptiste de Franssu rappelle néanmoins que ce processus est encore "en cours" - ce qui laisse envisager qu'une partie des entités vaticanes ayant des actifs financiers ne les ont pas encore confiés à l'IOR, comme l'avait demandé le pape François.
Depuis la fin du pontificat de Benoît XVI, l’Institut a également évolué vers une plus grande transparence, notamment pour se conformer aux normes anti-blanchiment édictées par l’agence européenne Moneyval. Le 28 mai 2024, cette dernière a publié un rapport saluant les progrès réalisés par le Vatican dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. De son côté, l’Autorité de surveillance et d’information financière du Vatican (ASIF) - l'entité vaticane en charge de ces questions - déclarait en avril dernier que l’IOR est "une entité solide et bien organisée".
Dans le rapport, les dirigeants de l’Institut réaffirment leur engagement auprès du pape Léon XIV à travailler "avec transparence, responsabilité et pleine adhésion aux principes de l’éthique catholique, au service de la mission de l’Église dans le monde". Pour Jean-Baptiste de Franssu, il est "fondamental" que l’IOR soit une référence en matière d’investissements "cohérents avec la doctrine sociale de l’Église". Le rapport précise que 100% des produits financiers proposés par l’IOR respectent ces principes éthiques.
33 millions d’euros récupérés par voie de justice
Dans son histoire, l’IOR a été impliqué dans plusieurs scandales financiers, dont celui de la faillite de la banque Ambrosiano dans les années 1970. En 2022, Angelo Caloia, ancien président de l’Institut (1989–2009), a été définitivement condamné à huit ans de prison pour détournement de fonds et malversations.
"L’époque où l’Institut confondait autonomie et indépendance semble bien lointaine", déclare Mgr Battista Mario Ricca, prélat de l’IOR, dans son propos d’ouverture du rapport, évoquant un véritable "changement générationnel". Il reconnaît toutefois que "cette erreur de perspective a entraîné un certain nombre de problèmes, dont certains sont encore en cours de résolution dans les entités compétentes".
Dans le cadre de l’affaire dite "de l’immeuble de Londres", grand scandale financier ayant éclaté sous le pontificat de François, l’IOR a joué un rôle décisif : c’est son directeur, Gian Franco Mammì, qui a été le premier à signaler l’opération douteuse. Cette alerte a entraîné l’ouverture d’un procès au cours duquel l’IOR s’est constitué partie civile. Ce procès a conduit à la condamnation de neuf personnes, dont le cardinal Angelo Becciu, ancien substitut de la secrétairerie d’État.
Dans le rapport, Jean-Baptiste de Franssu indique que les actions judiciaires entreprises par l’IOR ont permis de récupérer 33 millions d’euros depuis 2014, dont 1,6 million pour la seule année 2024.